La solitude de Nicolas Sarkozy - The Loneliness of Nicolas Sarkozy

A la demande de Etoile66 dans un de ses commentaire à ce billet où nous parlions de la presse allemande, j'ai traduit ce très sarcastique article paru dans Spiegel, la presse allemande n'est pas tendre avec le Président Sarkozy.L'article original est en anglais dans la partie Internationale du journal.  

A la demande de Etoile66 dans un de ses commentaire à ce billet où nous parlions de la presse allemande, j'ai traduit ce très sarcastique article paru dans Spiegel, la presse allemande n'est pas tendre avec le Président Sarkozy.

L'article original est en anglais dans la partie Internationale du journal.

 

 

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La solitude de Sarkozy

par Britta Sandberg et Stefan Simons

Le Président Nicolas Sarkozy ne s'est pas seulement aliéné ses partenaires européens avec son empressement pour expulser les Rom - même les Français lui tournent le dos. Jamais auparavant un président français n'avait fait face à une telle ambiance vitriol chez lui.

 

Ces dernières semaines, le Président français Nicolas Sarkozy a été en voyage comme un vrai tourbillon dans le pays. Partout où il est allé, il a fait ce qu'il sait faire le mieux : faire des promesses.

 

Il a promis aux fermiers éleveurs de mouton des montagnes dans la région méridionale Provence son soutien. Il a promis de donner des subventions pour acheter leur propre logement aux habitants d'immeubles HLM en banlieue. Et il a promis aux familles des soldats tués en Afghanistan qu'il continuerait la guerre contre le terrorisme. C'est une tactique bien usée : Sarkozy, le hyperactif et omniprésent porteur de bonnes nouvelles, abordant vaillamment une crise après l'autre.

 

Entre tous ses engagements, Sarkozy et son épouse Carla Bruni ont pris du temps de voir les cavernes préhistoriques de Lascaux pour admirer les peintures murales de plus que de 17,000 ans. Après, d'une manière un peu déplacée, il a dit : « Il est vraiment important pour que le président soit présent à cet endroit actuellement. » Il n'a pas expliqué pourquoi.

 

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AFP

In recent weeks, French President Nicolas Sarkozy has been on a whirlwind trip around his country. Here Sarkozy and his wife, Carla Bruni, walk in the city of Montignac after visiting the Lascaux caves

 

Lancement de bombes

 

Puis, jeudi, Sarkozy a voyagé à un sommet spécial de l'Union européenne à Bruxelles. Mardi de la semaine dernière, commissaire européen Viviane Reding de la justice avait décrit l'expulsion récente des Rom lancée par Sarkozy comme « honteuse » et l'avait indirectement comparée aux déportations des nazis. Elle avait menacé d'entammer une procédure judiciaire contre la France à ce sujet.

Le président français a énergiquement protesté, et a eu une altercation avec le Président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso pendant le déjeuner. Alors il a laissé tomber une bombe : la chancelière allemande Angela Merkel a également l'intention de démanteler des camps de Rom dans son pays. Agité, Sarkozy a regardé tous ses collègues autour de la salle.

 

Berlin a nié avoir des tels plans. Les commissaires étaient déroutés : Est-ce que la,chancelière allemande envisageait vraiment de démanteler des camps de Rom ? Avec un président français l'annonçant tellement triomphalement ? Cela semblait complètement absurde.

 

« Sarkosconi »

 

Ces genres de comédie ont jusqu'ici été la marque de fabrique du premier ministre italien Silvio Berlusconi, qui pendant des années a conduit la politique comme un genre d'émission de TV réalité. Berlusconi adore être provocateur, se délecte dans des annonces bizarres, formule même des commentaires risqués aux sommets internationaux, avec son visage lifté couvert de maquillage. L'Europe a-t-elle maintenant une deuxième diva à Paris ?

 

Oui, disent les journaux parisiens, qui l'ont déjà affublé du surnom de « Sarkosconi. » Oui, dit le spécialiste des Sciences Politiques Olivier Duhamel, un des signataires de la pétition « nous sommes tous français", une initiative qui rejette les plans de Sarkozy pour dépouiller les ressortissants français nés à l'étranger de leur citoyenneté s'ils tombent sous le coup de loi. Duhamel croit que Sarkozy est aussi désespérément narcissique que Berlusconi, est pareillement hanté par l'idée de diriger les médias, et poussé par le désir de contrôler tout et chacun.

 

Juste comme le premier ministre italien, Sarkozy avait longtemps nommé des amis aux positions clé dans le monde politique et les médias. Maintenant il s'engage dans le populisme xénophobe. Tout ce qui est absent, Duhamel dit, est « une alliance ouverte avec le d'extrême droite. » Ce n'était pas une surprise que Berlusconi ait été le seul chef européen qui ait soutenu Sarkozy la semaine dernière.

