Laïcité: comment débattre ? L'exemple de l'Ecole en 1882 et 2004

Ces dernières semaines, les débats autour de la laïcité sont devenus particulièrement médiocres. Ce n'a pas toujours été le cas. Jean-Paul Delahaye, Inspecteur Général de l’éducation nationale, Historien des politiques scolaires, nous propose ici une analyse des propos tenus au Parlement de la République en 1882 et en 2004: l’école au cœur de la question laïque.

Mars 1882-mars 2004, 122 ans séparent le vote de deux lois qui permettent aux représentants de la Nation de poser (de 1879 à 1882 pour la période Jules Ferry) et de compléter (2004) les bases de la mise en œuvre du principe de laïcité au sein de l’école de la République.

Nous proposons ici de mettre en perspective les deux débats parlementaires, en prenant évidemment en compte le fait que les contextes historiques et les objectifs visés sont différents : en 1882, il s’agit de laïciser les programmes et les locaux scolaires de l’enseignement primaire, la laïcisation des personnels intervenant en 1886 ; en 2004,  la loi interdit aux élèves de porter des signes religieux ostensibles dans les écoles et établissements publics. En 1882, la République sépare la religion, essentiellement la religion catholique à l’époque, de l’école ; en 2004, la République doit faire respecter cette séparation dans un nouveau contexte de pluralisme religieux.

Mais ce travail de comparaison nous a semblé utile dans la mesure où, dans les deux cas, c’est bien du même principe de laïcité qu’il s’agit. A 122 ans de distance, comment les représentants de la nation débattent-ils de ce sujet essentiel pour la République ?

 

La République, l’école et la laïcité

 

Le lien indissociable entre la République, l’école et la laïcité ne fait plus l’objet de clivage politique en 2004, cela apparaît nettement dans les propos tenus sur tous les bancs des assemblées. En revanche, cette question essentielle est l’occasion pour les parlementaires de l’opposition conservatrice de s’opposer avec vigueur à Jules Ferry et à la gauche républicaine dans la période 1879-1882. Les opposants proclament en effet le besoin de religion à l’école comme dans l’Etat, car « une démocratie sans religion est, pour ainsi parler, un corps sans âme. »[1] Mais cette difficulté d’imaginer une école sans Dieu n’est pas l’apanage des seuls députés conservateurs et/ou monarchistes de l’époque. Beaucoup de républicains font également état de leurs doutes ou de leur opposition. C’est probablement le républicain modéré Jules Simon qui exprime le mieux la résistance de ces parlementaires quand il dit « au fond, ce à quoi je tenais surtout, ce à quoi je tiens encore, c’est à ce que le nom de Dieu soit prononcé dans une loi d’enseignement, dans une loi qui a pour objet l’enseignement de tous les enfants de notre pays. »[2] Avec sa proposition d’introduction, « au nom de la République, et aussi au nom de la France » dans les programmes des écoles publiques « des devoirs envers Dieu et envers la Patrie »[3], Jules Simon tente une synthèse, pour éviter ce que le baron de Barante appelle « l’exclusion de Dieu. »[4] De plus, les opposants des années 1880 n’acceptent pas l’idée d’une laïcité pour tous les citoyens. Ils considèrent en effet qu’il y a d’un côté des laïques et des libres penseurs, et de l’autre des catholiques, des protestants... Quand le sénateur Jouin interpelle Jules Ferry en parlant ainsi de « votre école à vous » en opposition à « l’instruction qui nous convient », il range la laïcité au rang des opinions particulières, et ne la reconnaît pas comme une valeur fondatrice de la République. Quand le sénateur de droite de Gavardie considère que « l’instruction proprement dite et l’éducation surtout sont inférieures dans les écoles laïques »[5], et que le sénateur de gauche Corbon s’adresse à la droite avec un « vous autres catholiques »[6], on est évidemment très loin du «vivre ensemble », formule utilisée sur tous les bancs du parlement en 2004 pour défendre le principe de laïcité. Défendre, en effet, car la laïcité apparaît bien en 2004 comme un acquis fragile de la République.  La nécessité de réaffirmer, en 2004, le principe de laïcité est expliqué ainsi par le rapporteur du projet de loi à l’Assemblée nationale : « On croyait cette adhésion [au principe de laïcité] acquise parce qu’elle résulte d’un processus historique vieux de deux siècles. Or, elle doit être réaffirmée en réponse à la montée des revendications identitaires qui remettent en cause le modèle républicain. […] Le principe de laïcité doit être réaffirmé, et doit l’être par la loi. Il doit l’être par la loi, et en premier lieu à l’école, premier lieu de formation des futurs citoyens, lieu d’acquisition non seulement du savoir, mais également du ‘’vivre ensemble.’’ »[7] Par la voix de la députée Martine David, l’opposition de gauche de 2004 ne dit pas autre chose : « Nous avons cru que la laïcité était intouchable, qu’elle était un bien acquis et qu’elle continuerait à s’imposer d’elle-même. Hélas ! Coups de canifs après petites entorses, elle s’est fragilisée. »[8]

