Homme augmenté, Homme simplifié Colloque de l'Union Rationaliste 2 décembre

L'Union Rationaliste invite à une réflexion collective sur les enjeux politiques, moraux et sociaux du transhumanisme. Colloque le samedi 2 décembre à l'Ecole Normale Supérieure à Paris.

Accueil à partir de 9 h, ouverture à 9h30.

Programme :

Homme augmenté, homme simplifié ?

Intervenants :
- Jean-Michel Besnier, Philosophe, Responsable du numéro de Raison Présente : Augmenter l'homme, pour quoi faire ? Sur le Post humanisme et la temporalité.
- Marc Roux, Historien. Président de l'association française du transhumanisme. Sur les idéaux d'égalité dans un autre transhumanisme.
- Ariel Kyrou, Rédacteur en chef du site Culture mobile, sur le numérique et le transhumanisme.
- David Doat, Directeur de l’observatoire prospectif de recherche sur le transhumanisme au sein de l’Université Catholique de Lille. Thème à préciser
- Christophe Habas, Chef du service de neuro-imagerie et de radiologie à l’hôpital des 15-20 à Paris. Naturalisation de la conscience et transhumanisme.
- Enki Bilal, Peintre et dessinateur. Son œuvre intègre depuis de très nombreuses années une réflexion sur le transhumanisme et l'hybridation. Il commentera quelques- unes de ses œuvres .


Présentation :

Augmenter l'homme, pour quoi faire ?

Quand on parle de posthumanisme, de transhumanisme ou d'homme augmenté, le grand public ne sait pas bien encore ce dont il est question. S'agit-il d'un homme refait, transformé, réparé ? L'homme dont il est question est-il encore un humain, un inhumain, un transhumain, un " mutant connecté", un cyborg ? Jean-Michel Besnier, dans L’homme simplifié ironise avec sagacité sur l'expression « l'homme augmenté » qui s'avère être le plus souvent un homme simplifié, davantage capable d'une attitude mécanique ou robotisée que de répondre à des situations complexes.
Mais derrière ces questions de mots - toujours importantes-, il y a des réalités technologiques nouvelles sur lesquelles il s'agit de réfléchir aussi bien que de mesurer leurs effets.
Il est aujourd’hui devenu possible de remplacer des matériaux humains par des matériaux artificiels, non par de simples techniques de renforcement qui étendent nos performances corporelles directement ou indirectement (marteau, lunettes, microscope, téléphone), non par des techniques de facilitation qui déchargent nos organes et économisent des efforts (comme la brouette, la poulie, la voile, la bicyclette), non par des techniques de remplacement [1] qui nous permettent de réaliser ce que nos organismes ne peuvent faire (le scaphandre de plongée, le chalumeau, le scanner) mais par des biotechnologies qui engendrent une "nature artificielle" et un homme aux capacités élargies. Dans ce monde « prothétique », comme le nomme Peter Sloterdjik [2], il est possible de substituer à des organes imparfaits des machines plus performantes : des prothèses réparatrices mais aussi des prothèses expansives qui augmentent nos capacités (on peut penser aux jambes-lames d'Oscar Pistorius). Grâce aux biomatériaux mécaniques ou électroniques, aux organes transplantés naturels ou artificiels (le cœur, le foie), on peut augmenter ou réparer nos organes, nos moyens de locomotion, notre rythmique, on peut mettre en place des stimulateurs cardiaques ou nerveux, les pacers de toutes sortes, et on peut aussi, par le biais des anesthésiques, des psychotropes ou autres, influer sur notre programmation mentale. Il est aussi possible aujourd'hui non seulement de réparer l'homme, de l'augmenter mais de le transformer, c'est tout l'enjeu des modifications génomiques permises par la technique CRISPR/Cas9 pour modifier génétiquement des embryons humains ouvrant la voie à un eugénisme actif.

[1] Ces distinctions appartiennent à l’anthropologue et sociologue allemand Arnold Gehlen (1904-1976), in L'homme à l'âge de la technologie, 1957, non traduit.
[2] Philosophe allemand, in L'heure du crime et le temps de l’œuvre d'art, trad. Olivier Mannoni, Calmann-Lévy, 2000.


Nous vivons donc dans un temps où la technique peut beaucoup mais où l'éthique, la philosophie, la rationalité semblent en retard ou en retrait vis-à-vis de ces nouveautés. Comprendre ce qu'il est possible de faire sur l'homme, se demander pour quoi augmenter l'homme, quels sont les enjeux politiques, sociaux, moraux du post ou trans-humanisme sera l'objet de ce colloque .

Lieu du colloque :
ENS Salle de conférence IV Batiment de Physique, 24 rue Lhomond 75005 PARIS Entrée libre 
Site de l'Union Rationaliste http://www.union-rationaliste.org/

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