Débat Ligue de l'enseignement / UFAL Pour solde tout compte

Nous ne nous sommes certes pas tout dit, des désaccords persistent, mais la Ligue veut aller au-delà, convaincue de l’indispensable union des laïques qui se retrouvent dans la volonté libérale de la loi de 1905.

L’appel de Jean-Paul Delahaye, vice-président de la Ligue de l’Enseignement, à « s’unir pour défendre et promouvoir la laïcité » publié sur le site de Solidarité Laïque a été suivi d’un échange vigoureux et respectueux entre la Ligue de l’enseignement et l’UFAL.

Comment faire pour aller plus loin ? Que nous faut-il éviter ? Que nous faut-il rechercher ? La Ligue suggère un cadre commun de référence pour faire de la laïcité un principe actif et non un refuge défensif. Il s’agit déjà pour nous de se défier de trois travers :

Un travers vintage. C’est humain, nous avons toutes et tous une certaine nostalgie du passé, de ce qui a été comme de ce qui aurait pu être. Trente ans, c’est une génération. Tous, nous avons agi. Et nous sommes devant les résultats de nos actes et leurs effets éventuels sur l’état de la société et du mouvement laïque. Les remords comme les regrets sont inutiles. L’oubli serait une erreur. Le livre de Jean-Paul Martin « La Ligue de l’enseignement. Une histoire politique 1866-2016 » est une ressource rigoureuse si nous souhaitons y revenir. Ce qu’il faut, c’est « se souvenir de l’avenir » pour reprendre le mot d’ordre de nos 150 ans lors du congrès de Strasbourg. 

Un travers borgne. La Ligue l’a reconnu: l’UFAL ne s’est pas laissée entraîner lorsque des militants égarés ont versé dans un nationalisme fermé. Mais l’instrumentalisation peut être plus subtile. Elle peut résulter de manœuvres comme de l’air du temps. Et celui-ci n’est pas favorable à la démocratie et aux libertés. Lorsque le monde politico-médiatique ne considère que le monde musulman, massivement paisible, en focalisant sur les -très réels- mouvements criminels qui le parcourent, ne faut-il pas s’interroger sur les autres conflits existants, nombreux (politiques, culturels, économiques…) et considérer aussi les autres intégrismes et  toutes les menaces contemporaines sur la liberté de conscience ?

Un travers épiscopal. Personne n’est à l’abri de l’erreur. A un ami qui se trompe, il faut savoir le dire. L’UFAL nous le dit. Et nous le disons à l’UFAL: attention à ne pas tomber dans un mode d’intervention qui consisterait à donner, tel un évêque, ex cathedra,  les clés du bien et du mal, de l’erreur et de la vérité. Et à ne pas s’interroger sur ses propres positions, ses alliances, ses stratégies qui seraient toujours incontestables… En ce sens notre débat va  dans le bon sens.

Alors pour la laïcité, avançons hardiment, et concrètement. Assurons la promotion de la laïcité.  Certes, défendons-la lorsqu’elle est menacée, mais surtout rendons-la désirable notamment auprès des plus jeunes. La Ligue continuera à faire vivre la laïcité à travers ses actions et ses choix éducatifs,  seule, au sein du Cnal, au sein des collectifs départementaux qu’elle initie souvent avec les autres mouvements qui le souhaitent.

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