 

La laïcité pour permettre le « vivre ensemble »

 

En 2004, de nombreux parlementaires, de tous bords, ont utilisé la formule « vivre ensemble » pour définir la notion de laïcité. C’est la République qui est laïque et non un groupe de citoyens et la laïcité n’est pas une doctrine philosophique parmi d’autres. Elle ne s’oppose donc pas aux religions. En 1880, P.Bert, le rapporteur de la loi sur l’obligation et la laïcité exprimait déjà cette idée : « C’est une chose fâcheuse que de diviser les enfants dès leur plus bas âge sur les bancs mêmes de l’école et de leur apprendre d’abord non pas qu’ils sont français mais qu’ils sont catholiques, protestants ou juifs […] Notre projet de loi a pour but de ramener la paix, là où s’agitent aujourd’hui les querelles. »[9] En 1880-1882, les parlementaires de l’opposition font au contraire de l’enseignement laïque « un enseignement particulier, spécial, déterminé, comme l’instrument de coercition tenu en réserve pour imposer à l’enfant un enseignement d’Etat. »[10]

La question qui se pose immanquablement à partir de la question laïque, c’est en effet celle du partage des valeurs. Le Premier ministre le dit en 2004, la question qui se pose « est celle de la permanence de nos valeurs, c’est aussi celle de notre capacité à les faire partager à ceux qui nous ont rejoints plus récemment et qui sont aujourd’hui des Français à part entière. »[11] Pour le sénateur Hoeffel, il n’y a aucune raison « que les dernières religions qui ont émergé en France fassent exception à cette règle."[12]

 

La laïcité garantit la séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, de la sphère publique et de la sphère privée

 

Le principe de séparation qui vise à faire en sorte que l’école ne soit plus la « servante de l’Eglise »[13] suscite beaucoup d’opposition de la part de l’opposition en 1882 qui apostrophe la majorité républicaine, à l’image du député Keller qui proteste : « Vous avez chassé Dieu de l’école. »[14] Les parlementaires de l’opposition n’acceptent pas la sécularisation de l’école et la considèrent même comme une politique contraire aux intérêts de la République. Jules Ferry fait alors preuve de beaucoup de fermeté : « L’école dans laquelle l’instruction religieuse n’est pas séparée de l’instruction laïque, c’est forcément l’école dans laquelle les doctrines religieuses tiennent la première place, on pourrait dire toute la place. »[15] 

En 2004, le principe de séparation est un pilier de la République. Beaucoup de parlementaires le disent avec force, tels A. Juppé « Ce n’est pas Dieu qui est à l’origine du pouvoir politique »[16] ou L. Fabius: « Dans notre République laïque, la foi doit être scrupuleusement respectée, mais la foi ne saurait être supérieure à la loi. »[17]Néanmoins, quelques nuances s’expriment parfois. Ainsi, par exemple, dès lors  que certains élus proposent d’étendre la loi aux signes politiques et philosophiques, on entend Marie-George Buffet affirmer certes que « L’autorité publique procède de la souveraineté du peuple et ne peut être soumise à aucune forme de tutelle extérieure », mais ajouter tout aussitôt : « Pensez-vous que l’on puisse créer une séparation factice entre sphères publique et privée, s’agissant des convictions et de l’identité de chacun, sans mettre en danger la liberté d’expression ? »[18] Ce qui rejoint assez curieusement les préoccupations exprimées par Mgr Freppel en 1880 : « L’enfant ne se dédouble pas […] Chrétien dans sa famille, chrétien à l’église, il doit l’être également à l’école ; par conséquent, vous devez l’y traiter comme tel ! »[19] Signe également que la séparation ne va pas toujours de soi en 2004, les autorités religieuses sont parfois appelées à la rescousse par les opposants à la loi. Ainsi, F. Bayrou, qui parle de la loi comme d’un « gâchis sur le plan international » explique que ce texte « est incompris et perçu comme une régression : dans le monde arabe et le monde musulman. C’est vrai également dans le monde anglo-saxon. C’est vrai en Europe, dans les démocraties marquées par l’héritage réformé. C’est vrai de bien des religions jusqu’au pape qui s’est ému. »[20]

 

La laïcité garantit la liberté de conscience

 

Paul Bert, le rapporteur du projet de loi sur l’obligation et la laïcité, le dit d’emblée au début du débat parlementaire en décembre 1880, il s’agit de poser le « principe que l’école devra être ce qu’on appelle en France laïque, en Hollande neutre et dans les pays anglo-américains unsectarian. » Il ajoute : « Vous voterez la laïcité ; nous vous le demandons au nom de la liberté de conscience et de la dignité de l’instituteur, au nom de la liberté de conscience du père de famille, au nom de la liberté de conscience de l’enfant. »[21]

