L’Observatoire de la liberté de création, créé par la Ligue des droits de l’Homme, soutient le Théâtre du Rond-Point qui fait son travail de théâtre en diffusant la pièce Golgota Picnic de Rodrigo Garcia du 8 au 17 décembre.
Comme toutes les oeuvres d’art, la pièce de Rodrigo Garcia s’inscrit dans la réalité, mais elle en propose une représentation fictionnelle. L'artiste est libre de déranger, de choquer, de provoquer, voire de faire scandale. Le délit de blasphème n’existe pas en France. Chacun est libre de représenter et de critiquer les religions. À ceux qui souhaiteraient le voir restaurer, nous opposons qu’il est essentiel pour une démocratie de protéger la liberté de l'artiste contre l'arbitraire de tous les pouvoirs, politiques ou religieux. Le libre accès aux oeuvres, au sens de l’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, est un droit fondamental pour le public qui doit pouvoir librement voir, juger, et critiquer les oeuvres qui appellent la discussion. Une oeuvre est toujours susceptible d'interprétations diverses, et nul ne peut, au nom d'une seule, prétendre intervenir sur le contenu de l’oeuvre, en demander l’interdiction ou tenter d’empêcher le public d’y accéder,
comme le font des catholiques encouragés par la Conférence des évêques. Les personnes qui perturbent le spectacle ou empêchent les spectateurs d’y accéder violent les droits fondamentaux du public et du théâtre, et commettent une atteinte à la liberté de création.
Le débat sur les oeuvres est légitime. Il est même le symbole de la démocratie quand il fait s’affronter des points de vue divergents qui ne sont pas toujours conciliables. Chaque avis est respectable. Mais pour débattre des oeuvres, encore faut-il qu’elles soient visibles, et encore
faut-il, faute de sombrer dans l’obscurantisme, avoir vu ce dont on parle. L’Observatoire de la liberté de création, fondé en 2002 par la Ligue des droits de l’Homme, et rejoint par de nombreuses organisations défendant la liberté de création, s’inquiète de la montée des intégrismes, et entend fermement s’y opposer.