Vaccination : Leçons à tirer d'un fiasco annoncé

C'est désormais clair, le virus de la grippe A/H1N1 a gagné. Une estimation de 4,6 million de français atteints et seulement 2,5 millions de vaccinés.

 

Beaucoup de signes indiquent que l'on est vers le pic de l'épidémie qui d'après les données nord américaines (USA, Canada) est assez pointu, le max de contagion ne s'étalant que sur 2 mois.

Bémol, quand même, je projette un peu dans le futur, mais en amérique du nord cela fait 5 semaines que l'épidémie est en régression rapide. J'anticipe donc que les deux prochaines semaines vont faire passer le pic épidémique en amérique du nord sous le seuil du bruit de fond habituel des maladies à symptome grippal.

 

Donc, basé sur le raisonnement que :

- le niveau de vie et le mode de vie, le type d'alimentation, ... de l'amérique du nord sont assez proches de ceux de l'Europe occidentale

- Les individus sont majoritairement génétiquement proches (une large majorité des américains du nord sont d'origine Européenne)

- Les systèmes de santé et d'organisation sont d'efficience comparable

- ...

 

Donc je fait l'hypothèse que notre épidémie "nationale" (pas celle de Mr Besson) va suivre un profil similaire.

 

Donc combien de malade à venir ? L'épidémie, en amérique du nord suit assez bien, en nombre de contagions, un profil de loi normale (ou gaussienne). Mais il faut pondérer par le fait que les malades survivants (l'immense majorité > 99,9 %) sont naturellement immunisés et prendre en compte que la vaccination monte en puissance. Quelques intragrales plus loin je tombe sur 3,5 milions de cas probales à venir.

 

Heureusement, ce virus semble bénin en morbidité, même s'il attaque des populations différentes de celui du virus saisonnier. Donc il faut malheureusement s'attendre à une autre centaine de décès.

 

Bon, tout cela est assez futile, un exercice mathématique de prospective mais c'est juste pour indiquer que l'on brasse des chiffres en millions.

 

Reposons le problème:

- En France, 65 millions d'habitants

- Le gouvernement commande 94 millions de doses

- Cette épidémie va probablement toucher entre 8 et 10 millions de français (12 à 15%)

 

Que le gouvernement commande 94 millions de doses pour 65 millions d'habitants. Pourquoi pas. A l'époque où la décision a été prise, il était impossible de savoir s'il faudrait une ou deux doses pour être immunisé. C'est une décision qui coupe la poire en deux mais qui a aussi sa logique si l'on prend en compte le fait que tous les français ne se feraient peut être pas vacciner et que les malades survivants sont naturellement immunisés et donc dispensables de vaccination.

 

Par contre, ce chiffre de 94 millions de doses interpelle car il est évident que derrière se cache une campagne de vaccination massive de toute la population.

 

Donc on va vacciner tout le monde. Soit. C'est l'application du principe de précaution (dont on use et abuse par moment à mon avis) mais le gouvernement reste dans son rôle, il s'occupe de la santé de ses citoyens. Certes cela coûte cher (entre 1 milliard et 1,5 milliard d'Euros) mais bon, en comparaison de ce que l'on a prêté aux banques, ne faisons pas la fine bouche.

 

Ensuite il est évident que le gouvernement s'est préparé à une épidémie catastrophique (style grippe 1918) et chaque ministère a été prié d'élaborer des plans de contingentement et de gestion en cas de catastrophe épidémique.

 

Mais c'est vite tombé dans le délire sécuritaire comme celui du plan du Ministère de la Justice que j'ai déjà évoqué sur cette édition.

 

Après c'est le dérapage, stocks de vaccins dans les casernes, dès fois que la foule paniquée par l'ampleur de l'épidémie voudrait prendre les pharmacies et les cabinets de médecin d'assaut, etc .. D'où le choix du type de commande (des flacons pour de multiples vaccinations ~ 10) et des centres de vaccination dédiés à créer. Bref, Everything Under Control ...

 

Maintenant, regardons l'état des lieux. Les choix gouvernementaux ont fait que l'efficacité de la vaccination va rester

Bref un beau bazard, heureuseument probablement inutile, mais qui commence à faire des dégats.

 

Du coup, le gouvernement se fache, face à l'affichage de ces dysfonctionnements: Il vient de muter d'office le patron de la DDASS de Paris.

 

Bon, cela ne résoud pas le problème. Manifestement, le gouvernement a une incapacité conceptuelle et peut être intellectuelle à anticiper et gérer des crises de grande ampleur.

 

Celle ci est un exercice à blanc (pas gratuit, certes car au moins 2 milliards d'euros), car sans trop de conséquences sanitaires graves

 

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