Ce qui agite beaucoup les parlementaires de l’opposition en 1882, c’est qu’ils estiment que la loi sur la laïcité conduira à une école sans Dieu « et fatalement contre Dieu. »[22]  Ils avancent aussi que la loi  ne concerne qu’une minorité de citoyens (les quelques dizaines de milliers de français qui se sont déclarés sans religion lors du recensement de 1872) et regrettent que, pour satisfaire une minorité de libres penseurs, les républicains n’hésitent pas à supprimer la liberté de tous les autres. C’est, en substance, ce que dit Jouin au Sénat en 1881 : « Sous prétexte de ne pas gêner la liberté de conscience d’un seul […] vous ne craignez pas de paralyser ou plutôt de supprimer ma liberté de tous les autres. »[23] Ce à quoi Jules Ferry répond quelques jours plus tard : « Messieurs, les questions de liberté de conscience ne sont pas des questions de quantité, ce sont des questions de principe. »[24] 

En 2004, le député Jung reprend en écho cet argument d’une loi faite pour une minorité : «Vous faites une loi pour quelques dizaines de jeunes filles voilées à l’école ! »[25] A ceux qui estiment que la loi sur les signes ostensibles est une atteinte à la liberté de conscience, le sénateur R. Badinter répond : « D’atteinte à la liberté de conscience de quiconque, on ne saurait raisonnablement parler puisque tout ce que ce projet de loi requiert des jeunes adolescents, quelle que soit leur confession, c’est qu’ils retirent tout signe ostensible […] qui marquerait leur appartenance confessionnelle dans le cadre de l’école publique et de l’école publique seulement. […] Après tout, quand des athées entrent dans une église, ils enlèvent leur chapeau, ceux qui relèvent d’une autre confession aussi…J’ai vu souvent des catholiques ou des agnostiques se coiffer au contraire d’un chapeau quand ils pénètrent dans une synagogue. Nous tous, nous enlevons nos souliers quand nous pénétrons dans une mosquée. Ce n’est pas un acte d’abjuration de ses propres convictions, c’est simplement une marque de déférence et de respect à l’égard des valeurs qui animent le lieu dans lequel on pénètre. »[26]

 

La laïcité garantit la neutralité de l’école

 

En 1882, la droite parlementaire ne croit pas un instant à la possibilité d’une neutralité de l’école et des maîtres, « obligés de se taire sur Dieu »[27] pour le sénateur De Broglie, et ainsi placés « sur une pente bien dangereuse »[28] pour le député Bourgeois. Pour de Fortou, « L’école neutre est impossible. C’est qu’en effet, il est impossible dans une société chrétienne de ne pas rencontrer le christianisme partout devant soi. Il est partout sur notre chemin. […]Le principe de neutralité religieuse de l’école […] ne sera que l’effacement calculé et la négation systématique des vérités éternelles qui sont la base de toute morale. »[29]

En 2004, les parlementaires considèrent que ce principe de neutralité religieuse de l’école est remis en cause. Pour le député C. Brunel « …notre école est menacée. Il faut défendre sa neutralité, d’autant que, dans certains quartiers, elle est la seule institution de la République encore présente et respectée, nous le savons. Depuis quelques années, des écarts dangereux sont observés. Il n’est pas normal que des enfants affichent leur religion à l’école. Il n’est pas normal que des salles de permanence soient prêtées aux jeunes musulmans pour qu’ils puissent faire leur prière pendant les heures de cours. Il n’est pas normal que certains enseignants de biologie, de sciences naturelles ou d’histoire soient obligés d’occulter certaines parties de leur programme.  L’école doit continuer à remplir sa mission d’éducation. Elle doit rester ce lieu où s’enseigne la tolérance, l’esprit de dialogue ou le respect des autres. »[30] La question de la neutralité se pose à l’égard des religions comme de la politique. En 2004, on y ajoute la neutralité à l’égard des pressions économiques, comme le fait le député communiste François Asensi qui estime que l’école n’est pas « à l’abri des intérêts particuliers. »[31]

 

La laïcité concerne-t-elle les élèves ?

