Alsace: Geek 10, la liste virtuelle

La liste Geek 10, composée de passionnés de nouvelles technologies de l’information, a lancé sa campagne mardi 9 février. