L'eau à l'horizon 2025

A l’horizon 2025, la croissance démographique (8 milliards d’êtres humains), l’augmentation du niveau de vie et donc de la consommation domestique, le développement des activités industrielles, l’urbanisation feront peser sur la ressource une pression inédite. La grande inconnue est liée au changement climatique, qui pourrait affecter les ressources de centaines de millions d’individus : de sorte qu’un tiers de la population mondiale pourrait se trouver en état de stress hydrique, avec les impacts en termes de santé publique que cela emporte (selon l’OMS, 80% des maladies dans le monde sont dues à une eau impropre ou à de mauvaises conditions sanitaires) et avec les tensions géopolitiques dont le Moyen-Orient frémit déjà comme l’illustre les accusations d’une partie de la population palestinienne qui reproche au gouvernement israélien d’exploiter les ressources en eau de la Cisjordanie pour satisfaire les besoins de ses citoyens, de bloquer les voies de communications par des barrages et d’empêcher la distribution d’eau des camions citerne.

 

Il est certain que pour répondre à la demande, les modes conventionnels d’exploitation et de stockage de la ressource ne seront pas suffisants, outre qu’ils génèrent des impacts environnementaux lourds, comme l’exemple du barrage des Trois Gorges en Chine l’a manifesté au grand public. Il est donc indispensable d’une part de développer les technologies de dessalement, de récupération et de recyclage dont nous parlons régulièrement, d’autre part d’assurer le transfert de ces technologies vers les pays les plus affectés par les pénuries à venir, et enfin d’optimiser l’utilisation de l’eau du niveau agricole (70% de la demande) au niveau industriel (22%), et également domestique (8%).

 

Ce dernier volet sera celui qui touchera le plus violemment notre vie quotidienne. On en prend la mesure par les récentes déclarations duCommissaire Européen à l’Environnement, Stavros Dimas, qui a prononcé un discours le 9 septembre dernier à l’Exposition Internationale de Saragosse annonçant que l’Union européenne compte demander aux « Etats membres de donner à l’eau un prix à sa juste valeur. » afin de « faire prendre conscience aux populations de l’importance de l’eau et à diminuer leur consommation » au moment où l’Europe est de « plus en plus touchée par le réchauffement climatique et par les pénuries d’eau », en particulier sur le pourtour méditerranéen mais aussi en Allemagne et au Royaume Uni. Le Ministre a précisé que les « gros consommateurs que sont l’agriculture et l’industrie paieront la part de l’eau qu’elles utilisent », mais que l’UE ambitionne en outre de « baisser la consommation d’eau moyenne par jour par habitant de 300 litres à 80 litres. »

 

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