Elyzée-moi : l'épate à trois

Dans la vie en rose, on adore faire le ménage à trois, comme les petits cochons d’autrefois.Seulement là, pas de briques, que du foin, que du foin et des langues de bois.Nif-Nif a perdu ses joues, Naf-Naf a pris de la bajoue et Nouf-Nouf n’est plus qu’un sot friqué.Et chacun à sa façon nous pond, nous répond qu’il a la solution.Que non, que non ! Dehors le loup retient son souffle…Il attend de connaître l’adresse des trois lardons et peaufine ses poumons. Il a eu vent de leur sottise et avant que cela ne finisse d’attiser sa convoitise, se fait discret comme un chaton de printemps.Les trois idiots évidemment ne voient rien, sinon où serait l’affable ?Tout occupés à atteindre le cœur des gens bons, le teint frais et la démarche alerte, ils se dépensent sans compter leurs sou(e)s, trop heureux d’avoir la claque qui convient aux hautes réformes qu’ils prédisent.On les voit toujours copains comme eux-mêmes sur scène comme à la ville, mais la vitrine montre des fissures à peine le rideau tiré. Alors que les bouches rient sur les estrades, c’est le pain total dans les couloirs du pouvoir, chacun y va de son meilleur radio crochet. La poitrine pourtant ceinte de l’écharpe rose primaire, ça dénonce à demi mots, le « tous ensemble » suinte le « chacun pure soie », l’enfant prodigue enfonce le père, scié d’apprendre ensuite qu’il est has been, lui qui a tout donné au parti.On retrouve leurs propos en bas morceaux dans les journaux, chacun tailladant son compère d’hier, saucissonnant ses déclarations comme le ferait de son seul repas l’indigente qu’ils sont censés défendre.Les places sont chères, appâtés qu’ils sont tous par la classe première.C’est le loup qui rigole : les laisser se saigner entre eux et les cueillir, pépère, tout rôtis à son logis ! Juste faire le fond des urnes sans se casser les burnes ! L’aubaine n’est pas toujours celle que l’on redoute…Filez, filez, mignons….L’air devient léger, la vie est à nouveau simple comme un « oui » britannique de fin d’avril.Et le loup de chantonner tout bas, « God Slave the Couine ».

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