Monsieur Lazhar ou comment oublier de dormir?

 

bdb9c62e38c56f598ce979e158f8313e.jpg

 

Un film, la nuit...

La nuit, je dors depuis quelque temps, incroyable, non? 

Mais parfois je pense aussi, avant de dormir s'entend puisque je suis moins insomniaque.  Tiens, ce soir je pense au film que j'ai vu hier soir, en version francaise (chose de moins en moins courante pour moi depuis que je vis en Allemagne). Avec les sous titre allemands, et c'est drôle car parfois, ces derniers m'ont aidé à comprendre de jolies expressions canadiennes fleuries!

Un film touchant et triste avec un acteur que je connaissais plutôt comme comique, l'ayant vu dans un spectacle il y a quelques années. L'acteur, c'est Fellag. Le film, c'est une production canadienne qui s'appelle: Monsieur Lazare de Philippe Falardeau.

Le pitch: Les élèves de sixième année d'une école de Montréal doivent faire face à un drame inattendu lorsque leur enseignante, Martine, se pend dans leur classe. Malgré les réticences préalables de la directrice, Bachir Lazhar, un immigrant algérien, est rapidement engagé pour la remplacer. N'étant pas au courant des réformes ministérielles ou même du niveau scolaire de ses nouveaux étudiants, le professeur devra oublier ses propres tragédies pour se concentrer sur l'instruction de ces enfants provenant de différents milieux et visiblement troublés par le départ soudain d'une personne qu'ils aimaient.


Monsieur Lazhar Bande-annonce officielle !!! © LesFilmsSeville

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas gai, vous me direz, surement..... Mais un film qui pourrait figurer dans une autre édition de Médiapart sur la mort, car c'est bien de cela qu'il s'agit: faire le deuil que l'on soit enfant ou adulte. Ce que j'ai aimé, c'est que bien que le film se passe 90 pour cent du temps dans une classe, personne ne fait la leçon et surtout pas le réalisateur. Le film commande l'écoute et ne déçoit pas, réfléchissant sur le deuil et sur le métier d'enseignant avec une empathie certaine et une justesse rare.

Fellag m'a rappelé des amis enseignants algériens, il est juste, tellement juste dans son jeu d'acteur. Il y a une scène où il se surprend à danser, comme chez lui, dans un autre monde, hors de l'espace classe qui est le cadre du film. Cette scène reste dans ma tête ce soir. Elle figure de manière furtive dans a bande annonce (1,40). 

Cette scène et aussi ces moments où se brise le sérieux, tout en restant dans une forme de retenue. Comme ces sourires que l'on se surprend à avoir lors d'un enterrement en repensant à celui qui est mort. Comme ces moments impossibles de nostalgie qui vous font oublier, pour un instant, où vous êtes, voire qui vous êtes, ou plutôt qui vous rappellent qui vous êtes vraiment, sans le masque imposé pour survivre. 

On pourrait dire, de bons acteurs, un bon scénario, un bon réalisateur... oui, aussi. Moi je me contente de dire ce soir que ce film est un morceau de tristesse en tendresse ou de triste tendresse, comme on veut, et c'est bien ce que j'ai apprécié, outre les scènes de classes plus vraies que nature. Et un Monsieur Lazhar qui devient Lazare tout court en revivant après le cauchemar de la perte de sa famille. Faire le deuil, c'est aussi cela: revivre, ressusciter en quelque sorte.

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.