Historique (1) : de la Grande Syrie au mandat britannique sur la Palestine (1919-1923)

(Pour lire l'introduction à cet historique, cliquez ici.)

Au lendemain de la première guerre mondiale, l'Empire Ottoman fut dissout (lire l'article détaillé de Henry Laurens à propos de cette période). La France et l'Angleterre commencèrent à partager leurs sphères d'influence sur les décombres de l'Empire. Ce partage ne fut pas le fruit du hasard ; plutôt, il fut le résultat d'un accord signé entre les deux puissances (Accord Sykes-Picot de 1916) et qui avait fixé ces sphères de la façon suivante :

 

 

Si l'on s'intéresse plus particulièrement à la Palestine, on peut s'apercevoir (carte ci-dessous) que le territoire (couleur mauve) devait passer sous une protection internationale, à l'exception d'une petite parcelle dans le nord (couleur orange) que les britanniques se réservaient.

 

 

On peut le constater : la Palestine ne fut pas définie selon les frontières (israéliennes) que nous connaissons aujourd'hui. La raison est simple : sous l'Empire ottoman, la Palestine n'était pas un territoire administratif reconnu et n'avait donc pas de frontières précises. Plutôt, la Palestine était considérée comme faisant partie d'un territoire nettement plus grand : celui de la Grande Syrie.

Pendant que les anglais et les français se partageaient le Proche-Orient, les arabes s'organisaient. De fait, un congrès pan-syrien se réunit à Damas le 8 mars 1920 et déclara l'indépendance de l'État de Syrie. Quelques mois auparavant (en février 1919), les arabes qui vivaient en Palestine avaient déclaré qu'ils considéraient « la Palestine comme faisant partie intégrante de la Syrie arabe et qu'elle en n'avait jamais été séparée auparavant.» Le nouvel État incluait la Syrie, la Palestine, le Liban et quelques portions de la Mésopotamie du nord. Le Roi Faisal fut déclaré chef d'État.

 

 

Ce développement par les populations locales n'étaient pas du goût de la France, ni de l'Angleterre. Afin de s'assurer que la situation sur le terrain n'allait pas entièrement leur échapper, la Conférence de San Rémo fut rapidement organisée le 26 avril 1920. (Nous rapportons dans cet article seulement les évènements liés au territoire de la Palestine.)

La France refusa de reconnaître l'indépendance de la Syrie et déposa le Roi Fayçal de son trône, en août 1920. La Grande Syrie ayant eu la vie courte, l'Angleterre put asseoir son autorité sur la Palestine, en établissant son propre régime mandataire la même année. De fait – et pour se conformer à l'Accord Sykes-Picot que nous avons cité précédemment – l'Angleterre assura cette forme de régime sur une région qui comprenait la Palestine et la Transjordanie.

 


 

En 1923, la Société des Nations (qui fut remplacé par l'Organisation des Nations Unies en 1945) reconnut le rôle de l'Angleterre sur ce grand territoire. La partie située à l'ouest de la rivière du Jourdain était la Palestine, tandis que le territoire à l'est du Jourdain était la Transjordanie.

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Bibliographie suggérée

Antionus, George. The Arab Awakening. New York : Capricorn Books, 1965.

Laqueur, Walter. A History of Zionism. New York : Schoken Books, 1976.

Lesh, Ann Mosely. Arab politics in Palestine, 1917-1939: The Frustration of a Nationalist Movement. Ithaca:Cornell University Press, 1979.

Muslih, Muhammad Y. The Origins of Palestinian Nationalism. New York : Columbia University Press, 1988.

Porath, Yehoshua. The Emergence of the Palestinian-Arab National Movement:1918-1929. London : Frank Cass, 1974.

 

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