Les chats...

Je ne résiste pas !!!, je suis une incorrigible chatounesque !

 

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Incarnation de la beauté, et de la dignité, autrefois divinisé puis diabolisé, le chat est devenu l’animal de compagnie de notre époque – situation plus prosaïque mais infiniment plus confortable, qui influe, de plus, sur notre bien-être.

 

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Peut-on être plus méconnu que le chat ? Plus troublant aussi ? On ne fréquente pas pêle-mêle gouttières et salons, Mahomet et les sorcières, la cour de Louis XV et les loges de concierge sans susciter bien des questions. Le chat s’en moque : dressant sa queue en point d’interrogation, à la manière de Félix, matou philosophe des dessins animés, il excite notre curiosité, éveille notre imagination, stimule notre créativité et nous oblige à nous interroger sur nous-même.

Ce maître à penser à fourrure améliore notre santé physique et morale, responsabilise les enfants et leur ouvre les portes de la communication non verbale, agissant également comme un ciment familial intergénérations : un as de la communication ! Proche et mystérieux, fantaisiste et tendre, le chat dispense sa joie de vivre à quiconque apprend à le connaître et, par là même, à l’aimer.

 

 

 

 

LES CINQ CLES DE SA PENSEE

 

 

 

 

 

1- Prendre soin de son corps
Près de seize heures par jour passées à dormir, rêver, faire sa toilette ; surtout, une science innée des étirements et des assouplissements, la pratique des courses folles et des bonds de cabris : le chat n’a pas besoin – comme nous – de hanter les salles de sport pour exhiber un corps parfait, mais il nous incite à le faire ! Outre le fait de donner mauvaise conscience à celles et ceux qui négligent leur physique, le chat agit par sa présence comme un baume : le caresser fait baisser notre pression artérielle systolique, ses facéties nous font rire, notre stress diminue, nos insomnies aussi. Ce n’est pas pour rien que les Egyptiens avaient fait de lui le gardien du sommeil.

 

2- Savourer chaque minute
S’il engrange certains souvenirs, le chat ignore le futur et vit intensément l’instant présent. Cet hédoniste nous montre le bonheur ineffable d’une sieste dans un rayon de soleil, d’une pâtée offerte par une main amie, de quelques pas dans un jardin, d’un câlin les yeux dans les yeux. Le chat n’a pas besoin des mots des philosophes pour nous faire saisir avec éloquence que chaque minute doit être vécue et savourée comme si elle pouvait être la dernière.

3- Choisir la liberté
Opposer la fidélité du chien à l’indépendance et à l’« égoïsme » du chat relève du lieu commun. Le premier est un animal de meute qui accepte de recevoir des ordres et d’être le dernier maillon de la chaîne familiale ; le second ignore la hiérarchie et nous considère comme des partenaires. Le chat, animal égalitaire et forte personnalité, nous inculque deux principes, en nous obligeant à nous interroger sur les notions de propriété et d’individualité : il prône le partage fraternel et le respect de l’autre dans ses différences. Sa fidélité – réelle – vous sera acquise si vous avez compris la leçon !

 

 

4- Etre toujours zen
Le regard du chien rassure ; celui du chat pousse à l’introspection. Que déchiffrer dans ses « prunelles mystiques » chantées par Baudelaire ? Les Celtes y voyaient la porte de l’autre monde : l’éclat vert qui jaillit dans les ténèbres nous rappelle que cette couleur fut souvent liée à celle du divin. C’est un vieux sage ronronnant que nous abritons. Observez-le : le chat ne s’énerve que si on le pousse à bout alors qu’il se livre à une activité importante – sommeil, rêverie, chasse ou toilette. Sinon, il demeure la vivante image de la méditation et de la maîtrise de soi. « L’idée du calme est dans un chat assis », notait Jules Renard. Etre zen en toutes circonstances, voilà ce dont il témoigne.

 

5- Jouer pour oublier de vieillir
Le chaton apprend dès les premières semaines de sa vie les subtilités chorégraphiques de ce que nous appelons jeu, mais qui est pour lui technique de la prédation. Agé, aveugle, diminué, le chat ne se plaint jamais des maux qui l’accablent et continue à épier, feinter, esquisser une pirouette ou un coup de patte. Une manière de nous faire comprendre que l’essentiel pour vieillir en beauté est de ne jamais cesser de participer, d’apprendre, de séduire, d’échafauder des projets

 

SES DATES

Il y a huit à douze millions d’années : apparition des premiers chats sauvages.
6 700 av. J.-C. : domestication (probable) du chat à Jéricho, en Palestine.
2 500 av. J.-C. : présence attestée de chats domestiqués en Egypte.
2 000 av. J.-C. : l’Egypte vénère la chatte sous les traits de Bastet, protectrice des enfants royaux et déesse de la maternité, de la musique et de la danse.
1233 : les chats noirs sont condamnés par le pape Grégoire IX dans la bulle “Vox in Rama”.
1558 : Joachim du Bellay écrit l’épitaphe de son chartreux Belaud dans un poème des “Divers Jeux rustiques” (Gallimard, 1996).
1727 : François-Augustin Paradis de Moncrif publie “Les Chats” (La Part commune, 1999).
1871 : première exposition féline à Londres, au Crystal Palace ; en France, ce sera en1896, au Jardin d’Acclimatation.
1998 : d’après un sondage de la Sofres, les Français privilégient le chat (8,4 millions) devant le chien (7,9 millions), tendance qui se renforce depuis.

 

 

 

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© Christel

 

 

 

 

 

 

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