Histoire du cinéma turc: des origines aux années 60

Les débuts du cinéma dans l'Empire Ottoman sont plutôt lents en raison de l'opposition du sultan Abdulhamit II à cette technologie et plus généralement à cause de l'interdiction de la représentation figurative de la réalité présente dans la religion musulmane. Sans que l'information soit très sûre, la première projection remonterait à 1897.

Les débuts du cinéma dans l'Empire Ottoman sont plutôt lents en raison de l'opposition du sultan Abdulhamit II à cette technologie et plus généralement à cause de l'interdiction de la représentation figurative de la réalité présente dans la religion musulmane. Sans que l'information soit très sûre, la première projection remonterait à 1897.

Dans les années qui suivent, Pathé et Lumières se livrent une concurrence féroce pour contrôler le marché de la diffusion. Le premier film Ottoman est officiellement celui des frères macédoniens Yanaki et Milton Manaki tourné lors de la visite du sultan Mehmet V Resat à Monastir. C'est un documentaire, néanmoins un autre film non signé a été tourné à la mosquée de Yildiz en 1905.

Le cinéma est alors surtout une affaire de minorités et d'étrangers, la première salle de cinéma étrangère est créée en 1908.

La première salle de cinéma turque ouvre ses portes en 1914. La même année, le premier film turc est réalisé par Fuat Uzkinay, alors officier dans la marine, son titre "La démolition du monument russe d'Ayastefanos". Le premier long métrage de fiction voit le jour en 1917. Son titre est "La Griffe" de Sedat Sinavi . Jusqu'en 1923, date de création de la République, seuls six films sont réalisés.

Sous le nouveau pouvoir d'Atatürk, la vie culturelle se développe, et ,nouveauté, les femmes acquierent le droit de pouvoir jouer et réaliser des films. Malgré l'intérêt du pouvoir kémaliste pour le septième art, notamment pour ses vertus pédagogiques, son essor est très relatif.

Photo de Muhsin Ertugrul

Jusqu’en 1940, quasiment un seul réalisateur monopolise tous les tournages du cinéma turc. C'est Mushin Ertugrul (ci-dessus), il a fait ses études à Paris et à Berlin. Il vient du théâtre et porte au grand écran des adaptations de roman, des pièces de théâtre, des remakes. Il signe la première coproduction avec des grecs et des égyptiens en 1931, "Dans les rues d'Istanbul" mais aussi le premier film en couleurs, « La Tisserande » (1953). Il est aussi connu pour être l'auteur du film nationaliste soutenu par Atatürk en personne : "Une nation s'éveille" (1932).

Les années 40 voient l’éclatement de la querelle entre les gens de théâtre, héritiers d’Ertugrul et les gens de cinéma qui veulent faire du cinéma un art autonome. Ces derniers arrivent à s'imposer, c'est ce que l'on a appelé la « période des cinéastes » des années 50 et 60 dont le réalisateur phare Lotfi Ömer Akkad veut rompre avec les traditions du théâtre. Il réalise en 1949 « Frappez la putain » puis en 1952 « Au nom de la loi ». Nous pouvons aussi citer dans cette génération Atif Yilmaz, 45 ans de carrière et plus de 100 films à son actif dans différents genres.

Un été sans eau

La première récompense internationale est attribué à Metin Erksan, un réalisateur qui a subi une forte censure, pour son film «Un été sans eau"(images ci-dessus), Ours d'Or du festival de Berlin en 1964.

De 1915 à 1945, 50 films sont tournés. L'année 1961 voit le décollage du cinéma turc avec plus de 110 films réalisés. Le coup d'Etat de 1961 va contribuer à redynamiser la création artistique. A la fin des années 50, c'est aussi le début de la saga des films commerciaux turcs de la période Yesilçam. En 1966, la création de la cinémathèque favorise le développement d'une culture cinéphile. En marge des films commerciaux, des films d'auteur sont tournés en Turquie.

A suivre : la période Yesilçam.

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