Vive les sénateurs

 Le projet de loi sur la fin de vie qui a été adopté le 18 janvier 2011 par la commission des affaires sociales du Sénat marque une importante avancée pour ceux qui militent pour que la France adopte une position ouverte sur cet important sujet.

 

Le projet de loi sur la fin de vie qui a été adopté le 18 janvier 2011 par la commission des affaires sociales du Sénat marque une importante avancée pour ceux qui militent pour que la France adopte une position ouverte sur cet important sujet.

 

La synthèse réalisée à partir des 3 propositions élaborées par Alain Fouché, UMP, Jean-Pierre Godefroy, PS, et Guy Fischer, PC, montre que l’esprit des Lumières guide nos élus. Un grand merci à nos Sénateurs et bravo pour leur sagesse et leur indépendance de pensée. L’écoute des citoyens a été plus forte que la pression des lobbys. Qu’il en soit de même lors du vote du Sénat, mardi 25 janvier.

 

L’annonce de ce débat parlementaire a suscité de nombreuses prises de position. Je marque mon étonnement devant un sondage et un manifeste soumis à pétition de professionnels médicaux dont je respecte la compétence.

 

Les soins palliatifs constituent plus que jamais une composante majeure de l’offre médicale. Leurs objectifs permettent la mise en œuvre de protocoles évaluables et évalués pour prendre soin de patients pour lesquels il n’y a plus d’espoir de guérison et dont le pronostic vital est engagé. Leur éthique est fondée sur la qualité de l’accompagnement et la lutte contre la douleur et l’angoisse de fin de vie.

 

La demande d’aide active à mourir, par euthanasie ou suicide assisté, est justifiée par l’intime conviction d’une personne responsable et consciente. L’assistance compassionnelle et technique, qui serait possible avec la future loi, se déroulerait dans un cadre juridique, précis et contraint. Elle résulte d’une écoute et d’un dialogue entre deux personnes. Son éthique repose sur le respect d’un libre choix personnel et aussi sur la qualité de l’accompagnement.

 

Le consentement du patient à la démarche palliative et l’expression d’une demande d’euthanasie sont deux facettes complémentaires de l’approche de la mort dans une société où les progrès médicaux et sociaux font qu’il n’y a plus de mort naturelle.

 

L’acceptation de l’aide active à mourir ne peut résulter que d’un choix philosophique. Son refus, sous couvert d’approche médicale de la fin de vie, n’est pas acceptable. Comme serait inacceptable toute pratique euthanasique décidée par le seul médecin dans le cadre d’un protocole de soin.

 

La SFAP (Soins Palliatifs) et la SFAR (Anesthésistes Réanimateurs) ont lancé leur campagne pour faire pression sur le débat législatif. Ils opposent leur maîtrise professionnelle au libre choix du citoyen, en refusant l’évolution de la législation. Leur compétence technique et leur argumentation médicale ne doivent pas masquer les valeurs qui justifient leurs positions. Je respecte leurs positions philosophiques : qu’ils les affichent et respectent les miennes.

 

L’affrontement entre soins palliatifs et assistance à l’euthanasie est de nature idéologique. Ce conflit dure depuis trente ans. Il ne peut se résoudre que par l’écoute et le respect mutuel. Que cesse le déni de la demande d’aide à mourir par certains professionnels des soins palliatifs et que la sincérité du soutien des soins palliatifs par les partisans de l’euthanasie soit enfin reconnue !

 

En outre, si la vie la plus longue n’est pas toujours la meilleure, la mort qui se prolonge est toujours la pire. En la mort, plus que nulle part ailleurs, nous devons faire ce que nous dicte notre âme...Pour la vie on a des comptes à rendre aux autres, pour la mort, à soi-même. La meilleure mort ? Celle qui nous plait.

Sénèque LXX Lettre à Lucilius

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