Billet de blog 4 avr. 2014

Elire le meilleur maire : affaire classée ! Des palmarès de la presse au développement néolibéral des villes

Antoine Lévêque
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

“Le grand gagnant, c’est l’abstention”. Cette formule, largement reprise par les commentateurs au lendemain du premier tour des élections municipales, pointe du doigt le désintérêt croissant des français pour une élection habituellement relativement épargnée par ces logiques abstentionnistes.

Pourtant, force est de constater que nos élites journalistiques ont tout fait pour expliquer aux citoyens lambda les enjeux de ce vote, allant parfois jusqu’à les irradier de leur lumière bienveillante, en montrant ce qu’est un bon maire, et ce qui le distingue des autres. L’émouvant sacerdoce a pris la forme, dans l’hebdomadaire l’Express (1), d’un classement des meilleurs édiles de France, avec l’ambition affichée d’“éclairer le choix des Français en réalisant ce palmarès inédit”, grâce à la participation d’”experts”, censée parer l’article des vertus de la rigueur scientifique.

Nul doute sur le fait que l’action publique locale relève d’une forte opacité mettant à l’épreuve le citoyen. Face à cette difficulté, les conditions de la citoyenneté, de la démocratie, dépendent donc de la capacité qu’ont les individus à lire le politique, et les médias interviennent à cette fin… du moins en principe. En fait, tout porte à croire qu’ils se soient, dans cette campagne, plutôt placés du coté de l’alimentation du flou idéologique et de l’entretien de l’apolitisme des élections locales. La publication de palmarès et de classements en constitue l’image la plus significative sinon la plus caricaturale.

Ce recours au palmarès, sous couvert de mission purement informative, doit au contraire être déconstruit et appréhendé comme un outil performatif. Pour le dire autrement, le fait d’opérer un classement des meilleurs maires véhicule un certain nombre de valeurs sous-jacentes, à la fois révélatrices et créatrices d’une certaine vision de la politique, dont il faut faire la critique.

Pour être tout à fait clairs, l’établissement de ce type de palmarès diffuse l’idée selon laquelle gouverner une ville revient à en assurer une bonne “gestion”, en gommant les différences idéologiques, et surtout en réduisant le champ du possible (et même du pensable) aux pratiques dominantes. En fin de compte, c’est une présentation et une promotion d’une action publique locale s’inscrivant dans la droite ligne de préceptes néolibéraux qui est opérée.


Le classement comme outil de standardisation / dépolitisation

Qu’est-ce que voter sinon choisir le meilleur candidat - en l'occurrence dans ces élections, la meilleure équipe - c’est à dire opérer une sélection, un ordre de préférence entre plusieurs propositions? Outre la banalité de cette remarque, il s’agit de souligner la similitude entre ce choix et l’activité de classification du “meilleur” au “moins bien” entreprise ici. Bien sûr, les journaux précités se sont dédouanés de ce genre de prétention, se revendiquant d’une mission civique que constitue l’information du citoyen en toute objectivité : “Cette enquête prétend donc simplement apporter un élément d'information supplémentaire à des Français viscéralement indépendants. C'est déjà beaucoup, mais ce n'est pas davantage. Et c'est très bien ainsi.” (L’express). Force est de constater pourtant que cette entreprise de désignation des bons et des moins bons relève d’un parti pris politique. Aussi, avant de revenir sur les critères retenus qui viennent contredire cette bonne volonté journalistique, nous proposons d’abord de nous arrêter sur l’outil de palmarès.

