Où en est la situation à Fukushima ? (Texte de de HORI Yasuo du 27 août 2016)

Texte de de HORI Yasuo du 27 août 2016 traduit de l'espéranto par Ginette MARTIN et Paul SIGNORET

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"A la fin de la session, M. Itō Tatsuya, qui vit à Iwaki, ville du département de Fukushima, et travaille en tant que membre du conseil du" Centre japonais des mouvements anti-nucléaires" a fait une conférence. Le thème en était : «Nous ne devons plus répéter les accidents nucléaires."

1. Maintenant, 5 ans après l'accident de Fukushima
(1) Dans 6 villes endommagées par l'accident, plus personne n'habite maintenant. La population de Fukushima a diminué de 5,7%. Ceci est la plus forte baisse au Japon.

(2) Même 5 ans après, des décès indirects dûs à l'accident se produisent encore (décès  dûs à des soins insuffisants après la catastrophe, au changement et à l'appauvrissement, au désespoir, au suicide etc.). Le nombre de décès directs dûs au tsunami est de 1604, mais celui des décès indirects est de 2006 (jusqu'en décembre 2015).

 (3) Il faudra plus de 40 ans pour une  suppression complète de ces réacteurs endommagés. Nous ne savons toujours pas où, ni dans quel état, sont les combustibles nucléaires fondus. Si on couvre les réacteurs avec un "sarcophage de pierre", comme à Tchernobyl, on devra en prendre soin pendant les cent années à venir.

 (4) Le gouvernement envisage de construire (c'est en partie commencé) un "dépôt temporaire de déchets nucléaires", qui se situera dans les deux villes d'Ōkuma et de Futaba, et il promet que, dans 30 ans, il  transportera ces déchets en dehors du département de Fukushima, mais personne ne croit à cette promesse. Cela deviendra certainement un stockage éternel.

 (5) Dans certaines villes polluées par les déchets radioactifs et ensuite "nettoyées", maintenant les habitants peuvent revenir, mais cela n'est pas facile en raison d'un manque d'hôpitaux, de magasins et d'autres fonctions indispensables, et à cause de la crainte de la radioactivité.

 (6) Le gouvernement n'a pas de plan pour dépolluer les villes fortement contaminées.

 (7) Nous avons trouvé 161 enfants qui souffrent d'un cancer de la thyroïde, et 42 chez qui on soupçonne cette maladie. Parmi les chercheurs et les médecins, il y a deux opinions. Certains attribuent cela à l'accident nucléaire, mais d'autres pas du tout. Quelles que soient les raisons de ces cancers, on doit s'occuper de ces  enfants avec chaleur et persévérance.

 (8) Une mésentente existe entre les victimes de l'accident. Le gouvernement a créé des divisions entre elles, en leur versant des indemnités différentes selon la distance entre leurs maisons et la centrale nucléaire, et selon la quantité de radioactivité dans leur région d'origine. Nous devons surmonter cette discorde et retrouver la solidarité entre les victimes."

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Extrait dans son contexte en cliquant ici ! (blog "Fukushima" de Pierre Fetet)

 

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