François-Marie Banier, photographe "humaniste"?!

On nous parle beaucoup de François-Marie Banier ces temps-ci, en le présentant systématiquement comme photographe. Lui-même s'affiche d'ailleurs ainsi, jusque dans la manifestation sur les retraites du 7 septembre qu'il "illustre" en s'extasiant devant la beauté et la force du mouvement populaire (sans majuscule pour le coup !). Bref, étant moi-même photographe et n'ayant jamais vu un seul cliché du monsieur, j'ai eu l'idée d'aller chercher son site. Bingo: http://www.fmbanier.com

On nous parle beaucoup de François-Marie Banier ces temps-ci, en le présentant systématiquement comme photographe. Lui-même s'affiche d'ailleurs ainsi, jusque dans la manifestation sur les retraites du 7 septembre qu'il "illustre" en s'extasiant devant la beauté et la force du mouvement populaire (sans majuscule pour le coup !). Bref, étant moi-même photographe et n'ayant jamais vu un seul cliché du monsieur, j'ai eu l'idée d'aller chercher son site. Bingo: http://www.fmbanier.com

 

Et je n'ai pas été déçu ! Entre photographies "peintes" ou "écrites", on tombe sur une série intitulée "anonymes": 21 photos prises dans la rue, dans l'ensemble plutôt médiocres, alternant entre "instant décisif" et portraits candides. Dont celle-ci, absolument révoltante:

http://www.fmbanier.com/anonymes_012_1

 

Je n'userai même pas du droit de citation pour vous la montrer, allez voir vous-même ; sachez cependant qu'elle représente un jeune garçon d'origine africaine en train d'uriner dans le caniveau, rue de Tombouctou à Paris, soutenu par sa mère, en 2005. Un cliché dégradant, qui représente ce qu'il y a de pire et de plus dévoyé dans le voyeurisme et le misérabilisme qui caractérisent parfois, en la dénaturant, l'école de la photographie de rue humaniste, dans la veine des Doisneau, Boubat, Izis, Ronis et autres Cartier-Bresson. Un cliché dont l'exposition relève également d'une légalité douteuse, s'agissant d'un mineur, d'un nu frontal, dans une situation humiliante.

 

Que son auteur en soit fier au point de la présenter au sein d'une sélection de ses oeuvres, cela dépasse l'entendement. Et qu'en pense Loréal, qui finance les expositions de l'artiste ?! Dans un article du Figaro Madame du 7 mai 2010, il affirmait: "photographier, c'est aimer l'autre". Je vous laisse juge.

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