Historique (3) : Limites géographiques de la Palestine

Nous avons appris précédemment qu'en 1923, la Société des Nations (qui fut remplacé par l'Organisation des Nations Unies en 1945) reconnut le rôle de l'Angleterre et confia à Londres le « Mandat sur la Palestine », c'est-à-dire la responsabilité d'administrer le territoire qui couvrait la Palestine et la Transjordanie. Il est important de relever qu'avec ce mandat, la Palestine recevait pour la première des frontières déterminées avec précision. 

De fait, sous l'Empire ottoman, la Palestine n'était pas un territoire administratif reconnu et n'avait donc pas de frontières précises. Plutôt, la Palestine était considérée comme faisant partie d'un territoire nettement plus grand : celui de la Grande Syrie.

La première mention du mot « Palestine » se trouve dans le livre « Histoires » de l'historien grec Hérodote qui fut rédigé certainement il y a près de 2
500 années. Dans ce livre, l'auteur fait mention d'un large territoire qu'il décrit comme un « district de Syrie, appelé "Palaistinê". »

Entre l'époque d'Hérodote et celle de l'Empire ottoman, les limites géographiques de la Palestine ne furent jamais déterminées avec précision. Selon certaines sources, la Palestine s'étendait même au-delà de la rive à l'est du Jourdain (Société Renaissance Orthodoxe). D'ailleurs, il est intéressant de noter qu'en 1919, l'Organisation sioniste proposa une carte pour le « foyer national juif » dont les limites s'étendaient effectivement au-delà de la rivière du Jourdain.

Dans tous les cas, affirmer que la Palestine inclut ou pas les territoires à l'est du Jourdain peut être considéré comme une affirmation politique.

Le mandat britannique de 1923

La situation devint plus claire après la guerre, lorsqu'en 1923 l'Angleterre fut nommée responsable de l'administration de la Palestine et de la Transjordanie.

Une des premières mesures que prirent les britanniques fut de couper l'administration de la Transjordanie de celle de la Palestine. Rapidement, l'Angleterre reconnut l'autorité d'Abdallah Ibn Husayn sur la Transjordanie en déclarant cette région un protectorat (mai 1923) ; en 1946, l'Émirat de Transjordanie fut déclaré indépendant. En 1949, l'émirat adopta le nom de « Jordanie. »

Ainsi, dès 1923, la Palestine était devenue une entité politique indépendante de la Transjordanie. La présence juive fut interdite (en 1921) en Transjordanie. D'autre part, la Palestine allait devenir le lieu de confrontations de plus en plus violentes entre Arabes et Juifs. Cette situation deviendrait rapidement un casse-tête pour les britanniques.



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