The Host of Seraphim, 1988

Ce texte a été écrit en écoutant "The Host of Seraphim" (Dead Can Dance).

Les yeux sont fermés, l'air est doux.

Les yeux s'ouvrent, le ciel perce son coeur, il bat, il bat vite,
c'est un tambour qui arrache sa poitrine et balance ses jambes, la course s’ensuit.

L'écorce du verger, la coupure de l’herbe,
le sucre mauve des trèfles, abeilles et vaches,
c'est un fil animé qui griffe l’emballée.

Ses genoux dessinent le mouvement parfait de la mécanique articulaire,
mais la sève est folle, elle court à perdre haleine.

Ce ciel lumineux de l’été.
Tout est lent, elle s'écorche à ce doux paysage.
Elle n'a plus de souffle, mais sans repère elle ne sait que courir.

Elle est là dans son jardin, penchée sur sa bêche,
son tablier terreux, ses bras nus, les cheveux de paille enchiffonés sous un chapeau sans couleur.
Tout est sec autour.

Elle l'a vue, coeur à coeur, son aimant, sa source, sa mère.
Elles s'étreignent et les larmes sillonnent sous la roche. Son seul abri.

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