Loin d’être neutre, le classement constitue en lui même un instrument politique de gouvernement. Il est d’ailleurs aujourd’hui considéré dans le champ de la science politique comme une technologie utilisée par les institutions publiques pour mener à bien leur politique mais aussi par les acteurs privés pour les influencer. Il s’agit ici de benchmarking, d’étalonnage des performances, ou pour le dire autrement, d’un instrument issu du monde managérial visant à mettre en compétition différents éléments en les comparant à un modèle. Le principe consiste à créer une compétition en vue de l’attribution d’une “récompense” (label, subvention, promotion…). Les différents prétendants sont classés selon leur écart de performance à l’étalon (construit avant l’établissement du palmarès). Pour prétendre à la médaille, ils doivent combler cet écart et donc se conformer à l’exemple érigé en modèle. La palmarès a donc pour effet de créer une convergence des éléments comparés : une standardisation des pratiques. La multiplication tous azimuts de ces outils tend à inscrire la démarche dans le sens commun, “comme une nécessité incontournable, comme la réponse à un besoin présumé universel et impératif de compétitivité” (2). 

Repris dans le giron journalistique et de surcroît à propos de politique, pour “éclairer le choix des électeurs”, ce benchmarking pose problème. Bien sûr, dans le jeu électoral, la compétition préexiste à l’utilisation des palmarès. Néanmoins, elle ne se situe pas forcément entre les villes. Cette compétition est ici imposée au public via la diffusion “normalisée”, l’intériorisation, d’une grille de lecture incitant à la standardisation des choix. Autrement dit, le journaliste, au lieu d’expliciter la multiplicité des voix, des façons de penser la ville, ne présente qu’un seul horizon vidé de sa substance (politique).

Le premier effet de ces palmarès est donc d’abord la dépolitisation des enjeux du scrutin. Nous sommes ici aux antipodes de ce que nous percevons comme le rôle des médias, attaché aux conditions d’existence d’une démocratie, à savoir le décryptage du politique, la repolitisation de ce qui peut être perçu de prime abord comme seulement technique, seulement local, la mise à jour de ce qui est caché.

A contrario de ces considérations, la prétention de réaliser de tels classements en invoquant la mission d’éclairage public est fondée sur un postulat : en matière de politique locale, l’appartenance ou le projet politique ne compte pas, il suffit d’être bon gestionnaire. C’est même la condition revendiquée d’une telle posture journalistique puisqu’il ne s’agirait pas de privilégier tel ou tel bord. En proposant cette standardisation des enjeux, certains médias font justement le jeu des édiles présentés et ne proposent pas de prise de recul vis-à-vis de l’action menée par les politiques, ici, locales. Bien au contraire, ces palmarès reprennent rigoureusement les critères de communication des élus locaux dans leur grande majorité.

Apologie de la figure du bon gestionnaire : l’absence de prise de recul du journaliste face au discours de l’élu local

Presse locale ou service com des majorités sortantes?

“L’équipe du maire sortant a fait les choses en grand. Son projet a été présenté en 8 pages illustrées pour les électeurs pressés, mais aussi en version 50 pages et 400 pages pour les studieux. On sent l’expertise de ceux qui gouvernent Lyon et le Grand Lyon depuis 2001. Aucun secteur ne leur échappe! ” C’est en ces termes que MAG2Lyon (numéro de mars 2014) entre en matière dans un article où le mensuel lyonnais propose une comparaison  des différents programmes. Outre le différentiel de traitement que l’on appréciera au fil du texte, le magazine semble particulièrement insister sur le “sérieux” de certains programmes plutôt que d’autres. C’est donc à travers cette promotion de la figure de l’élu-expert, capable d’entreprendre de grands projets phares sur sa ville, que Mag2Lyon propose une lecture des programmes des candidats.

Celle-ci est tout à fait similaire à nos palmarès. A la tête du classement effectué par l’express, Alain Juppé, Gérard Collomb ou encore Martine Aubry incarnent “l’excellence” de l’élu local. Sous leur règne, Bordeaux, Lyon et Lille sont marqués par le dynamisme économique et le rayonnement à l’échelle nationale et internationale (“Saint-Pétersbourg, Montréal et Shanghai sont éclairées par des Lyonnais”) autant d’éléments que l’on pourrait retrouver sur les tracts de ces candidats à leur succession. Le plus dommageable reste pour nous cette adoption par le journaliste du même registre de légitimation de l’action publique que celui des bilans mayoraux produits par les équipes des maires sortant, sans aucune espèce de distance.

