Origine

Je connais un écrin niché au coude d’une rivière noire, nommé montagne blanche.
Plateau d’herbe à vaches, au loin le Lomont, où est ton mont clair ?
Je te connais par tous mes sens. Le marteau de la pluie et son ruissellement depuis le temple, je les entends mes nuits de veille dans la chambre jaune. Et le jour, le jour. L’ocre de ta poussière qui sèche mes pieds, l’empreinte aérienne âpre et crayeuse de ta terre, la fraîcheur vive de ton eau sur ma main dans la cuve, la douceur acidulée des macros cachée sous leurs branches épineuses.
Et au-delà. Tes gardiennes surplombent la source que nul ne peut prendre. La lutte l’a fracassé en dedans contre la roche, pulvérisant les flots du torrent pénétrant le karst d’où suinte ce ruisseau calme où se baigne parfois l’esprit des femmes.
Plus que le siège de seigneurs allemands et d’une enceinte Vauban, tu as été l’élysée celte.
Au nord est ta Tulé.
Trois monts bleus portent le sommet sacré.

 

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