Marie-Anne Kraft
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Inside Banking

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Billet de blog 30 nov. 2009

Les "banksters", ces racketeurs et maîtres-chanteurs !

Marie-Anne Kraft
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Il ne fait décidément pas bon de travailler dans une banque en ce moment : banksters, rappetous, vampires ... Tous mis dans le même sac. Les guichetiers n'ont qu'à bien se planquer derrière leur comptoir. Les premiers à subir face à une clientèle en difficulté de trésorerie, ils sont insultés à longueur de journée. Les journalistes ont un rôle amplificateur dans cet élan populiste consistant à vouer toute une profession aux gémonies.

Même Mediapart, qui d'habitude me paraît observer un certain discernement, essayer de comprendre un sujet en l'éclairant de plusieurs angles, points de vues et analyses pour comprendre le fond d'un sujet, s'y est mis avec cet article de Martine Orange, que j'ai cru tout d'abord être un billet de blog, de par le ton vengeur et les formules à l'emporte-pièce, telles que :

- le titre d'abord : "Banques: le chantage sur l'économie continue",

- "Les centaines de milliards déversés par les gouvernements ont été raptés par les banques"

- "leur envie de conserver ce dopage qui leur permet sans douleur de se refaire"

- "En position de force, les banques ont les moyens de perpétuer ce chantage auprès des gouvernements"

- "Faudra-t-il attendre que la situation économique s'écroule à nouveau pour que les gouvernements acceptent d'en finir avec le racket des banques?"

On dit que les banques "ne jouent pas le jeu". Bien sûr les banques ont leur part de responsabilité dans cette crise, mais il ne faut pas dire n'importe quoi non plus. Je voudrais simplement me faire l'avocat du diable, rappeler les contraintes auxquelles les banques sont confrontées et ne serait-ce que 4 effets d'optiques jouant en leur défaveur :

1- D’abord le soutien de l’Etat aux fonds propres des banques, qui s’est fait sous forme de prêts à taux très élevé. Il ne s’agit pas d’argent « donné » aux banques,2- Sur les bonus, le respect des contrats d’embauche, des règles de calcul des bonus en fonction des résultats, sur lesquelles les banques sont engagées, et aussi l’effet retard du paiement l’année suivante, obligeant à payer l’année au cours de laquelle la banque peut se révéler en perte, de même qu’il y a des activités en perte et d’autres en gain générant des bonus.

3- Concernant les marges, lorsqu’une banque price un crédit de plusieurs années et que le risque de contrepartie est élevé, elle inclut dans la marge un coût du risque estimé, tel une assurance, pour l’ensemble de la période. Si l’estimation de ce coût du risque ne correspond pas à une réalité observée l’année suivante ou que le risque a été surestimé vu a posteriori, il est normal que la banque enregistre des marges importantes, notamment si le coût du risque subi est inférieur à celui qui avait été estimé. Sachant que ce risque se traduira peut-être dans les années suivantes ... Et la banque ne rembourse pas au client le surplus de risque qu’elle lui a surfacturé (de même qu’en sens inverse si le risque subi a été supérieur au risque anticipé, on ne demande pas au client de remettre au pot, surtout qu’il n’est même plus dans l’état de payer quoi que ce soit ...). Si les banques ont paradoxalement dans leur ensemble des résultats très bons en temps de crise, alors même qu’elles se font concurrence et que les marges devraient être donc tirées vers le bas, c’est sans doute parce qu’il y a un effet de décalage dans le temps des risques subis ou bien a postériori qu'il y a eu une surestimation générale du risque, du fait d’un climat de défiance. Cette surestimation de risque profite aux actionnaires, l'inverse étant aussi possible dans un climat de confiance ayant fait la part belle aux marges faibles, suivi d'une crise économique brutale. L'activité bancaire est très similaire sur ce point à l'activité d'assureur. Lorsque les clients sont eux-même actionnaires (système mutualiste), ils récupèrent en dividendes ou en valeur boursière ce surplus de marge que la banque aurait fait en quelque sorte sur leur dos. Ce qui n'est pas le cas dans une structure capitaliste à actionnariat purement financier.

4- Enfin l'évolution des encours à la baisse n'est pas toujours du fait des banques, mais des gros clients corporate qui n'utilisent que faiblement les lignes de crédit qui leur ont été octroyées, et ont pour nombre d'entre eux procédé à des émissions obligataires, ou a des émissions d'actions, qui leur ont permis d'alléger leur dette bancaire.

Malheureusement la société, le peuple, et les journalistes qui ne comprennent pas bien les arcanes de la finance et jouent sur les sentiments populaires pour exciter l’audimat, ainsi que les gouvernants qui ont trouvé un bon bouc émissaire à cette crise, font tout pour entretenir ce sentiment de haine vis-à-vis des banques ...

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