 

La question peut paraître curieuse aujourd’hui car c’est la République qui est laïque et, donc, la laïcité concerne tous les citoyens. L’école qui a la mission de former ces citoyens prépare donc, par définition, ces derniers à la pratique de la laïcité. En 1882, le député Barodet n’a pas de doute : « […] Nous voulons assurer la liberté de conscience des parents, des instituteurs et des élèves. »[32]

Quelques parlementaires de 2004, de la majorité comme de l’opposition, n’en sont pas convaincus. Tels F. Bayrou, qui considère que « La circulaire de Jules Ferry définissait la laïcité des enseignants, pas celle des élèves, en leur imposant de la respecter au sein de leur classe. Jamais, il n’a été question d’influencer les élèves et de les faire opter pour la laïcité »[33] ou N. Mamère, qui estime de son côté que « [La laïcité] est une obligation qui concerne les locaux, les programmes scolaires, le personnel enseignant, mais non les élèves. Aux élèves, s’imposent des règles comme l’assiduité à tous les cours et le respect d’autrui, mais il n’est pas légitime de multiplier les exigences à l’encontre de jeunes qui viennent à l’école afin d’apprendre, de se former et de se construire. »[34] Mais, comme le fait remarquer avec un grand nombre de parlementaires, le député L. Luca, en faisant référence au voile islamique, « jusqu’alors, en effet, il n’avait jamais fait de doute que les élèves ne devaient pas venir à l’école, au collège et au lycée en habit qui témoigne de leur appartenance religieuse. Mais, ces derniers temps, même si les cas sont restés marginaux, la résonance médiatique qui leur a été donnée a fait que cela a pris une dimension telle qu’un véritable débat national s’est engagé. »[35]

 

Les religions s’opposent-elles aux valeurs de la République ?

 

Au temps de Jules Ferry, certains républicains comme Barodet font entendre un discours anticlérical et antireligieux: « L’enseignement congréganiste ne se recommande ni par l’intelligence, ni par la douceur, ni par le patriotisme, ni par l’honorabilité […] Je crois que nous devons accomplir résolument, en attendant mieux, la séparation de l’école et de l’église […] A ceux qui tous les jours attaquent nos institutions civiles et républicaines, à ceux qui osent rêver l’école et l’Etat dans l’Eglise, ayons donc le courage, une bonne fois pour toutes, de dire : chacun chez soi. »[36]

Avec Barodet, des députés comme Lockroy ou Maze ( pour qui la domination catholique « est l’oppression des âmes »[37]) n’ont pas de mots assez durs contre la religion catholique avec laquelle ils considèrent que la République est, c’est Lockroy qui va le plus loin ici, en guerre acharnée : « [L’Eglise] met ses lois en dehors et au-dessus des lois et, pour faire croire à son éternité, elle  feint d’ignorer que les religions meurent comme les empires et comme les hommes […] Il y a donc la guerre, et une guerre acharnée que nous retrouvons dans nos écoles comme nous la rencontrons partout dans la société elle-même. »  

En 2004, l’adversaire a changé de nature. Il s’agit de lutter contre des dérives intégristes d’origine religieuse. C’est ce qu’explique J-P. Brard : « « Oui, les dérives intégristes existent et sont un danger pour notre Etat républicain et laïque. On a trop parlé du voile ici. On a trop parlé de l’islam d’une façon unilatérale et souvent injuste. Il faut aussi penser aux mouvements fondamentalistes protestants qui sévissent aux Etats-Unis et qui commencent à essaimer en France, à des groupes charismatiques d’obédience catholique et aux intégristes de Saint-Nicolas du Chardonnet. Je pense également à certains groupes musulmans, notamment de mouvance salafiste, aux mouvements ultra orthodoxes tel le Kach du rabbin Kahane, pour ne dresser qu’un panaroma très sommaire car aucune croyance n’a le monopole de l’intégrisme. »[38]  Pour P. Lelouche, le problème est que « l’islam a fait irruption dans la société française. »[39] Il s’agit de répondre, pour R. Carayon « à une offensive politique de l’islam intégriste »[40] et, précise P. Mauroy, par des groupes « minoritaires mais très agissants"[41] mais non de l’ensemble de l’islam. La nuance est importante car dans l’ensemble les parlementaires considèrent, comme Martine Aurillac, que « l’islam de France est compatible avec la République. »[42] A condition toutefois, précise A. Périssol, que les religions ne remettent pas en cause « la loi commune. »[43]

En fait, les avis sur ce point sont plus partagés qu’on ne pourrait le penser. Beaucoup de parlementaires de 2004 s’accordent certes à reconnaître les dangers des dérives intégristes, notamment pour le respect de l’égalité entre les hommes et les femmes, tel le sénateur Y. Boyer « Je tiens à rappeler que toutes les évolutions concernant le droit des femmes se sont faites contre les religions et contre leurs préceptes. Je suis convaincue que seule la loi peut affirmer, selon la formule célèbre, que « les femmes sont des hommes comme les autres. »[44] Mais d’autres estiment au contraire qu’il n’existe « pas de péril généralisé lié aux communautés religieuses de notre pays »[45], que les religions jouent un rôle essentiel, un « rôle social »[46] pour le député Le Fur, voire même une fonction de « supplément d’âme »[47] pour le député Braouzec.

