Jouons donc ce jeu

Jouons donc ce jeu.

Jouons donc ce jeu.
Les dix derniers livres que j’ai lus ?


Va-t’en gros loup méchant, que j’ai lu bien vingt fois avant-hier à un tout petit de ma connaissance, ne compte pas, je suppose.... Dommage, c’est tout mignon, avec des dessins d’Anne-Marie Chapouton et un loup qui vit tout seul, recoud sa culotte et repasse sa chemise, ce qui le met en retard pour aller dévorer les trois rongeurs...

Alors, ces dix livres ? Jouons avec honnêteté.
Je passe de la table de nuit (les romans, c’est la nuit pour l’essentiel) au bureau (le jour), je ramasse le dessus des piles et ça donne ceci (sans ordre aucun, même pas celui de la lecture, d’autant que la plupart du temps j’en lis deux ou trois en même temps):

 


Julian Barnes. Arthur et George.
J’ignorais que Conan Doyle avait pris la défense d’un jeune anglo- indien injustement accusé d’avoir tué un cheval en l’éventrant sauvagement. Deux mondes différents, deux destins alternent, qui finissent par se croiser lors du procès où Doyle, Zola britannique, joue sa réputation. Superbe. L’humanité contre la stupidité du racisme.

 


Günter Grass. Pelures d’oignon.
Du souvenir, de la confession, du mensonge, de la famille, de la guerre et d’un futur Pape. Et de l’Art aussi.

 


Susan Sontag. La maladie comme métaphore.
« La maladie est la zone d’ombre de la vie, un territoire auquel il coûte cher d’appartenir... ». Sontag confronte les métaphores autrefois associées à la tuberculose et celles qui sont, de nos jours (le livre date de 1977 mais peu de choses semblent avoir changé), liées au cancer.

 

 

Graham Greene. Le capitaine et l’ennemi.
Le dernier roman de Greene. Parfois un peu long mais, pour le héros qui se gargarise de mots dont il ne maîtrise pas le sens, pour son amour avec Liza qu’il ne voit quasiment jamais mais à qui il offre un enfant volé et pour cet enfant, oui c’est à lire.

 


Nuala O’Faolain. Best love Rosie.
Magnifique. Le cap de la cinquantaine. L’humanité, la fraternité, la difficulté de renoncer à ce qui a rempli une vie. Je ne connaissais pas O’Faolain, du coup j’emprunte à la bibliothèque un autre de ses livres pour confirmer l’excellente impression. J’espère très fort ne pas être déçue, tant j’ai aimé cet ouvrage. Si l'aventure ici se continue ce pourrait être ma première "critique".

 

 

Shirley Hazzard. Le passage de Vénus.
Ni Henry James, ni Edith Wharton, contrairement à ce qu’affirme la quatrième de couverture, mais un roman tout à fait honnête. Les vies parallèles, fort différentes, de deux sœurs après la Seconde guerre mondiale. Celle qui fait le choix de l’aventure s’en sort nettement mieux...

 


Arni Thorarinsson. Le temps de la sorcière.

Un polar dont on oublie l’intrigue aussi vite qu’on l’a lue, mais l’Islande, le véritable sujet du livre (pour moi en tout cas) on n’arrive plus à s’en défaire, pas gaie l’Islande...

 


Jérôme Baschet. L’iconographie médiévale.
Un grand livre. Réflexion historiographique et renouvellement de la notion d’iconographie.

 


Dominique Poulot. Musée, nation, patrimoine.
Pour réfléchir sur la nouvelle lubie du tout petit président, ce musée de l’Histoire de France qui ne m’inspire que méfiance....

 


Catalogue d’exposition.1945-1949. Repartir à zéro comme si la peinture n’avait pas existé. Une lecture nouvelle de l’histoire de l’art juste après la guerre. Remise en cause de la doxa qui veut que la fin de la Seconde Guerre mondiale marque le déclin de Paris comme capitale de l’art et amène la domination des Etats-Unis avec l’expressionnisme abstrait. Et cette idée que l'on peut repartir à zéro (c'est une phrase de Barnett Newman).

 

 

Game over.....Loyalement donc et en négligeant du coup ceux qui sont mes repères quasi quotidiens.... La Recherche et les poèmes d’Emily Dickinson campent en permanence, avec d’autres, près du lit. Mais j’aurai respecté les règles....

 

J'avais prévu des images mais je bute sur la technique, j'ai lu, relu, regardé, écouté les consignes pour les insérer mais...Ca résiste...Tant pis, dommage surtout pour le loup.....

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