L'amour ne fatigue pas.

L’abandon des utopies n’a d’égale que la mort des aventures surréalistes et merveilleuses de notre adolescence : nous pouvons parfaitement accueillir toute la misère du monde, n’en déplaise à certains. Il s’agit même, ici, d’un devoir. C’est en battant les cartes que l’on a le plus de chance de relancer le jeu, l’espoir. L’espoir de la misère humaine. Accueillir toute la misère du monde : se rendre disponible à l’autre, et lui donner nos richesses, de cœur d’abord, de surabondance, ensuite. Surabondance de larmes, surabondance de biens, surabondance d’eaux douces, de vins, de pain, de miracles aussi.

Nous annonçons la paix, alors que partout la guerre fait rage : faut-il que nous soyons fou ! Pourtant la vérité s’impose d’elle-même : la haine fatigue, l’amour pas. Qui sortira gagnant ? Nous le savons. Mais bien que pris dans l’engrenage de la violence télégénique, nous saisissons clairement toute la puissance de cette affirmation toute simple : l’amour ne fatigue pas. Cette évidence je la voudrais pour tous, et rien ne peut m’empêcher de dire que j’aime la vie malgré mon pessimisme inaltérable, inébranlable. Mon appel n’est pas de ceux qui sont lancés à l’aveuglette : je crois. Je crois qu’un jour l’amour vaincra. Je crois que l’Homme est fait de paix, d’amour. Je crois qu’un jour la guerre se réduira à une partie d’échec. Je crois que Christ n’est pas mort pour rien. Non. Car nous sommes des êtres de larmes, des êtres d’amours folles, des êtres de passions, mais des êtres aussi qui savent que l’espoir calme et serein mène à la gratitude de Dieu. Oui, la gratitude. Ce Dieu que nous appelons de nos vœux, par désespoir ou par espoir, mais certains de parvenir à l’attirer plus proche encore de nos douleurs. Si cela n’était encore possible, tant Lui nous parle à chaque seconde, avec la pudeur qui Le caractérise. Oui, la pudeur comme utopie, la liberté comme but et comme chemin, la compassion comme avenir.

Après que nous ayons prie conscience de la gravité du mot « bonheur », nous seront sûr de ne pas nous égarer dans les dédales de l’infamie, de la cruauté, du mépris de l’autre, de l’art de la guerre et du malheur qui nous attend si nous ne changeons pas d’attitude. Si nous n’allons pas voir, même subrepticement, les profondeurs de nos âmes. Ces âmes qui sont belles de leurs fragilités, de leurs volontés d’amour fou, dès soubresauts ludiques de nos enfants qui rient. Dans cette cours, magique, des utopies salvatrices que sont l’unité du rêve et de la réalité.

L’amour ne fatigue pas.

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