On le sait, la grande question qui oppose les républicains et l’opposition au temps de Jules Ferry est celle qui des fondements de la morale. Pour l’opposition, un enseignement de la morale qui ne serait appuyé sur aucune transcendance n’est tout simplement pas imaginable. A titre d’illustration de ce débat, citons Paul Bert qui déclare « il est vraiment difficile de soutenir aujourd’hui, et j’oserai presque dire qu’il n’est soutenu par personne, en dehors des représentants officiels des diverses religions, que la morale soit si intimement liée à la religion, que, la religion disparaissant, la morale doive disparaître à son tour »[48], et auquel répond en 1881, le Vicomte de Lorgeril : « Il n’y a point d’obéissance, de respect, de morale, sans l’idée d’un Dieu rémunérateur »[49]. En 2004, le communiste G. Hage a -t-il une attitude si différente quand il appelle Julien Green à la rescousse en le citant : « Nous vivons sur une planète dangereuse […]La religion est là pour l’aider à supporter sa condition. Si on supprime la religion, on jette l’humanité dans le désespoir » ou en utilisant Karl Marx pour enfoncer le clou : « La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur »[50] ?

D’autres pensent aussi que les religions sont d’autant plus compatibles avec la République qu’ils n’hésitent pas à fixer hardiment les origines de la laïcité, en tant que séparation de la sphère politique et de la sphère religieuse, aux débuts du christianisme et donnent pour preuve la parole du Christ : « Rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »[51]

 

 

La République laïque serait-elle intolérante à l’égard des religions ?

 

La séparation de l’Ecole et de l’Eglise serait-elle un acte d’intolérance ? On pourrait le penser à relire les déclarations enflammées de certains républicains antireligieux au temps de Jules Ferry. Tel Lockroy qui voudrait « chasser Dieu de l’école » et Corbon qui voudrait « qu’il fût interdit d’inoculer un système religieux à des enfants. »[52] Le conservateur Boyer y trouve matière à fustiger « la campagne anti-religieuse » des républicains et leur « laïcisme. »[53] Les républicains spiritualistes, comme de Lacretelle qui estime que « Dieu nous appartient aussi, il appartient à la République »[54] sont relativement isolés. Le ministre J. Ferry, quant à lui, tient à faire la distinction entre la « lutte anticléricale », qu’il assume, et « la lutte antireligieuse »[55] qu’il repousse avec beaucoup d’énergie.

En 2004, certains parlementaires, peu nombreux, ne sont pas loin de penser que la loi en discussion porte encore des traces d’anticléricalisme antireligieux. Citons N. Mamère : « [La République] prétend légiférer pour s’imposer de manière brutale à une partie de ses enfants. […] La présente loi ne vise donc pas à laïciser les institutions, mais à exclure les individus, en les privant du droit à l’éducation. Cette loi ne se rattache pas à la laïcité, mais à la tradition de l’anticléricalisme qui s’en prend à la deuxième religion de France. »[56]  ou P.Braouzec : «  [ Cette loi ] est potentiellement totalitaire. »[57]

Mais d’autres, avec le sénateur J-Y Autexier, estiment que « Ce que la république demande à la religion musulmane, c’est ce qu’elle a demandé à toutes les autres pour fonder l’espace public commun de débat. Rien de ce qu’elle demande à l’islam qui n’ait été demandé aux religions qui l’ont précédé sur notre sol. Les règles qu’elle fixe, ce sont des règles de bonne intelligence, pour vivre ensemble de manière harmonieuse, respectueuse et apaisée. »[58]

On constate par ailleurs que les deux ministres en exercice sont en opposition radicale quant à l’apport des religions à l’émergence des valeurs républicaines. Jules Ferry dénie aux religions tout rôle en la matière tout en se défendant de mener un combat antireligieux comme il en est accusé par l’opposition : « Qui est-ce qui a conquis l’indépendance de la pensée humaine et de la science humaine ? Qui ? Sont-ce des pouvoirs religieux, des forces religieuses ? Non, ce sont des forces laïques et des pouvoirs laïques ! »[59] En 2004, le successeur  de Jules Ferry affirme de son côté que les religions ont participé à « la construction de notre espace républicain. »[60]

La question de l’enseignement du fait religieux fait partie des mesures permettant de montrer que la République n’est pas hostile aux religions. Déjà, en 1880, l’intervention de Jules Maigne, républicain spiritualiste, permettait déjà d’en dresser les contours : « L’enseignement obligatoire des vérités proclamées […] compromettrait le caractère essentiel de cette loi, c’est-à-dire la neutralité du Gouvernement dans l’enseignement, la liberté complète de conscience. […] Je crois qu’il y a un moyen très simple d’éviter cette difficulté, […] de faire en sorte que l’instituteur puisse tenir un rôle complètement neutre entre les différentes doctrines que je viens d’indiquer : c’est de considérer les choses de manière purement objectives, c’est d’en parler en se maintenant dans des conditions de neutralité qui sont ou seront, pour l’instituteur, des conditions de loyauté et d’honnêteté. »[61] A la suite de nombreux parlementaires, de toutes origines politiques, le ministre Luc Ferry le confirme en 2004 : « il faudra développer dans nos programmes scolaires l’enseignement du fait religieux. »[62]

 

La loi ne provoquera-t-elle pas des troubles, de l’agitation ?

