Diego Calahorrano ou l'Humain naturel surnaturel...

 

Une fois n’est pas coutume, je présente aujourd’hui un artiste qui a longtemps vécu en Normandie et que je connais personnellement. Il est argentin et vit depuis peu en Espagne. Ce qui interpelle chez Diego, c’est cette fascination pour la nature et les sujets naturels. Serait-ce l’Argentine et ses espaces qui parlent au travers de ses photos pourtant bien de paysages français ? Serait-ce un intérêt pour la création qui n’a rien d’humain, mais tout du naturel ? Comme une sorte d’hymne à la création de la nature ?

 

 

 

La série « Siluetas » (Silhouettes) que je me suis permise de présenter, avec son accord, me semble caractéristique de ce qu’il cherche à faire passer, ou du moins ce que moi j’en ressens, car rien n’est simple dans un message artistique, si tant est qu’il y en est un !

 

Ce ne sont pas des silhouettes humaines, mais pourtant l’humain est si présent qu’on ne peut pas ne pas se sentir humain en regardant et en écoutant cette vidéo. Ils ne seront peut-être pas contents (le photographe Diego Calahorrano et le musicien Gilles Roussel), mais je me suis sentie en écho, en la regardant avec les films d’animations de Miyasaki, et surement plus celui de Princesse Mononoké.

 

Rien à voir, certainement entre les deux exercices dans leur esprit (l’animation et la photographie), mais que voulez vous, l’esprit fait parfois de drôles d’associations d’idées !

 

Je me suis donc demandé pourquoi mon esprit avait crée ce lien instinctif. Surement dans ce rapport à la nature et à l’Homme que porte ce travail. Ces rires d’enfant du début, cette musique étrange qui vous transporte dans un « autre univers » pourtant bien le notre. C’est je pense ce qui m’a fait penser à Miyazaki où le quotidien n’a de cesse de faire place au surnaturel de la nature ou au naturel du surnaturel, selon le point de vue que l’on choisit.

 

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Un motif de Princess Mononoké (le Dieu de la forêt)

 

Ci-joint un texte que j’ai traduit moi-même sur ce qu’il dit de lui :

 

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Desde muy pequeño hago fotos, pero mi dedicacion full time comienza en agosto del 2005, cuando adquiero mi primera cámara digital; desde ese momento nunca dejé de fotografiar. Desde el primer momento, tomé la fotografia muy seriamente, absorbiendo toda la informacion que estuviese relacionada con ella. Asi fui incorporando conocimientos, tecnicas y equipo; al mismo tiempo que exploraba las motivaciones profundas que me llevaban a elegir el tema y el sujeto que luego fotografiaba.
Decidi fotografiar esencialmente mi entorno proximo, centrandome y profundizando, sin diversificarme. En un primer tiempo, la fotografia me ayudo a apropiarme del lugar donde estaba: una Francia que me habia adoptado pero que que yo debia acceptar tambien.


Andaba, casi diariamente, muchos kms a pié, en coche o en bicicleta recorriendo caminos, bosques y campos descubriendo sin realmente buscar algunas imágenes que interpelabann lo mas profundo de mi ser. Poco a poco, comienzo a darme cuenta, que la fotografia para mi, no era ni un hobbie ni un trabajo, sino mucho mas profundamente: el medio por el cual mi existencia adqueria todo su sentido.
Entonces comprendi el por qué fotografiaba campos vacios, bosques habitados por seres de formas extrañas evitando fotografiar personas... Aunque todavia hoy, no tengo todas las respuestas a mis preguntas existenciales, mis imagenes siguen componiendo y constituyendo mi realidad.

 

TRADUCTION (Christel)

 

Je fais des photographies depuis tout petit, mais c’est en août 2005 que je me suis consacré à plein temps à elle, quand j’ai acquis mon premier appareil photo numérique. J’ai toujours considéré la photographie de manière sérieuse en absorbant toute l’information en relation à elle. J’ai ainsi acquis les connaissances techniques alors que dans le même temps, j’explorais les motivations profondes qui me faisait choisir les thèmes et les sujets que je photographiais.

 

J’ai décidé de photographier mon environnement proche, en me concentrant et en approfondissant ce dernier sans diversifier. Dans un premier temps, la photographie m’a permis de m’approprier le lieu dans lequel je vivais : une France qui m’avait adopté et que je devais accepter aussi. Je me déplaçais, tous les jours à pied, en voiture ou en bicyclette au travers des champs, des bois découvrant sans vraiment chercher les images qui interpellaient plus profondément mon être. Petit à petit, je me suis rendu compte que la photographie n’était pas un passe temps pour moi ni un travail, mais plus fortement : le moyen par lequel mon existence prenait sens. Alors j’ai compris pourquoi je photographiais des champs vides, des bois habités par des êtres étranges en évitant de photographier des personnes… Mais encore aujourd’hui, je n’ai pas toutes les réponses à mes questions existentielles, mes images continuent à composer et à constituer ma réalité.

 

 

"Siluetas" (musique de Gilles Roussel): http://www.youtube.com/watch?v=Y0dBgxQCTbM
ou a droite dans l’édition normande sur médiapart : http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/edition/l-edition-normande/video/040309/diego-calahorrano-siluetas

 

 

diegocalahorrano@hotmail.fr

http://diegocalahorrano.free.fr/cariboost1/

 

 

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