Le cancer de la thyroide diagnostiqué chez 104 jeunes personnes à Fukushima.

Les autorités japonaises, c'est à dire tout le gratin nucléocrate, se voient obligées de reconnaître un nombre élevé de cas de cancers de la thyroïde chez des personnes âgées de moins de 18 ans au moment de l'accident nucléaire.

Le journal japonais à grand tirage, Asahi Shimbun, publie dans ses colonnes de ce matin un article qui officialise de fait un nombre extrêmement élevé de cas de cancers de la thyroïde déclarés ou suspectés en sachant que le cancer de la thyroïde met 5 années à se déclarer le plus souvent des cas.

Les autorités japonaises reconnaissent le nombre de 104 jeunes personnes atteintes du cancer de la thyroïde à la préfecture de Fukushima,"maladie souvent causée par l'exposition aux radiations".

Selon les autorités japonaises, le diagnostic de cancer aurait porté sur des jeunes âgés de moins de 18 ans au moment de la catastrophe. Parmi les 104 personnes malades, il y a 68 femmes sur une population de 300 000 personnes testées. 57 cas de cancer de la thyroïde sont reconnus comme déclarés après un test de la glande thyroïde, les autres sont en cours.

"L'âge moyen des personnes atteintes était de 14,8 années au moment où le grand-est du Japon a été atteint par un tremblement de terre" et selon le quotidien le Tsunami serait à l'origine du déclenchement "des effondrements à la centrale nucléaire de Fukushima N ° 1 en Mars de 2011".

Le plus cynique des autorités japonaises est à venir en matière de désinformation nucléocrate :

"Toutefois, les représentants du gouvernement à Fukushima disent qu'ils ne croient pas que les cas de cancer de la glande thyroïde diagnostiquée ou soupçonnée dans les 104 jeunes gens soient liés à l'accident nucléaire de 2011".

Et le journal de poursuivre, "Le chiffre peut être extrapolé à des fins de comparaison à une moyenne de plus de 30 personnes pour une population de 100 000 ayant un cancer de la glande thyroïde définitive ou soupçonnée.

Plus loin, il compare avec les chiffres d'une autre préfecture plus éloignée de l'accident et là le "chiffre est beaucoup plus élevé que, par exemple, le taux de développement de cancer de la thyroïde de 1,7 personnes par 100 000 chez les adolescents en retard sur la base de l'inscription des patients atteints de cancer dans la préfecture de Miyagi".

L'article reprend la bataille des chiffres mais surtout met en exergue qu'il devient de plus en plus difficile de cacher la catastrophe sanitaire sans précédent qui se prépare à Fukushima lorsque l'on connait la durée très longue de l'apparition et du développement de cette maladie

"Dans le cadre de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le nombre de jeunes atteints de cancer de la thyroïde a augmenté seulement au bout de quatre ans. Le cancer est également connu pour se développer lentement".

Le journal reconnait des voix discordantes et approfondi le doute sur la situation à Fukushima, "Mais certains chercheurs disent que l'apparition du cancer de la glande thyroïde est susceptible d'être augmenté par l'accident nucléaire de Fukushima".

"Beaucoup de gens ont été diagnostiqués avec le cancer à cette époque, grâce à des tests de haute précision « , a déclaré Yoshio Hosoi, professeur de biologie de rayonnement à l'Université de Tohoku. "Nous devons continuer à examiner de près la santé de la population afin de déterminer l'impact de l'exposition aux rayonnements susceptible de causer des tumeurs de la thyroïde."

Pas de tests précis, pas de cancer détecté donc, pas encore.

Selon le journal "Environ 35 personnes sur 100 000 ont été diagnostiquées avec un cancer déclaré ou suspecté dans la région de Nakadori, qui comprend la ville de Fukushima et plusieurs municipalités désignées comme zones d'évacuation obligatoires, et la région côtière d'Hamadori".

L'article conclut sur Hokuto Hoshi, qui préside un comité qui examine les questions liées à l'enquête préfectorale sur l'impact sanitaire des radiations sur les habitants de Fukushima. Celui-ci a déclaré que seront "bientôt analysés les résultats des tests pour déterminer l'impact de l'accident sur le taux de tumeur de la thyroïde". "Afin de comparer scientifiquement les résultats des taux de chaque région de développement, nous devons tenir compte de l'âge et d'autres caractéristiques" a t-il affirmé.

Article complet en anglais ici : http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201408240011

 

Voir aussi l'article de Ian Fairlie (en anglais) sur les cas de leucémie dus aux radiations nucléaires :

Les centrales nucléaires engendrent des leucémies chez les enfants - en voici la preuve.

 

La controverse a fait rage pendant des décennies sur le lien entre les centrales nucléaires et la leucémie infantile. Mais, comme le tabac et le cancer du poumon, il s'agit de cacher la vérité, écrit Ian Fairlie. La combinaison des données de quatre pays montre, avec une signification statistique élevée, que les rejets radioactifs des centrales nucléaires sont à l'origine des nombreux des cas de leucémie.

Article complet ici : http://www.theecologist.org/News/news_analysis/2525488/nuclear_power_stations_cause_childhood_leukemia_and_heres_the_proof.html

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