La Guerre du Condor

Homme fort de Chachapoyas, exilé au Venezuela, la terre qui te sauve a exposé devant toi la ligne nette et sans faille d'un défilé de monts inviolables.
Vivre en son flanc n'est qu'un repos du passé, quand le peuple posé habitait l'air et le plan du Condor.
Comme l'eau de pluie qui s'abat, son ciel est tombé sur ce sol d'où il n'élève plus que le regard vers cette cime perdue.
Vivre en son flanc est devenu supplice car l'azur n'est qu'à la surface de l'oeil, un reflet du souvenir.

De ton asile pourtant tu n'envisages d'autre eden, tu partiras à nouveau vers ce retour, empli de l’espoir d’un rendez-vous pour ton dernier souffle.
Sur ta montagne, la vie est en fer mais la mort est en ciel, il n’est pas de plus belle sépulture.
Si tu y parviens au bout du chemin surplombant l’abîme, grimpe vers ces abris de terre et d’argile, recroqueville ton temple en offrande et laisse-toi emporter par ton nuage.
Ils t’attendent et t’observent et te soutiennent, les hommes forts de Chachapoyas.

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