Terakaft - Kel Tamasheq

ENTRE TRANSE ET BLUES DU DÉSERT, UN JOYAU DE ROCK TOUAREG PRODUIT PAR LE SORCIER JUSTIN ADAMSEN CONCERT: 04/04 FIP : Voir le concert en ligne - 11/04 La Défense - Chorus des Hauts-de-Seine 12/04 Mordelles - L'Antichambre 13/04 Guyancourt - La Batterie 24/04 Bourges - Printemps de Bourges 21/06 Paris - La Bellevilloise - Les Nuit Zébrées 18/07 Touvérac - Les Jeudis de l’Etang 19/07 Ile de Ré - La Maline 26/07 Annemasse - Les Musical'étéDans le langage du Sahara, Terakaft, groupe fondé au Mali en 2001, signifie “caravane”, et Kel Tamasheq se réfère à ceux qui parlent le tamasheq, c'est à dire les Touaregs. Les riffs de guitare tourbillonnent, tournoient et cabriolent au travers ces chansons qui, loin des clichés stéréotypés, racontent l'histoire d'un peuple authentique. Le producteur et guitariste anglais Justin Adams a su capturer le mouvement de transe qui nourrit le blues teinté de “desert rock”, de Terakaft, une musique qui est aussi la marque de fabrique des derniers nomades d'Afrique.

ENTRE TRANSE ET BLUES DU DÉSERT, UN JOYAU DE ROCK TOUAREG PRODUIT PAR LE SORCIER JUSTIN ADAMS

Portrait de Terakaft

EN CONCERT: 04/04 FIP : Voir le concert en ligne - 11/04 La Défense - Chorus des Hauts-de-Seine 12/04 Mordelles - L'Antichambre 13/04 Guyancourt - La Batterie 24/04 Bourges - Printemps de Bourges 21/06 Paris - La Bellevilloise - Les Nuit Zébrées 18/07 Touvérac - Les Jeudis de l’Etang 19/07 Ile de Ré - La Maline 26/07 Annemasse - Les Musical'été

Dans le langage du Sahara, Terakaft, groupe fondé au Mali en 2001, signifie “caravane”, et Kel Tamasheq se réfère à ceux qui parlent le tamasheq, c'est à dire les Touaregs. Les riffs de guitare tourbillonnent, tournoient et cabriolent au travers ces chansons qui, loin des clichés stéréotypés, racontent l'histoire d'un peuple authentique. Le producteur et guitariste anglais Justin Adams a su capturer le mouvement de transe qui nourrit le blues teinté de “desert rock”, de Terakaft, une musique qui est aussi la marque de fabrique des derniers nomades d'Afrique.

Kel Tamasheq est le quatrième disque de Terakaft. Il est d'abord un hommage au peuple touareg qui souffre depuis la décolonisation. Depuis des lustres, les guitaristes du désert ont célébré leur désespoir. C'est le cri de Tinariwen qui a alerté le monde. Diara, leader de Terakaft aujourd'hui, a participé durant vingt ans aux destinées de ce groupe mythique. Puis au virage de l'an 2000, après avoir raté le décollage international de Tinariwen, il décide d'accompagner le jeune Sanou, qui vient de créer son groupe baptisé Terakaft. Sanou est son neveu, il lui a appris la guitare, tout comme à Abdallah, le jeune demi-frère de Sanou, qui tient la basse depuis trois ans dans Terakaft.

Depuis le départ de Kedou, un autre ancien guitariste de Tinariwen qui est resté dans le groupe jusqu'à l'été 2008, Terakaft est devenu une histoire de famille. À travers Diara, Terakaft incarne le répertoire historique du blues du désert, écrit par Diara ou par son frère Inteyeden, mort il y a une quinzaine d'années. Et Sanou joue les morceaux de cet oncle-là comme personne. Terakaft est construit comme un groupe de rock. Peu importe les effets de son, qui ne sont guère abordés par une musique portée par le vent ou la tempête. Trois guitares électriques, dont une basse, sur lesquelles sont plaquées les rythmes d'une calebasse ou d'un djembé. Terakaft est un groupe de rock venu du Sahara et il possède de très nombreuses chansons. Leur dernier enregistrement, Aratan n Azawad, en avait révélé une partie, avec des morceaux très forts. Ce répertoire est sans fin et régulièrement on y trouve une “perle”…