 

En 1882 comme en 2004, des parlementaires mettent en avant le même risque auquel s’expose la République en posant ou en précisant le principe de laïcité. Mgr Freppel va jusqu’à parler de loi de malheur : « Autour de cette question de la laïcité, si imprudemment soulevée, il se fera dans les esprits une agitation dont vous ne pouvez pas calculer les conséquences. […] Epargnez-vous ce reproche que l’histoire ne manquerait pas de vous faire d’avoir […] troublé votre pays par une loi de malheur. »[63] Ne sont pas si éloignées de cette position les inquiétudes contemporaines de J-M Nesme : « Ne peut-on craindre qu’un  certain intégrisme laïque ou un fondamentalisme islamique se développe, demandant à l’avenir une loi pour détruire les calvaires, une pour retirer le mot « saint » du nom de milliers de communes de France ? »[64] et de J. Chérioux qui craint que « que les intégrismes ne mettent à profit l’interdiction de signes et de tenues ostensiblement religieux pour multiplier les provocations et apparaître comme les victimes de leurs convictions religieuses. »[65]

Le rapporteur de la loi à l’Assemblée nationale exprime bien la position de la majorité des parlementaires de 2004 : « On ne peut prétendre que proclamer notre attachement aux valeurs républicaines serait source de conflits : c’est tout le contraire. C’est précisément le jour où nous n’oserons plus dire ce qu’elles représentent que la République sera malade. »[66]

Mais, à plus d’un siècle de distance, la réponse de Jules Ferry n’a rien perdu de sa force et de son actualité « « Lorsqu’on veut chercher à assurer la paix entre deux puissances rivales, l’Etat et l’Eglise, la constitution laïque de la société et le pouvoir ecclésiastique ; lorsqu’on veut que ces deux puissances morales vivent en paix, la première condition, c’est de leur prescrire de bonnes frontières. Ce n’est pas dans la confusion des attributions, dans le mélange des idées qui ne peuvent conduire qu’à la discorde, à un état social troublé et mauvais ; c’est dans la nette, claire et définitive séparation des attributions et des compétences qu’est le salut et qu’est  l’avenir. […] Délimitez les frontières et vous ferez la paix… »[67]

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La République, la religion et le complot

 

Le thème du complot contre la République, ou du complot contre la religion, selon le point de vue que l’on prend, est surtout présent dans les années 1880 et beaucoup moins en 2004.

  Le complot religieux

 

Pour les républicains du début de la Troisième République, il ne fait pas de doute que « l’internationale noire » manœuvre en sous-main contre la République et que les jésuites sont les organisateurs du complot religieux contre le gouvernement républicain. Lockroy se demande ainsi « si des hommes […] qui ont une patrie céleste qu’ils préfèrent à leur patrie terrestre et qui, liés qu’ils sont par tant de liens puissants à l’église, obéissent à un chef étranger […] sont bien faits pour élever des enfants qui sont faits […] pour devenir les citoyens d’une grande République. »[68]

En 2004, les parlementaires ne parlent plus vraiment de suspicion de complot religieux contre la République, même si les « les influences occultes extérieures »[69] évoquées par R. Couanau s’en rapprochent et font d’une certaine façon écho à Lockroy.

 

La République et la religion victimes du complot maçonnique ?

 

Pour la droite conservatrice et monarchiste du temps de Jules Ferry, il est avéré que l’Eglise est la victime d’un complot maçonnique[70] fomenté par les loges et relayé par le gouvernement pour chasser Dieu de l’école. Cette accusation répond à l’accusation républicaine de complot de l’Eglise contre la République. Au temps de Jules Ferry, c’est en quelque sorte complot contre complot. Chaque camp a sans doute fini par y croire.

