Billet de blog 2 mars 2010

Arnaud Lafon rencontre la Reynerie

Jeudi 25 février, à l’invitation de l’association TO7 qui aide les sans-emploi, la tête de liste du MoDem en Midi-Pyrénées s’est rendue à la maison des chômeurs de la Reynerie, l’un des quartiers du Mirail. Un repas-débat était organisé à 12 h avec les habitants pour qui questions nationales et régionales se confondent.

Wilfried Pinson
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Jeudi 25 février, à l’invitation de l’association TO7 qui aide les sans-emploi, la tête de liste du MoDem en Midi-Pyrénées s’est rendue à la maison des chômeurs de la Reynerie, l’un des quartiers du Mirail. Un repas-débat était organisé à 12 h avec les habitants pour qui questions nationales et régionales se confondent.
Il est 12h11 et les participants de cette rencontre attendent Arnaud Lafon. Ouali, 62 ans, y voit un manque de respect : « Il a déjà un quart d’heure de retard, ça veut tout dire, on s’en fout de nous… » Quelques minutes plus tard, le candidat accompagné de deux de ses colistières arrive. Patricia Rosenthal, numéro deux sur la liste d’Arnaud Lafon, en profite pour s’excuser discrètement auprès du directeur de l’association, Moussa Becherif, « Je suis désolée, on s’était perdus ». Pendant ce temps, en bon politique, Arnaud Lafon serre la main de plusieurs convives. Environ trente personnes, dont la majorité a la quarantaine passée, se sont déplacées pour discuter avec le candidat MoDem. Les jeunes sont minoritaires. « Je viens écouter les habitants de la région pour mieux les représenter. Je ne fais pas une campagne nationale comme le PS ou l’UMP… », souligne le candidat. Mais les habitants ne prennent pas en compte cette distinction. Un homme âgé l’interroge : « Vous qui êtes maire (Ndlr. de Castanet-Tolosan), que pensez-vous des Droits de l’Homme en France ? » Un domaine qui n’est pas de la compétence du conseil régional. Mais le candidat s’en sort plutôt bien en rattachant ce thème à l’accès au service public. Les personnes présentes n’attendaient pas seulement des réponses à des problèmes au niveau local mais aussi des réactions du candidat à la politique menée par le gouvernement. « Que pensez-vous de la retraite à 65 ans ? » Une question qui dépend du gouvernement. Il n’y a pas eu seulement des questions hors du champ de la région, le thème de l’emploi, sur lequel cette dernière peut impacter, a également occupé une partie de la discussion.
Le danger de l’abstention
« Je sais comment est rangé mon placard, mais les élections, c’est autre chose, comment sont-elles organisées ? » s’interroge l’une des participantes. « Votre placard doit être mieux rangé... », plaisante la tête de liste. Il est vrai que la complexité du mode d’élection du scrutin peut rebuter. Parfois, les domaines d’action de la région ne sont pas clairs pour ces électeurs. Annick, 73 ans, se demande : « Les centres de rétentions administratives sont-ils du ressort de la région ?». Réponse du principal intéressé : « Non ». Même s’il précise être sensible à la question. Lili, 16 ans, pas encore en âge de voter, s’intéresse tout de même aux élections et s’étonne : « Je ne pensais pas que la région s’occupait des lycées et des transports. » La complexité du scrutin et le flou concernant les prérogatives de la région font craindre une forte abstention. Arnaud Lafon met en garde : « Le premier parti en France c’est l’abstention. Les hommes politiques sont ceux qui préparent l’avenir et si vous les jeunes, vous n’allez pas voter, on ne vous entendra pas. » Mais le candidat a-t-il réussi à convaincre les participants de voter ? Mouad, 25 ans, est indécis : « Il a bien parlé mais reste à savoir si il va mettre en place ce qu’il a dit. Si je retrouve ma carte d’électeur et que je suis motivé, j’irai voter.» Un autre participant plus âgé que Mouad, est encore plus sceptique : « On a eu un discours politique classique mais je me déplacerai pour voter ». L’heure du déjeuner arrive et l’échange prend fin. Le déjeuner permettra de continuer la discussion de façon moins formelle et sur différents sujets allant des SDF au quota de 20% de logements sociaux. Au cours de ces discussions, Arnaud Lafon promet à plusieurs habitants : « Je reviendrai vous voir, élu ou pas ». Espérons que cette fois, il soit à l’heure.
Le prochain invité de l’association TO7 sera le NPA, le 4 mars.
Inscriptions au 05.61.40.97.05
Pour plus de renseignements : www.tomirail.net

Wilfried Pinson

Vous pouvez également retrouver cet article sur www.actutoulouse.fr

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