Terakaft - Kel Tamasheq

Les titres sont écrits et composés par les trois guitaristes, Diara bien sûr, qui peut parfois reprendre un vieux morceau, mais aussi les deux jeunes, Sanou et Abdallah, qui signent chacun plusieurs morceaux. Et comme ils le font sur scène, ils s'échangent volontiers la basse et la guitare. Devant cette foison de chansons, mais aussi à la lumière de l'expérience acquise en studio les années précédentes, Terakaft s'est jeté dans la composition de ce quatrième disque, Kel Tamasheq. Ils l'ont préparé durant l'été 2011 au studio Adjololo près d'Angers, bénéficiant des conseils réguliers de Jean- Louis Livenais, guitariste du groupe Akeikoi et maître des lieux. Mais l'enregistrement du disque lui-même s'est fait à l'automne, sous la houlette de Justin Adams.

TERAKAFT - Aïma Ymaïma live session www.worldvillagemusic.com © worldvillagevideo

Justin Adams n'est pas un inconnu. Sans parler de son travail avec Les Triaboliques (un trio où officient également Ben Mandelson et Lu Edmonds), iI est aujourd'hui le guitariste du groupe Juju, où l'autre "Ju" est Juldeh Camara, un virtuose du luth monocorde de Gambie. Avant tout cela, Justin Adams était le guitariste du groupe de Robert Plant. Et puis, il est aussi l'un des piliers des premiers Festival au Désert, profitant d'ailleurs de la première édition pour enregistrer, avec l'aide des Lo'Jo, les fameuses Radio Tisdas Sessions de Tinariwen. Plus tard, il reviendra produire Aman iman, le troisième album de Tinariwen.

C'est dire si Justin Adams connait bien l'histoire et les filiations des groupes du désert. Plus qu'un autre peut-être, il sait mettre son talent - et son aura - au service d'un bon projet musical. Il sent mieux que personne dans les guitares touarègues la dimension de transe qui irrigue cette musique. Son apport tient particulièrement au son, qu'il traite magnifiquement au fil de ses sessions en studio. Avec Justin Adams, le “son anglais” perpétue ses lettres de noblesse, laissant l'impression d'un mix idéal entre la dimension primaire du blues et le potentiel électrique des guitares touarègues. Justin Adams sait comment aller jusqu'à la transe et il connaît les recettes pour l'entretenir et la transcender.

TERAKAFT Imad Halan session live www.worldvillagemusic.com © worldvillagevideo

Les maquettes enregistrées en août 2011 comptent presque vingt chansons, parmi lesquelles douze seulement ont été choisies. Le groupe a le sentiment de maîtriser sa couleur sonore assez bien en concert, grâce notamment à l'apport rythmique délicat des percussions de Mathias Vaguenez, un musicien français membre notamment du groupe nantais Orange Blossom, et devenu l'ami des trois guitaristes touarègues. Il est remplacé aux percussions sur scène par Pino, un ancien membre de Tamikrest.

Pour la première fois, les Terakaft ont invité des musiciens à enregistrer plusieurs chansons sur Kel Tamasheq. Nadia & Yamina Nid-El-Mourid, les chroristes de Lo'Jo, chantent comme des filles touarègues sur Aïma Ymaïma. Richard Bourreau, également de Lo'Jo qui sont de vieux amis, joue l'imzad, le violon monocorde touareg, sur Kel Tamasheq, la chanson titre de l'album. C'est un écho de ce que lui a enseigné Tafa (Tartit) il y a plus de dix ans. Jean-Louis Livenais joue une guitare glissando sur Awa adounia. Il avait déjà tourné avec Terakaft il y a quelques années en tenant la basse. Et bien sûr Justin Adams, qui joue ici et là de quelques guitares et quelques percussions aussi. Kel Tamasheq marque une étape importante dans la carrière du groupe. La « caravane » avance avec une grande force et une belle sincérité, dans une épure rock qui sent toujours bon le sable du désert.

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