En effet, l’élu local tient lui-même à s’affirmer expert, bon gestionnaire, étiquette qu’il revendique bien plus volontiers que son appartenance à un parti. Ce registre du savoir-faire est désormais l’une des principales sources de légitimation du maire et prévaut sur d’autres éléments comme l’orientation politique ou encore la participation des habitants à l’action publique. Les réalisations communicables de son action représentent donc un capital précieux à réactiver en période électorale. Dès lors, les confondre avec une réelle évaluation de l’action mise en oeuvre et de ses effets ne devrait pas être le rôle du journaliste. Il s’agit là d’une confusion des plus confortables pour les décideurs qui plus est fréquente dans l’action publique (3). Or la distinction entre réalisations et résultats ou effets est soulevée avec insistance depuis longtemps en sciences sociales. Cette évaluation est complexe et se révèle souvent bien moins édulcorée que ce qu’affirme le discours politique. Les médias peuvent tout à fait enrichir ces démarches… encore faut-il une certaine rigueur méthodologique bien loin de l’entreprise hasardeuse dont il est question dans cet article.

Qui juge, sur quels critères ? Les points aveugles de la méthode

On l’a dit, le classement proposé par l’hebdomadaire prétend à une certaine rigueur scientifique  qui passe par la convocation d’un jury de “personnalités qualifiées”. Ce recours aux experts garantirait donc le sérieux de la démarche. La prétention à établir une méthodologie fiable s’inscrit bien sûr dans la perspective d’une information de qualité au citoyen, à quelques semaines du premier tour des élections municipales. Cependant, à regarder d’un peu plus près les critères de classement et la composition du jury, il apparaît évident que les pré-requis nécessaires à un minimum de scientificité ne sont pas remplis, loin s’en faut.

Le palmarès des meilleurs maires de France s’articule concrètement autour de différents critères d’appréciations, dans chacun desquels les membres du jury opèrent une sélection des cinq meilleurs édiles. Précisément, le jury doit émettre un avis sur l’action des 34 maires des plus grandes communes de France dans le domaine de la culture, du développement durable, du développement économique, de la fiscalité, du rayonnement de l'élu, de la sécurité, de la solidarité, des transports en commun et de l’urbanisme.

On ne peut qu’être frappé par le caractère vague de ces critères, d’autant qu’aucune subdivision n’a été opérée. En prenant simplement l’exemple du développement économique, il s’agit donc de comparer des pratiques aussi variées que l’incitation à l’implantation de firmes multinationales (par de grands projets immobiliers, ...) le développement d’un tissu commercial de proximité (soutien à l’artisanat, aides publiques pour faciliter l’accès à des locaux en centre-ville), ou de grands centres commerciaux (le plus souvent en périphérie des agglomérations), en passant par la construction d’un réseau de transports pour faciliter l’implantation de grandes infrastructures privées,  etc. Par ailleurs, aucune mention n’est faite des éléments méthodologiques nécessaires à la comparaison de ces villes : sont ainsi mises sur le même plan des villes de 10 millions d’habitants à un peu plus de 100 000, avec des caractéristiques sociales, économiques, politiques, héritées de l’histoire et non réductibles à un ou quelques mandats municipaux...

A propos du jury, dix-huit personnalités ont participé à l’étude, sélectionnées pour leur “excellente” connaissance du territoire ou pour leur expérience propre. Commençons par noter que le magasine l’Express lui-même fait partie de ces personnalités triées sur le volet, donnant tout de même à voir l’extrême malléabilité du concept d’expert...

