Charles Conte
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Laïcité

Suivi par 263 abonnés

Billet de blog 9 janv. 2018

Charles Conte
Chargé de mission à la Ligue de l'enseignement
Abonné·e de Mediapart

Bonne Année laïque !!!

La longue marche du Jour de l'An, de la fête romaine à la fête sécularisée d'aujourd'hui.

Charles Conte
Chargé de mission à la Ligue de l'enseignement
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les militants laïques ont beaucoup réfléchi aux usages sociaux et culturels des fêtes, notamment sur celles de Noël mais aussi du Jour des morts qui ont fait l'objet d'articles sur cette édition. Le mouvement laïque s'investi actuellement dans une journée associative: le 9 décembre, jour anniversaire de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de décembre 1905.

Le premier janvier, fêté comme premier jour de la nouvelle année remonte à l'antiquité romaine. Rome a utilisé plusieurs calendriers: celui de son fondateur mythique, Romulus, qui ne comptait que dix mois; celui de Numa Pompilius, son deuxième roi, dans lequel apparaît le mois de Ianarius (Janvier, la lettre J n'apparaîtra qu'au Moyen Age), dédié à Janus, dieu des portes et des commencements; le calendrier de la République romaine, et enfin le calendrier julien, mis au point par l'astronome grec Sosigène sous Jules César. C'est pour l'essentiel, notre calendrier actuel, renommé grégorien après une adaptation faite à l'initiative du pape Grégoire XIII.

Mars fut longtemps le premier mois des calendriers romains. Janvier le remplaça en 153 avnt JC. Bien que les calendriers médiévaux reprenent les douze mois du calendrier julien, le début de l'année était parfois fêté à Pâques ou le 25 décembre. A partir du XVI° siècle, les pays européens adoptent tous le premier janvier comme Jour de l'An. En France, c'est le roi Charles IX qui l'établit par son Edit du Roussillon promulgué le 15 août 1564. A Rome, le premier janvier était dédié à la désse Strenia (d'où nos étrennes). L'Eglise catholique lutta longtemps contre les coutumes païennes associées à cette fête (visites, voeux, présents...). Mais elle finit par valider le premier janvier comme jour de l'An en 1622.

Un temps non fêté officiellement sous la Révolution lors de la mise en oeuvre du calendrier républicain, le 1° janvier revient en usage en 1797 et sera légalisé en 1810. Les militants laïques retiendront la symbolique de ce jour. L'éditorialiste de "L'Action", un des journeaux les plus anticléricaux de la Belle époque, se fait poète pour écrire le 1° janvier 1907 "Une année de plus fuit et s'efface dans la nuit du temps. L'éternité retourne son sablier et recommence à égrener, avec une volonté inflexible, ses heures et ses jours".

Le premier janvier est un moment de réflexion et une occasion de présenter des voeux à ses proches. Gustave Flaubert écrit ainsi avec humour à la princesse Mathilde "J'ai coutume tous les ans, pendant la nuit de la Saint Sylvestre, de me recueillir comme les dévots qui font leur examen de conscience, et de résumer mon année comme les négociants font leur inventaire", mais il doute de la valeur des souhaits auprès de son amie Georges Sand. Celle-ci le convainc en deux phrases affectueuses "Non, ce n'est pas bête de s'embrasser au jour de l'an, au contraire, c'est bon et gentil. Je te remercie d'y avoir pensé et je t'embrasse sur tes beaux gros yeux". On ne saurait mieux dire.

Sources:

Paul Couderc Le calendrier. Que sais-je ? PUF

Jacqueline Lalouette. Jours de fête. Jours fériés et fêtes légales dans la France contemporaine. Editions Tallandier.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
À Saint-Étienne, le maire se barricade dans son conseil municipal
Pour le premier conseil municipal depuis le début de l’affaire du chantage à la sextape, le maire Gaël Perdriau a éludé les questions de l’opposition. Pendant que, devant l’hôtel de ville, des centaines de manifestants réclamaient sa démission.
par Antton Rouget
Journal — Budget
Le gouvernement veut trop vite tourner la page du « quoi qu’il en coûte »
Le prochain budget marquera la fin des mesures d’urgence pour l’économie et le système de santé qui dataient de la crise du Covid-19. Le clap de fin du « quoi qu’il en coûte » en somme, dont le gouvernement ne veut plus entendre parler pour résoudre la crise énergétique actuelle. Il pense qu’il pourra maîtriser les dépenses publiques sans pour autant risquer une récession. À tort. 
par Mathias Thépot
Journal — Europe
En Italie, l’abstention a fait le match
La victoire de la droite et de l’extrême droite en sièges cache une stabilité de son électorat. Le pays n’a pas tant viré à droite sur le plan électoral que dans une apathie et une dépolitisation dont le post-fascisme a su tirer profit.
par Romaric Godin et Donatien Huet
Journal — Gauche(s)
Julien Bayou démissionne, les écolos sidérés
Visé par une enquête interne de son parti pour « violences psychologiques », le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts et coprésident du groupe écologiste à l’Assemblée nationale a démissionné de ses fonctions. Il dénonce une « instrumentalisation des souffrances » à l’ère de #MeToo et à deux mois du congrès des écologistes.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean

La sélection du Club

Billet de blog
« Avoir 20 ans en Ukraine » : un témoignage plus nuancé
Dans son édition du 12 septembre 2022, l'équipe de « C dans l'air » (France 5) diffusait un reportage de 4 minutes intitulé : Avoir 20 ans à Kiev. Festif, le récit omettait que ces jeunes ukrainiens font face à des impératifs bien plus cruels. M'étant aussi rendu en Ukraine, j'écris à Maximal Productions un email ré-adapté dans le présent billet afin de rappeler une réalité moins télégénique.
par vjerome
Billet de blog
La gauche en France doit sortir de son silence sur la guerre en Ukraine
[Rediffusion] La majorité de la gauche en France condamne cette guerre d'agression de l'impérialisme russe, demande le retrait des troupes russes de l'Ukraine. Mais en même temps reste comme paralysée, aphone, abandonnant le terrain de la défense de l'Ukraine à Macron, à la bourgeoisie.
par Stefan Bekier
Billet de blog
Chéri, je crois qu’on nous a coupé le gaz !
Depuis quelques mois, la discrète Roumanie ravitaille le reste du monde. Le plus grand port de la mer noire s’érige au nom de Constanța. Les affaires battent leur plein. Les céréales sont acheminées dans des wagons sans fin. Aujourd'hui, comment vit-on dans un pays frontalier à l'Ukraine ? Récit de trois semaines d'observation en Roumanie sur fond de crise énergétique et écologique.
par jennifer aujame
Billet de blog
Ukraine : non à la guerre de Poutine
Face à la guerre, la gauche au sens large a pris des positions divergentes, divergences largement marquées par des considérations géopolitiques. Le mot d'ordre « non à la guerre de Poutine » permet d'articuler trois plans : la résistance des Ukrainiens contre l'agression russe, les mobilisations contre la guerre en Russie, la course aux armements.
par denis Paillard