Pour les opposants à la loi sur la laïcité, il ne fait pas de doute que les députés républicains agissent au nom des loges et du Grand Orient de France qu’ils représentent à la Chambre. Le 17 décembre 1880, par exemple, quand Lockroy conclut son intervention en disant qu’il faut « empêcher d’enseigner les Frères de la doctrine chrétienne », de la Bassetière lui répond « pour les remplacer par des Francs-Maçons ! »[71] De même, après l’intervention de Villers qui se prononce pour « l’union de l’instituteur et du prêtre » et qui soutient « les populations qui protestent contre les entreprises tyranniques ourdies au ministère de l’Instruction publique », le député de la Bassetière ajoute « et dans les loges ! »[72] Le député Keller pense qu’il y a un plan maçonnique pour détruire les croyances religieuses et il le décrit longuement à la tribune, le 20 décembre 1880 : « Je l’ai déjà dit à cette tribune et je ne crains pas de le répéter, il y a un plan organisé pour détruire les croyances religieuses dans l’esprit des enfants, c’est un plan maçonnique. »[73]

Si les francs-maçons sont cités dans les débats contemporains, cela suscite davantage d’amusement que de crainte chez les parlementaires. En 2004, les références à la franc-maçonnerie sont en effet plus anecdotiques et ne témoignent pas d’une inquiétude particulière des parlementaires. Sauf chez le député D. Garrigue qui propose, « par l’amendement n° 4, que cette loi proscrive aussi les signes maçonniques. […] Mais, de même que, dans telle ou telle religion, certains témoignent d’une attitude expansionniste ou prosélyte, de même, dans les milieux maçonniques, certains font preuve d’un véritable laïcisme, voire d’un intégrisme en matière de laïcité. »[74] Signalons également le sénateur M-C Blandin qui stigmatise « des enseignants excédés, démunis, des francs-maçons jaloux du sens qu’ils donnent à la laïcité, des élus soucieux de la République ont fait converger leur malaise et leur ambition pour l’école pour promouvoir un texte de loi. »[75]  Le député C. Bataille répond de façon humoristique à son collègue Garrigue en ponctuant d’ailleurs son intervention d’un sonore « j’ai dit », formule qui est habituellement utilisée dans les loges pour terminer une intervention : « « Je suis rassuré par l’avis [ négatif ] qu’a émis la commission sur l’amendement n° 4, car l’adoption de celui-ci aurait des conséquences pratiques dans les établissements scolaires. En effet, si l’on suivait notre collègue Garrigue, les travaux manuels qui supposent la manipulation de certains outils, tels l’équerre, le compas, voire la pierre brute, seraient impossibles, tout comme l’enseignement de la géométrie, dont les instruments de base sont l’équerre et le compas ? Il me paraît donc tout à fait sage de ne pas retenir cet amendement. J’ai dit ! »

 

 

Conclusion

 

La relecture de ces débats parlementaires permet de mettre en valeur la très grande qualité de la réflexion produite à deux moments essentiels de l’histoire de la laïcité. Mais la différence de ton entre 1882 et 2004 est frappante.

En 1882, la laïcité est à inscrire dans les institutions et suscite des oppositions très vives. Pour beaucoup de parlementaires, y compris des républicains du centre gauche, la laïcisation des programmes et des locaux ne va pas de soi en 1882. Mais la République va de l’avant et croit à un avenir meilleur.

En 2004, le principe de laïcité ne fait plus débat au Parlement. Le nombre extrêmement réduit d’amendements le montre. Mais la République est sur la défensive car la laïcité est attaquée, cela ne fait pas de doute sur tous les bancs des deux assemblées. « Notre société va mal »[76] peut affirmer le député Daniel Paul sans être démenti par ses collègues, la « République a mal à ses valeurs : la liberté, l’égalité, la laïcité »[77] poursuit F. Dutoit qui pense que « la France marche sur la tête. » Les parlementaires d’aujourd’hui sont souvent nostalgiques et semblent penser que le projet républicain est derrière nous. On parle de « réarmement moral. »[78]On évoque « l’école républicaine de la grande époque »[79] ou du la « réhabilitation du modèle républicain et laïque d’intégration. »[80] R. Couanau estime que « nous ne sommes pas en présence d’une crise passagère, limitée ou circonscrite. »[81] La question, au fond que tous se posent est résumée par un sénateur : « Un vaste projet doit être engagé pour redéfinir les valeurs de la République. Que veulent dire et, surtout, comment garantir au quotidien et partout sur notre territoire la liberté, l’égalité et la fraternité, mais aussi des déclinaisons plus courantes telles que l’égalité des chances, le droit au travail, le respect, la tolérance, ou encore l’emploi, l’habitat et l’élitisme républicain  »[82].

 

 


[1] Oscar de la Vallée, Sénat, 2 juillet 1881.

[2] J. Simon, Sénat, 12 mars 1881.

[3] J. Simon, Sénat, 12 mars 1882.

[4] M. le baron de Barante, Sénat, 5 juillet 1881.

[5] M. de Gavardie, Sénat, 12 mars 1882.

[6] M. Corbon, Sénat, 12 mars 1881.

[7] Pascal Clément, président de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, rapporteur du projet de loi, assemblée nationale, séance du 3 février 2004.

[8] Marine David, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[9] P. Bert, rapporteur de la loi sur l’obligation et la laïcité, JO du 5-12-1880.

