Billet de blog 27 mai 2015

Un bout de chemin J-15 / La genèse de Génésis

ARySQUE
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Un bout de chemin J-15 / La genèse de Génésis

27 mai 2015 |  Par ARySQUE


XX. Structure en matériaux divers, H:65cm, L:51cm, P:46cm. 2008 © ARySQUE

Pour vous parler de l'expo Un Bout de chemin que je présenterai à l'atelier du 12 au 14 juin prochain, il faut que je commence par cette petite structure en matériaux divers.
Parce que c'est justement par elle que tout a vraiment débuté, en 2008. C'est pour elle que je commençais à dessiner d'un trait filaire, imaginant les mouvements que j'allais devoir imposer à mon fil de fer. C'est avec elle que je découvris pour la toute première fois la jubilation du geste dessiné, de son lié. Je ne l'ai plus lâché depuis et je crois que mes dessins, quelle que soit la série à laquelle ils appartiennent, ont tous, peu ou prou, conserver cette ligne-là.
Etait-ce le printemps de Coste-Belle qui m'avait tant émue là-haut en Vallouise quelques mois plus tôt ? J'avais à l'esprit quelques amants originels, en symbiose avec la nature.
Dans mon salon, à Paris — je n'avais pas encore d'atelier —, je plantais une tige filetée dans un pot de lierre frais et articulais autour, les formes de celle que je décidais d'appeler XX. Rapidement, l'usage de colle et de liants divers avait étouffé la plante : à mesure que je bâtissais l'esthétique de cette femme, la nature crevait!
Alors, j'allais jusqu'au déracinement. Jusqu'à ce que se fanent une à une les feuilles de mon lierre. Brunie, ocrée, ma reine avait vieilli à peine moins vite que la terre saccagée. Je construisis sur le même mode, deux autres structures :  un amant pour XX — histoire que quelque chose de bon sorte quand même de cette histoire — et la déesse Gaïa tentant d'échapper au cataclysme qui s'annonçait. 

Toutes trois subirent le même sort, le même dépérissement. Voilà maintenant plusieurs années que je les ai figées à la lisière du monde des cendres. Plusieurs années qu'elles restent là, irrémédiablement automnales.

Quand j'eus finis ces trois-là que je regroupais sous le nom de Génésis, je lançais L'Ar(t)muse, un cadavre exquis pluridisciplinaire qui finit par tomber dans l'oubli (merci à ceux qui ont joué avec moi. La partie n'est pas fermée…). En même temps, je plantais dans le jardin de Coste Belle, deux amants de brique et de broc enlacés dans une nature généreuse et très vivante.
Ces deux amants me feraient écrire un peu plus tard le livre des Errances. Mais ça, c'est une autre histoire…

Les trois éléments de Génésis seront à l'atelier pour l'expo Un bout de Chemin.Rendez-vous en juin ?

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