Participent également d’actuels ou d’anciens élus locaux, “de gauche comme de droite”, affirme l’article. En effet, ils sont ou ont été, dans leur intégralité (sept au total), membres du PS ou de l’UMP… Une conception résolument bipartisane de la vie politique, qui, a fortiori pour une élection comme les municipales, semble bien restrictive. En outre, pour ce qui est des dix autres participants, les “grands connaisseurs”, plusieurs éléments sont à relever : la présence en nombre (4) de consultants dans des cabinets de conseil privés plus ou moins spécialisés dans les politiques locales, l’écrasante majorité de personnalités ayant été impliquées directement dans la conduite de l’action publique territoriale (8), l’inexistence de chercheurs spécialisés sur ces questions (deux sociologues de formation sont présents, mais aucun n’a pour domaine de recherche les politiques locales, et un des deux est membre d’un exécutif local socialiste). Ces quelques constats ne sauraient être pointés pour dénoncer l’incompétence des membres de ce jury, mais bien pour souligner le manque de pluralisme dans sa composition.

En ne convoquant aucun des élus locaux hors PS et UMP, en privilégiant massivement les acteurs impliqués directement dans la conduite des politiques locales au détriment de positions plus critiques, le magasine opère un choix qui aura un impact direct dans le résultat (le classement final), mais, plus largement, sur les catégories de pensée qui sont véhiculées par ce type de classement.. Dans ce cadre, on comprend en effet que ne soit pas promue une perspective critique de l’action publique locale, laquelle est pourtant bien investie dans le champ de la recherche en sciences sociales par exemple.

La diffusion/promotion d’une certaine façon de conduire l’action publique locale : la souscription aux préceptes néo-libéraux

A travers l’exemple des classements des meilleurs maires, ou meilleures villes, opérés par certains journaux, nous percevons ce que les médias dominants voient et font bien souvent de la vie politique : la focalisation du propos sur les combats de personnalités, sur la désignation de champions et de perdants, sur la prédominance de la communication au détriment des idées, ou encore sur l’omniprésence de la logique de compétition. Autant d’éléments sur lesquels se sont déja penchés les tenants d’une analyse critique des médias (4). Produire une étude documentée et distanciée à propos des élections municipales, en tentant de couvrir l’ensemble du territoire, présente un coût (en termes humain, financier, de temps, etc) qu’un magasine comme l’Express ne peut vraisemblablement pas assumer. Mais, au delà de ces contraintes, il faut interroger plus profondément l’adhésion de certains journalistes à une série de présupposés théoriques, pourtant jamais affichés comme tels.

Aussi, et c’est là ce qui nous apparaît le plus préoccupant, derrière cette dépolitisation, derrière cette méthodologie appauvrie de la comparaison, se dessine une adhésion de fait et une diffusion par les médias dominants des théories néo-libérales (5). Nous voulons en effet ajouter que la perception qu’ont et que diffusent ces médias coïncide grandement avec une approche néo-libérale de l’action publique, portée par une majorité de maires en exercice.

Premièrement, la compétition entre territoires est présentée dans l’article comme une donnée en soi, non discutée et par là non discutable; l’enjeu est en effet, par l’élection des maires, de “jouer gagnant dans une bataille urbaine désormais étendue à la planète entière”, pour reprendre les termes du journaliste de l’Express. L’électeur est ainsi sommé de prendre part à cette compétition entre territoires: pourvu qu’il soit bientôt dans une ville à la tête du classement !

La compétitivité comme mode de développement correspond pourtant à la croyance selon laquelle la captation des ressources par ces villes profiterait ensuite mécaniquement à ses propres habitants puis au reste des territoires. Deux affirmations pourtant largement contredites par de nombreuses études empiriques. En effet, un regard attentif sur les retombés effectives des villes européennes les plus attractives invite au contraire à prendre une distance critique vis-à-vis de ces stratégies de développement (6). A quoi sert-il d’éclairer Shangai si in fine la plupart des indicateurs socio-économiques de l’Est lyonnais reste dans le rouge?

