Billet de blog 19 avr. 2013

Patrig K
Technicien Génie climatique
Abonné·e de Mediapart

Lettre ouverte à Monsieur Le Foll

La "Coordination algues Vertes & Bleues", un groupement d'associations de la région Bretagne, qui se bat depuis des années contre l'agriculture intensive et l'agrobuisness, écrit au Ministre de l'Agriculture, M. Le Foll. [ Sylvie GOURDON Présidente ass "Sous le vent, les pieds sur terre" (Trébrivan 22340) Pour  la "Coordination algues Vertes & Bleues" ]

Patrig K
Technicien Génie climatique
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La "Coordination algues Vertes & Bleues", un groupement d'associations de la région Bretagne, qui se bat depuis des années contre l'agriculture intensive et l'agrobuisness, écrit au Ministre de l'Agriculture, M. Le Foll. [ Sylvie GOURDON Présidente ass "Sous le vent, les pieds sur terre" (Trébrivan 22340) Pour  la "Coordination algues Vertes & Bleues" ]


Monsieur le Ministre,

Vous venez d'annoncer un plan d'avenir de la filière porcine française qui permette l'allégement des contraintes portant sur les installations classées, en remplaçant, lors d'agrandissement ou création d'élevage, la procédure d'enquête publique par un simple régime d'enregistrement. Nous nous permettons d'attirer votre attention sur plusieurs points :

Ce plan est proposé en réponse aux demandes de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs du Finistère, qui réclament un "moratoire sur les nouvelles règles environnementales" et prétendent qu'"en 10 ans, la Bretagne aurait perdu trois millions de porcs". Nous mettons en cause la véracité de ces chiffres, contredits par les statistiques récentes de la DRAAF qui montrent une augmentation de la production porcine bretonne qui est passée de 13,3 millions en 2000 à 14,3 millions en 2010. C’est 60 % de la production française, avec des exploitations qui s'agrandissent sans cesse en détruisant des emplois.

Ce plan intervient alors que la justice française vient de prononcer 4 condamnations qui mettent en cause le laxisme de l'Etat en matière d'environnement.

La justice a rejeter la demande d'assouplissement des contraintes environnementales, en application de la directive européenne "nitrates", jugées "disproportionnées" par la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Finistère. Les juges ont considéré que ces mesures d'intérêt général " ont pour but la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d'origine agricole" et qu'il n'est pas établi que "ce but aurait pu être atteint par des mesures moins contraignantes (Tribunal administratif de Rennes 29 mars 2013).

Les juges ont donné raison au contraire, aux associations environnementales qui demandaient le renforcement des règles d'épandage, en obligeant les préfets à revoir leurs décrets d'autorisation d'épandage.

L'Etat a été condamné à rembourser 4 communes des Côtes d'Armor des dépenses de ramassage d'algues vertes engagées en 2010, pour un montant de 122 932 euros (Cour administratived'appel de Nantes 22 mars 2013).

L'Etat devra indemniser le Conseil Général des Côtes d'Armor pour toutes les dépenses effectuées entre 1975 et 2009 pour plus de 7 millions d'euros. Le lien direct et certain de cause à effet entre ces carences fautives de l'État et le dommage que constitue la pollution par les masses d'algues vertes sur le littoral armoricain, a été établi par les juges qui rappellent qu'il est " constant et non contesté " que les pollutions d’origine agricole des eaux superficielles et souterraines en Bretagne constituent la cause principale de la prolifération des algues vertes sur le littoral. (Tribunal administratif de Rennes 12 avril 2013).

 Au moment où vous proposez d'assouplir les règlements, la justice vous rappelle que les contraintes environnementales doivent donc être maintenues et renforcées. Sinon, la France sera à nouveau condamnée par la Cour de Justice Européenne. Quel avenir pour une agriculture industrielle qui détruit à la fois l’emploi et l’environnement avec une production à bas prix qui ne peut s’adapter à la concurrence mondiale ?

La Coordination algues vertes et bleues demande au gouvernement d’éviter de prendre une décision qu'elle estime préjudiciable à la société toute entière et d'engager la transition vers un modèle agricole et économique qui valorise nos productions et respecte enfin notre patrimoine environnemental.

Les associations de la Coordination Verte et Bleue : AE2D, Association de Sauvegarde du Pays Fouesnantais (ASPF), Baie de Douarnenez Environnement (BDZE),  Sauvegarde du Penthièvre, Sauvegarde du TrégorSous le vent les pieds sur terre

Lien Cyber @ction :  http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/transition-agricole-respectueuse-environnement-599.html

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Un Syrien menacé d’expulsion, victime d’un engrenage infernal
Mediapart a rencontré un Syrien de 22 ans enfermé en rétention près de Roissy. Alors que les relations diplomatiques sont rompues avec le régime Assad, des contacts ont été pris en vue de son renvoi, d’après nos informations. Son « obligation de quitter le territoire français » a été validée par la justice. 
par Céline Martelet
Journal
Corruption : le géant Airbus accepte de nouveau de payer pour éviter des procès
Affaire Sarkozy-Kadhafi, Kazakhgate : le groupe d’aéronautique échappe à toute poursuite grâce au paiement d’une amende de 15,8 millions d’euros, selon un accord trouvé avec le Parquet national financier. Des associations anticorruption dénoncent les abus de la justice négociée à la française.
par Fabrice Arfi et Yann Philippin
Journal
À Bruxelles, la France protège la finance contre le devoir de vigilance
Dans une note confidentielle, la France supprime toute référence au secteur financier dans la définition de la « chaîne d’activités » couverte par le devoir de vigilance dans la directive européenne en préparation. Bercy dément vouloir exonérer les banques. Les États se réunissent jeudi 1er décembre à ce sujet. 
par Jade Lindgaard
Journal — France
À Saint-Étienne, le maire et le poison de la calomnie
Dans une enquête que Gaël Perdriau a tenté de faire censurer, Mediapart révèle que le maire de Saint-Étienne a lancé une rumeur criminelle, dont il reconnaît aujourd’hui qu’il s’agit d’une pure calomnie, contre le président de région Laurent Wauquiez. À l’hôtel de ville, des anciens collaborateurs décrivent un quotidien empoisonné par la rumeur, utilisée comme un instrument politique.
par Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
« Crise de l’École », crise climatique : et si on les mettait en parallèle ?
En scolarisant les enfants de tous les milieux sociaux, l’École s’est « démocratisée ». Mais elle n’a pas changé sa logique élitaire. Dans une large proportion, les enfants d’origine populaire y sont mis « en échec ». En imposant aux pays dominants un standard de vie prédateur et mortifère, le capitalisme a engendré la crise climatique. Quels parallèles entre ces deux crises de la domination ?
par Philippe Champy
Billet de blog
Expérimenter, oui mais pour quoi faire et pour qui ?
A partir d’un cadre national qui garantit l’unité du système éducatif, il est toujours utile de libérer et d’encourager les initiatives locales si cela favorise la réussite de tous les élèves.
par Delahaye JP
Billet d’édition
L’indice de position sociale, révélateur de la ségrégation scolaire
À la suite d'une décision de justice, le ministère de l’Éducation nationale a publié les indices de position sociale de chaque école et collège (public + privé sous contrat). Le Comité National d’Action Laïque analyse la situation dans une note en ligne.
par Charles Conte
Billet de blog
Le socle commun au collège... Où en est-on ?
A-t-on réussi à créer ce « commun » dans les collèges ? Comment ce socle pourrait-il évoluer ? Pourrait-il être étendu ?
par Guillaume Co