Madoff : continuité de l'AMF et désinformation

M. Prada peut être tranquille, sa succession est bien assurée à l'AMF.

Jouyet nommé le vendredi 12 décembre à la tête du gendarme de la Bourse parvient à affirmer cinq jours plus tard que les petits épargnants et les déposants des banques doivent être rassurés car ils seront très peu touchés en France par l’affaire Madoff. Il en estime l'impact aux alentours de 50 millions d'euros. Ceci, alors qu’il sait très bien , à moins que ce soit un incompétent de première catégorie, que la solidité des banques et donc les dépôts des particuliers dans ces banques sont une fois de plus gravement menacés par de nouveaux risques sur la solidité du système.

La confiance dans les OPCVM est en train de s'effondrer. Outre, les pertes directes des banques sur Madoff au travers des prêts à effet de levier, on estime en effet que leur responsabilité sera mise en cause ( en tant que gestionnaire d'actifs) et qu'elles devront probablement faire face à des procès qui vont leur coûter entre 30 et 50 milliards de dollars car les investisseurs lésés vont vouloir récupérer leurs argent et comme ils sont fortunés, ils pourront se payer les meilleurs avocats.

Les banques ne failliront pas puisqu’elles sont soutenues par les Etats, avancera-t-on. Certes mais mieux que personne, M. Jouyet sait je présume, que les Etat donnent des garanties bien au delà de leur capacité, que les ratings vont se dégrader, que bientôt il ne restera plus que la BCE pour souscrire aux obligations émises par la Grèce, l’Italie ou même la France, et qu’on aura plus d’autre solution que de faire marcher la planche à billet ce qui nous conduira tout droit à l’hyperinflation ! Et il sait, M. Jouyet, que l’hyperinflation signifie la ruine des petits épargnants et des déposants … Il faut donc à M. Jouyet beaucoup de cynisme pour affirmer de façon péremptoire que les petits épargnants ne seront pratiquement pas touchés. Il sait très bien où cela nous conduit, en cherchant à rassurer il protège d’abord les banques qui ont pris les économies en otages.

Quelle confiance avoir dans un gendarme qui n’a de cesse que de couvrir les banksters ?

Je crois que dans les quartiers chauds, ça s’appelle un « ripoux » !

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