[10] De Fortou, Sénat, 3-06-1881.

[11] Jean-Pierre Raffarin, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004.

[12] D. Hoeffel, Sénat, séance du 2-03-2004.

[13] P. Bert, rapporteur de la loi, Chambre des députés, 5 décembre 1880.

[14] M. Keller, Chambre des députés, J.O. du 25-12-1880.

[15] J. Ferry, président du conseil, ministre de l’instruction publique, Chambre des députés, JO du 24-12-1880.

[16] Alain Juppé, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004. Alain Juppé, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[17] L. Fabius, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[18] M-G. Buffet, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004

[19] Mgr Freppel, Chambre des députés, JO du 22-12-1880.

[20] Assemblée nationale, séance du 3-02-2005.

[21] Paul Bert, Chambre des députés, JO du 5 décembre 1880.

[22] M. de La Bassetière, Chambre des députés, JO du 5 décembre 1880.

[23]M. Join, Sénat, JO du 5-06-1881.

[24]J. Ferry, Sénat, JO du 11 juin 1881.

[25] A. Jung, Assemblée nationale, séance du 5-02-2004.

[26] R. Badinter, Sénat, séance du 2-03-2004.

[27] De Broglie, Sénat, JO du 11 juin 1881.

[28] M. Bourgeois, Chambre des députés, JO du 24-12-1880.

[29] De Fourtou, Sénat, JO du 3 juin 1881.

[30] C. Brunel, Assemblée nationale, séance du 5-02-2005.

[31] F. Asensi, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004.

[32] D. Barodet, Chambre des députés,  JO du 24-12-1880.

[33] F. Bayrou, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004.

[34] N. Mamère, Assemblée nationale, séance du 5-02-2004.

[35] D. Luca, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004.

[36] D. Barodet, Chambre des députés, JO du 24-12-1880.

[37] H. Maze, Chambre des députés, JO du 15-12-1880.

[38] J-P. Brard, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004.

[39] P. Lellouche, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[40] R. Carayon, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[41] P. Mauroy, Sénat, séance du 2-03-2004.

[42] Martine Aurillac, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[43] A. Périssol, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[44] Y. Boyer, Sénat, séance du 2-03-2004.

[45] J. Rivière, Assemblée nationale, séance du 5-02-2004

[46] M. Le Fur, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004.

[47] P. Braouzec, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[48] P. Bert, Chambre des députés, JO du 5 décembre 1880.

[49] Vicomte de Lorgeril, Sénat, JO du 3 juin 1881.

[50] G. Hage, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[51] A. Juppé, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[52] M. Corbon, Sénat, 12 mars 1882.

[53] F. Boyer, Chambre des députés, JO du 21-12-1880.

[54] H. de Lacretelle, Chambre des députés, JO du 22-12-1880.

[55] Jules Ferry, Sénat, JO du 11 juin 1881.

[56] N. Mamère, Assemblée nationale, séance du 5-02-2004.

[57] P. Braouzec, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

 

[58] J-Y. Autexier, Sénat, séance du 3-03-2004.

[59] J. Ferry, président du conseil, Chambre des députés, JO du 24-12-1880.

[60] L. Ferry, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[61] Jules Maigne, Chambre des députés, JO du 22-12-1880.

[62] L. Ferry, Assemblés nationale, séance du 4-02-2004.

[63] Mgr Freppel, Chambre des députés, JO du 22-12-1880.

[64] J-M. Nesme, Assemblée nationale, séance du 5-02-2004.

[65] J. Chérioux, Sénat, séance du 2-03-2004.

 

[66] P. Clément, Rapporteur de la loi, Assemblée nationale, séance du 3-02-2004.

[67] Jules Ferry, Sénat, JO du 11 juin 1881.

[68] E. Lockroy, Chambre des députés, JO du 18-12-1880.

[69] R. Couanau, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[70] Nous avons montre que cette accusation relève du mythe dans notre thèse Les francs-maçons et l’instruction publique de 1861 à 1882, Université Paris 5, 2003.

[71] Journal Officiel, 18 décembre 1880.

[72] Journal Officiel, 15 décembre 1880.

[73] M. Keller, Chambre des députés, JO du 20 décembre 1880.

[74] D. Garrigue, Assemblée nationale, séance du 5-02-2004.

[75] M-C. Blandin, Sénat, séance du 2-03-2004.

[76] D. Paul, séance du 3-02-2004.

[77] F. Dutoit, A.N, séance du 3-02-2004.

[78] Mariani, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[79] G. Bapt, A.N., séance du 3-02-2004.T.

[80] Martine David, A.N., séance du 4-02-2004.

[81] R. Couanau, Assemblée nationale, séance du 4-02-2004.

[82] M.Thiollière, Sénat, séance du 2-03-2004.

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