Entretien avec Jean-Marc Schiappa, président de l'IRELP

L'IRELP: Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée

Qui êtes-vous, Jean-Marc Schiappa ?

Voila le genre de questions auxquelles il n’est pas aisé de répondre. Parler de soi est, toujours,  périlleux. Je suis le Président de l’IRELP (Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée) depuis quasiment le début de ce siècle. Libre-penseur depuis la fin des années 80 du siècle précédent. Je suis militant depuis que je pense avoir eu l’âge de comprendre que les problèmes de l’humanité étaient d’abord des problèmes sociaux et politiques et je l’ai été partout où j’ai été, depuis mon adolescence première. Je suis historien et, à ce titre, l’auteur de quelques ouvrages sur la laïcité, la Libre Pensée, la Révolution française et plus particulièrement Babeuf et la Conjuration des Egaux. Contrairement à ce qu’écrit la notice imbécile que Wikipédia me consacre, je n’ai jamais eu de « carrière ». Puis-je ajouter que j’ai beaucoup de défauts ?

Qu’est-ce que l’IRELP ?

Cette question est plus commode. Comme je l’ai dit plus haut, il s’agit de l’Institut de Recherches et d’Etudes de la Libre Pensée, fondée sous l’égide de la Libre Pensée fin 1999. C’est une aventure exceptionnelle, au sens qu’une aventure – sur ce plan comme sur beaucoup d’autres – signifie « sortir des sentiers battus ». Elle est née d’une intuition de mon camarade et ami, Christian Eyschen, à l’époque secrétaire général de la Libre Pensée, maintenant un des porte-paroles de l’Association Internationale de la Libre Pensée : « une organisation comme la Libre Pensée doit avoir un institut, ou centre, peu importe le terme, de recherches ». Après quelques mois et quelques péripéties sans intérêt, grâce à des conseils précieux que j’ai raconté ailleurs, je me suis retrouvé « aux manettes » pour reprendre l’expression de mon regretté camarade et ami, Marc Blondel. C’est là que tout commence, en fait. Nous étions dans un coin (ou un recoin ?) du local de la Libre Pensée, avec quelques archives et quelques livres, tous promis, l’Institut, les archives, les livres, à une stagnation en baisse régulière. Il fallut se battre et se développer. Une certaine sorte de caractère peut aider en cette situation. Retrouver des archives, les chercher partout, les rapporter, constituer une bibliothèque à partir de dons et legs disparates, notamment ceux de l’ancienne Maison de retraite des libre-penseurs, ceux de camarades disparus, fouiller, interroger, aller sur des pistes prometteuses et n’en rien sortir parfois, recevoir des choses imprévues etc. Tout cela est normal. Enfin, pour l’IRELP, c’est notre norme depuis longtemps.

Puis, trouver notre propre local qui s’est trouvé, d’abord, au fond d’un entresol, plus proche d’un speakeasy du temps de la prohibition ou d’une imprimerie clandestine que digne d’un Institut. Et chercher à le financer (cotisations, subventions aléatoires, soutiens). Bref, la routine, ou pour être plus exact, une inquiétude quotidienne mais n’est-ce pas un synonyme de « routine » ? Nous avons produit : revues, colloques, articles, ouvrages.

Maintenant, nous continuons ce travail et la recherche de financements (la cotisation annuelle est de 20 euros) dans notre nouveau local 204 rue du Château des Rentiers 75013 Paris. Louis Couturier, qui cumule les qualificatifs, secrétaire de l’Institut, camarade, ami inestimable, a publié « Les femmes et la Libre Pensée, la Libre Pensée et les femmes ». L’ouvrage collectif « Les Hommes du Vatican » que même Le Figaro a mentionné a été édité. Notre revue « Recherches & Etudes » est semestrielle, notre bibliothèque est à disposition etc.

Quelles sont ses relations avec la Fédération Nationale de la Libre Pensée ?

L’initiative de l’IRELP revient à la FNLP, je l’ai dit. La Libre Pensée, dont les premiers cercles remontent à 1848, a créé son Institut en 1999. Voilà pourquoi le Conseil d’Administration est composé de deux collèges : un, minoritaire, élu par la Libre Pensée et l’autre élu par les cotisants (ayant acquitté les 20 euros dont j’ai parlé plus haut).
Quels sont les activités prochaines ?
N’en mentionnons que trois. La première, chaque mois (voir le programme sur notre site irelp.fr) se tient une séance de notre Université populaire. Ensuite, début juin, nous allons tenir une exposition avec films, débats et conférences sur quinze jours à propos de « la laïcité à Paris ». Enfin, pour citer le très réactionnaire Metternich, « l’essentiel est de durer ». Nous allons durer.

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