Pourtant, et de manière significative, cet impératif de compétitivité est devenu l’alpha et l’oméga des politiques urbaines depuis environ 3 décennies. Cela passe largement par ce que l’on appelle le “marketing territorial”, à savoir la capacité à vendre la ville et à penser les politiques publiques menées par à travers le prisme de l’attractivité. Attirer les grandes entreprises par une offre de formation universitaire en lien avec les activités économiques dynamiques (notamment les activités tertiaires hautement qualifiées), attirer les visiteurs du monde entier avec le développement de grands évènements affichés comme culturels (fête des Lumières à Lyon, par exemple)... ces différents projets apparaissent en réalité comme la vitrine d’une ville qui, en augmentant sa visibilité à l’échelle internationale, sont censés assurer son développement économique dans un contexte concurrentiel. Une construction spéculative de la ville pour qui est convaincu de l’impératif de prendre part à cette compétition. Laurent Davezies, Pierre Veltz, Jacques Lévy, cités dans l’article de l’Express, s’en revendiquent d’ailleurs. Le rappeler aurait sans doute été intéressant pour éclairer le citoyen.

Deuxièmement, le palmarès, on l’a dit, est un instrument néo-managérial. Si la position d’une ville dans ces classements dépend de l’action des municipalités - sous-entendu lorsque l’on produit un tel palmarès pendant une campagne municipale et qui est fondé un présupposé : toutes ces villes sont confrontées aux mêmes difficultés - alors l’utilisation d’un tel outil correspond bel et bien à l’incorporation dans le domaine public d’un instrument issu du secteur privé. Ce faisant, la démarche participe, bon gré mal gré, aux réformes “néo-libérales” de l’Etat sous couvert de modernisation de l’action publique. A l’instar de l’Etat, cette presse met en compétition les territoires.

Au final, Cette alliance objective entre de nombreux médias d’une part et l’offre politique dominante de l’autre conduit à une information tronquée pour le citoyen, amené à faire son choix selon des catégories de pensée éminemment politiques, on l’a vu, et pourtant présentées comme allant de soi. Force est de constater pourtant qu’elles conduisent à une disqualification des pratiques qui ne s’y inscrivent pas.

Reste bien entendu posée la question de la capacité des (é)lecteurs à se forger eux mêmes leur opinion. Il ne s’agit pas d’affirmer qu’ils ne possèdent aucun recul critique sur les informations qu’ils reçoivent. Néanmoins, lorsque ces présupposés ne sont pas explicités et qu’ils sont portés par une majorité de médias et de grands élus locaux, la possibilité pour le citoyen de faire son choix en dehors de ce cadre de pensée légitime, de cette figure imposée, est ainsi considérablement réduite…

Antoine Lévêque

Christophe Parnet


(1) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/municipales-qui-sont-les-meilleurs-maires-de-france_1495012.html#fEKXcRp7xRCrLRXE.99

Voir aussi celui opéré par Le Point quelques semaines plus tôt : http://www.lepoint.fr/politique/exclusif-le-palmares-des-villes-les-mieux-et-les-moins-bien-gerees-de-france-20-06-2013-1683961_20.php

(2) Bruno Isabelle, “La recherche scientifique au crible du benchmarking. Petite histoire d'une technologie de gouvernement”, Revue d'histoire moderne et contemporaine, 2008/5 n° 55-4bis, p. 28-45. p. 29.

(3) EPSTEIN Renaud, « Politique de la ville, rénovation urbaine, égalité territoriale : quelle est la nature du problème ? » in Politique de la ville. Perspectives françaises et ouvertures internationales, HOUARD Noemi (dir.), Rapport Centre d’analyse stratégique n°52, La documentation française, 2012.

(4) Dans le champ médiatique, on peut notamment penser à Acrimed ou encore Mediapart.

(5) Que l’on peut rapidement définir, dans le domaine économique, comme visant l’exercice d’un jeu concurrentiel libre et non faussé, garanti par des politiques publiques permettant d’assurer la fluidité des marchés. Transposée à l’action publique, elle désigne l’importation de ces logiques de concurrence (entre agents, entre institutions, entre territoires, entre Etats, etc.), partant du constat que le fonctionnement des marchés est plus efficient et plus efficace que celui qui caractérisait jusque là les organisations publiques.

