En Alsace, le FN compte sur le «vote de ras-le-bol»

Le Front national a déposé, lundi 8 février, sa liste pour les régionales. La tête de liste Patrick Binder, conseiller régional et conseiller municipal à Mulhouse, a une grosse partie à jouer.

Le Front national a déposé, lundi 8 février, sa liste pour les régionales. La tête de liste Patrick Binder, conseiller régional et conseiller municipal à Mulhouse, a une grosse partie à jouer.

En 2004, le Front national récoltait 18% des voix en Alsace au premier tour, et 22% au deuxième, soit 10 points de plus que la moyenne nationale.
Pour son premier jour sur le terrain, Patrick Binder a décidé de sillonner les routes dans une caravane qui le représente. Avec le logo du FN en tout petit sous son nom: «Je suis là pour défendre ma région, je joue sur mon nom, tout le monde sait que je suis le leader du FN en Alsace depuis dix ans, pas besoin d’en rajouter.» Ce jour-là, il est précédé d’un van qui ne laisse aucun doute sur son appartenance au parti qu’il a rejoint dès ses 18 ans.
L’homme de 41 ans veut donner une image plus jeune de son parti: «Quand les gens me voient, ils comprennent que je suis cool et jeune. La caravane, c’est sensass.» Mais le discours ne semble pas différer de celui que Jean-Marie Le Pen tient depuis des décennies: «Une société multiculturelle, ça ne fonctionne pas. Les Turcs, ils sont ce qu’ils sont, mais au moins ils travaillent. Ce sont les Maghrébins : chaque immigré qui vient de ces pays-là posera un problème
Pendant ses tours de camionnette, il espère marquer les esprits: «ça a un impact terrible cette caravane, après les gens qui recevront mon tract le liront plus attentivement».
Patrick Binder défend un programme pour l’identité culturelle alsacienne. Selon lui, «le racisme et la xénophobie ont été importé en France par le conflit israélo-palestinien, et pas par le FN». L’apprentissage de l’alsacien à l’école est primordial : le couple qu’il forme avec la conseillère régionale Martine Binder, FN également, applique le multilinguisme, chez lui, avec ses 6 enfants non scolarisés. «On leur parle en allemand, en français et en alsacien.» «Il faudrait que les langues prennent 10 heures par semaine dans les lycées.» Quand on lui demande au détriment de quelle matière, l’homme ne sait pas: «Je ne suis pas l’Education nationale!» Dans son «Livre noir des subventions de la région Alsace», il dénonce les aides accordées aux mosquées, ou la politique sociale de l’habitat.
En plus d’essayer de convaincre sur ses idées, le jeune leader sait qu’il doit compter sur le vote contestataire: «Si on capte ce vote de ras-le-bol, Patrick Binder gagnera en Alsace», lance-t-il. Patrick Binder ne veut pas jouer qu’un rôle d’arbitre entre le PS et l’UMP, qu’il appelle indistinctement «l'UMPS»: «Notre objectif, c’est de gagner, et on est capable demain de prendre en main les affaires de la région

 

Anastasia Lévy

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.