Il était une fois mon climat

Merci et bravo pour cette initiative "il était une fois le climat". Abonnée à Médiapart, j’ai longuement hésité avant de  poster ici quelques unes de mes manières de vivre pour tenter d’être en harmonie avec mes convictions. Je me sentais décalée par rapport au type de témoignages recherchés. Vieille pro de l’environnement, je ne veux ni étaler ma science ni submerger de “gestes” d’autant que j’ai tendance à en faire trop et... toujours trop long . Quand j’ai fait part à mes amis de mes hésitations, ils m’ont exhortée à parler de mes déchets. Alors voilà…

Merci et bravo pour cette initiative "il était une fois le climat". Abonnée à Médiapart, j’ai longuement hésité avant de  poster ici quelques unes de mes manières de vivre pour tenter d’être en harmonie avec mes convictions. Je me sentais décalée par rapport au type de témoignages recherchés. Vieille pro de l’environnement, je ne veux ni étaler ma science ni submerger de “gestes” d’autant que j’ai tendance à en faire trop et... toujours trop long . Quand j’ai fait part à mes amis de mes hésitations, ils m’ont exhortée à parler de mes déchets. Alors voilà…

Mes gestes quotidiens reflètent mes activités professionnelle et bénévoles de ces derniers 30 ans. Energie, eau, déchets, j’ai tout réduit au fil des ans. Il y a peu, l’exemple de cette famille française vivant à Los Angeles qui produit 1kg de déchets par an à 4, m’a interpelée. J’ai essayé, en moins radical, -Paris n’est pas la Californie-, et peux m’enorgueillir aujourd’hui de 3 à 4 “poubelles” de 2 à 3 kg, une moyenne de 10 kg/An. Je n’ai pas dit mon dernier mot, je me suis fixée jusqu’à fin 2015 pour trouver ma vitesse de croisière :)

 J’habite dans un petit immeuble parisien, avec balcon où poussent tomates, framboises, plantes aromatiques. Tout à côté, un jardin partagé avec composteur. Les petits déchets sont compostés “à la maison” et au jardin, les plus gros. Le compostage fait partie de ma vie depuis longtemps. C’est miraculeux ces déchets puants qui se transforment en terreau noir odorant en quelques mois. Merci les vers de terre et leurs copains.

Bien sûr, je recycle aussi tout ce qui peut l’être et réutilise en conservant, par exemple, containeurs et attaches de toutes sortes (ficelles, rubans, fermoirs) . Multi-usages. Je squeeze jusqu’à la dernière goutte mon dentifrice et autres produits. Et plus de rouleaux d’alu, film, essuie-tout depuis des lustres.

 J’achète peu et privilégie la qualité. Je fais réparer mes vêtements et même repriser mes collants de laine. C’est quelquefois plus cher oui, mais quelle satisfaction de faire travailler la couturière du coin! Je donne à Emmaus et autres circuits de réparation, aux associations, artistes, qui transforment des objets insolites (parapluie en plastique des bocaux de cornichons, pots de yaourt et). Merci à eux de réduire ma poubelle d’autant.

2 gestes, très simples, que mon entourage a pourtant du mal à adopter :

- Acquérir le réflexe d’avoir toujours dans son sac ou dans sa poche 2 ou 3 sachets (papier et plastique) pour les fruits, légumes ou pain, qu’on peut être tenté d’acheter en passant. Pour des achats programmés :  panier, sac coton ou le grand sac plastique/papier, parmi ceux stockés depuis des années, vont de soi. Et bien sûr refuser systématiquement les sacs proposés par les commerçants.

 Ne pas réutiliser les sacs/sachets jusqu’à ce qu’ils ne soient plus en état de rendre le service pour lequel ils ont été produits, les jeter après une utilisation, c’est gaspiller.. couper des arbres, bruler du pétrole. Réduire le nombre de sacs, papier ou plastique, est important si on veut demeurer cohérent. L’argument des consommateurs qui ne savent pas les refuser  : “ca me sert de poubelle”, témoigne que petits et gros consommateurs jettent chaque jour une quantité abyssale de sacs, à déchets  ou… neufs… 

 -Pour ne pas utiliser trop de “sacs à déchets”  et  conserver une poubelle 3 à 4 mois sans être incommodée par des odeurs ou des insectes, j’utilise des petits pots plastiques (avec couvercle, genre crème fraiche) pour y enfermer les miettes de fromage, poissons ou tout autre ingrédient malodorant. Remplir le sac est essentiel pour monitorer en cette période d’apprentissage. 4 mois c’est long et j’ai souvent hate de “descendre ma poubelle”:)

J’espère que ces exercices quotidiens de poubelles, un peu excessifs j’en conviens, ne sont pas trop indigestes et je vous remercie de les avoir lus jusqu’au bout.

Mon contexte:

Productrice/Réalisatrice, je suis tombée dans la marmite du climat fin des années 80  à l’occasion de recherches pour une fiction. Atterrée par mes découvertes, en 1990, j’ai mis en place le Jour de la Terre, avec Denis Hayes, l’aide de tous les media et un slogan : 1+1=des millions. Parmi les actions symboliques : une sculpture dans la mer de glace représentant un thermometre. Avec Actuel et Le Journal du Dimanche, le Jour dela Terre a publié des guides de gestes utiles. (Il en reste quelques uns et ils sont toujours d’actualité hélàs.)

Quand j’ai repris mes activités “normales”, la plupart de mes émissions ont été imprégnées d’environnement jusqu’à un film sur Tuvalu en 2003. J’ai alors plongé et me suis immergée dans ce petit pays, symbole de ce qui nous attendait tous si nous n’y faisions rien ou trop peu. Actions concretes à Tuvalu (biogas, biodiesel, inventaire vie marine…) et de sensibilisation ailleurs, surtout auprès des jeunes: la  BD “A l’eau la terre”, aujourd’hui en 15 langues. “Biogaz pour les nazes”, publié l’an dernier, diffusé dans les iles du Pacifique en anglais,  vient d’être imprimé en arabe.. (http://www.alofatuvalu.tv/page_cadres_fr.html)

Le dernier ouvrage en cours, “Climanga”-reprogrammer le futur", réalisé avec des jeunes, sortira pour la COP.

Victime du “syndrome de Copenhague”, une coincidence climatique, peu après, a fini de me convaincre qu’il me fallait faire pause.  A Tuvalu, nous étions alertés de l’arrivée d’un tsunami, la veille des grandes marées, un phénomène toujours éloquent.  Etrangement, Il n’y eut ni tsunami, ni même grandes marées alors qu’en France, sans prévenir personne, Xynthia frappait.

Depuis, j'ai pris le temps d'analyser les informations quotidiennes reçues dans ma boite mail, d'essayer de mesurer ce que les scientifiques entendaient par "disparition imminente et brutale de l'humanité". J'ai pris celui de rechercher un lieu ou créer un grand potager pour ma famille et mes amis. Car aujourd’hui, je suis convaincue, qu’en dépit du sursaut de conscience perceptible, le pire est devant nous. S’y préparer est indispensable. Je salue toute tentative de convaincre le plus grand nombre que nous avons un pouvoir (ca commence par son voisin). Nous avons eu celui de nous mettre dans cette situation, nous avons celui d’en sortir… Quelques soient les efforts, à cause de l’inertie depuis les premières alertes (1958, Keeling, 1972, Club de Rome), nous allons subir grave . The good news is : les gestes qui pourraient freiner les dérèglements sont souvent les mêmes que ceux qu’ils nous faudra appliquer pour y survivre. J’ai entamé un livret que je serai ravie de partager une fois mes notes abouties.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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