(6) Gilles Van Hamme et Mathieu Van Criekingen, à travers une enquête menée sur la région Bruxelles-Capitale, ont cherché à déconstruire une “rationalité politique de valorisation compétitive du territoire” qui prévaut à la définition des priorités métropolitaines. Au contraire d’une soi-disant retombée territoriale positive des espaces compétitifs, ils mettent en lumière les mécanismes qui lient – davantage qu’une dissonance – ces politiques urbaines aux problématiques de développement de certains quartiers et de cohésion sociale. VAN HAMME Gilles, VAN CRIEKINGEN Mathieu, « Compétitivité économique et question sociale : les illusions des politiques de développement à Bruxelles », Métropoles [En ligne], 11 | 2012, mis en ligne le 12 décembre 2012, consulté le 16 janvier 2013. URL : http://metropoles.revues.org/4550.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Médias
La commission d’enquête parlementaire ménage Bernard Arnault…
L’audition du patron de LVMH par la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias s’est déroulée de manière aussi calamiteuse que celle de Vincent Bolloré. La plupart des dangers qui pèsent sur l’indépendance et l’honnêteté de la presse ont été passés sous silence.
par Laurent Mauduit
Journal — Médias
… après avoir tenu café du commerce avec Vincent Bolloré
Loin de bousculer Vincent Bolloré, la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias s’est montrée approximative et bavarde, mercredi, au lieu d’être rigoureuse et pugnace. L’homme d’affaires a pourtant tombé un peu le masque, laissant transparaître ses attaches nationalistes.
par Laurent Mauduit
Journal
Didier Fassin : « on est dans un basculement qui n'était pas imaginable il y a 5 ans »
Alors que l’état de crise semble être devenu la nouvelle normalité, quelles sont les perspectives pour notre société ? Didier Fassin, directeur d’études à l’EHESS qui publie « La société qui vient », est l’invité d’« À l’air libre ».
par à l’air libre
Journal — Extrême droite
Révélations sur les grands donateurs de la campagne d’Éric Zemmour
Grâce à des documents internes de la campagne d’Éric Zemmour, Mediapart a pu identifier 35 de ses grands donateurs. Parmi eux, Chantal Bolloré, la sœur du milliardaire Vincent Bolloré, qui siège au conseil d’administration du groupe. Premier volet de notre série sur les soutiens du candidat.
par Sébastien Bourdon, Ariane Lavrilleux et Marine Turchi

La sélection du Club

Billet de blog
Molière porte des oripeaux « arabes »
Le 15 janvier 2022, Molière aurait eu 400 ans. Ce grand auteur a conquis le monde, a été traduit et adapté partout. Molière n'est désormais plus français, dans les pays arabes, les auteurs de théâtre en ont fait leur "frère", il est joué partout. Une lecture
par Ahmed Chenikii
Billet de blog
Molière et François Morel m’ont fait pleurer
En novembre 2012, François Morel et ses camarades de scène jouaient Le Bourgeois gentilhomme de Molière au théâtre Odyssud de Blagnac, près de Toulouse. Et j’ai pleuré – à chaudes larmes même.
par Alexandra Sippel
Billet de blog
Quoi de neuf ? Molière, insurpassable ! (1/2)
400e anniversaire de la naissance de Molière. La vie sociale est un jeu et il faut prendre le parti d’en rire. « Châtier les mœurs par le rire ». La comédie d’intrigue repose forcément sur le conflit entre la norme et l’aberration, la mesure et la démesure (pas de comique sans exagération), il reste problématique de lire une idéologie précise dans le rire du dramaturge le plus joué dans le monde.
par Ph. Pichon
Billet de blog
On a mis Molière dans un atlas !
Un auteur de théâtre dans un atlas ? Certes, Molière est génial. Parce qu'il n'a laissé quasiment aucune correspondance, un trio éditorial imagine comment Jean-Baptiste Poquelin a enfanté "Molière" dans un atlas aussi génial que son objet. (Par Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement