Amendement Carle: encore une atteinte à la laïcité

Un amendement au projet de budget 2011, attribuant 4 millions d'euros à l'enseignement privé sous contrat, a été voté cette semaine par le Sénat.

 

Et ce, malgré l'avis défavorable du gouvernement et de la commission des finances.

C'est un vote inacceptable. Alors que l'Education nationale prévoit des coupes budgétaires sans précédent, ce vote va permettre le rétablissement de 250 postes supplémentaires à l'enseignement privé sous contrat.

Cet amendement a été proposé par le sénateur UMP Jean-Claude Carle, qui a jugé « disproportionné » l'effort demandé cette année au privé. De qui se moque-t-on ? Sur les 16 000 postes supprimés en 2011, 1 633 seulement concernent le privé. Or, selon la règle, revendiquée par l'enseignement catholique lui-même et concédée en 1985, 20% des moyens de l'Education nationale lui sont attribués. Si l'on acceptait cette logique, plus de 3 400 postes devraient lui être retirés.

Jean-Claude Carle s'est déjà illustré par une loi créant de nouvelles dépenses supportées par les communes en faveur de l'enseignement privé. Cette loi a introduit pour la première fois la notion de « parité », parité censée être établie entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat. Une notion contraire à différence de nature, de missions et d'obligations entre l'enseignement public et les établissements d'enseignement privés.

Nous n'acceptons pas une nouvelle atteinte à nos principes et demandons à la commission mixte paritaire de ne pas valider le vote du Sénat. Nous ne souhaitons pas ranimer la guerre scolaire mais nous restons profondément attachés à la primauté du service public et à la laïcité de la République. Notre mobilisation générale autour de la journée anniversaire de la loi 1905, le 9 décembre, sera aussi l'occasion de contester la loi comme l'amendement Carle.

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