 

En chute libre

 

L'expulsion des Rom par Nicolas Sarkozy a anéanti sa popularité vers une chute record. Juste trois ans après son arrivée au palace de l’Élysée, la résidence principale du président français, deux-tiers des Français sont déterminés : il ne devrait pas avoir une deuxième élection pour cinq ans. Cinquante-cinq pour cent veulent le Parti Socialiste de centre gauche au pouvoir. Une autre étude montre que si Dominique Strauss-Kahn -un socialiste français qui dirige actuellement le Fonds Monétaire nterniational à Washington - se présentait à l'élection présidentielle, il pourrait battre Sarkozy au second tour avec 59% des vois contre 41% pour Sarkozy.

 

Le président français préside actuellement un pays qui lui tourne le dos. Il ne le croit plus. Des arrêts d'autobus à Paris sont couverts d'affiches d'une couverture récente de magazine de The Economist, montrant un épagneul de la taille de Sarkozy avec un chapeau de Napoléon.

 

 

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Afp

Many observers believe that Sarkozy's campaign to deport Roma from France was partially intended to distract attention from his political problems. This banner shows Sarkozy and scandal-hit Labor Minister Eric Woerth with the slogan "Out"!

 

 

Texte original

The Loneliness of Nicolas Sarkozy

Roma Campaign Isolates Leader in Europe and France

By Britta Sandberg and Stefan Simons

 

French President Nicolas Sarkozy has not only alienated his European partners with his push to deport Roma -- even the French are turning their backs on him. Never before has an incumbent French president faced such vitriol at home.

 

In recent weeks, French President Nicolas Sarkozy has been on a whirlwind trip around his country. Wherever he has gone, he has been doing what he does best: making promises.

 

He promised mountain farmers in the southern region of Provence support for their sheep-rearing practices. He promised to give the residents of high-rise apartment blocks in Paris' poverty-stricken suburbs subsidies to buy their own homes. And he promised the families of soldiers killed in Afghanistan that he would continue the war on terror. It was a well-worn tactic: Sarkozy, the hyperactive, omnipresent herald of good tidings, valiantly tackling one crisis after the other.

In between his other engagements, Sarkozy and his wife Carla Bruni took time to see the prehistoric caves of Lascaux and admire the more than 17,000-year-old murals. Afterwards, clearly moved, he announced: "It is truly important for the president to be present at this location at this time." He did not explain why.

 

Dropping Bombshells

 

Then, on Thursday, Sarkozy traveled to a special European Union summit in Brussels. On Tuesday of last week, European Justice Commissioner Viviane Reding had described Sarkozy's recently-initiated expulsion of Roma people as "shameful" and indirectly compared it to similar Nazi-era deportations. She threatened to take legal action against France over the issue.

 

The French president objected vehemently, and got into an argument with European Commission President Jose Manuel Barroso during lunch. Then he dropped an apparent bombshell: German Chancellor Angela Merkel also intended to clear Roma camps in her country, he said. A little flustered, Sarkozy scanned the faces of his colleagues around the room.

 

Berlin denied having any such plans. The commissioners were nonplussed: Was a German chancellor really considering clearing Roma camps? With a French president announcing it so triumphantly? The notion was completely absurd.

 

'Sarkosconi'

 

These kinds of histrionics have up to now been the sole preserve of Italian Prime Minister Silvio Berlusconi, who for years has been conducting politics as a kind of reality TV show. Berlusconi adores being provocative, revels in bizarre announcements, and even makes risqué comments at international summits, with his lifted face covered in makeup. Does Europe now have a second diva in Paris?

 

Yes, say Parisian newspapers, which have already dubbed him "Sarkosconi." Yes, says political scientist Olivier Duhamel, one of the signatories of the "We are all French" petition, an initiative that rejects Sarkozy's plans to strip foreign-born French nationals of their citizenship if they fall foul of the law. Duhamel believes Sarkozy is as hopelessly narcissistic as Berlusconi, similarly obsessed by the idea of controlling the media, and driven by the desire to keep tabs on everything and everyone.

 

Just like the Italian premier, Sarkozy has long been appointing friends to key positions in both the political establishment and the media. Now he is engaging in xenophobic populism. All that is missing, Duhamel says, is "an open alliance with the far-right." It was no surprise, then, that Berlusconi was the only European leader who backed Sarkozy last week.

All-Time Low

 

Nicolas Sarkozy's expulsion of the Roma is born of frustration that his popularity is at an all-time low. Just three years after he moved into the Elysee Palace, the French president's official residence, two-thirds of all Frenchmen are determined he shouldn't have a second five-year term in office. Fifty-five percent want the center-left Socialist Party in power again. Another survey found that if Dominique Strauss-Kahn -- a French Socialist who currently heads the International Monetary Fund in Washington -- were to stand in the next presidential election and it were held today, he would be able to beat Sarkozy in the second round of voting, with 59 percent of the vote to Sarkozy's 41.

 

The French president currently presides over a country that is turning its back on him. It does not believe him anymore. Bus stops in Paris are being bill-posted with a variation of a recent cover of The Economist magazine, showing a spaniel-size Sarkozy under a Napoleon-style hat.

 

 

 

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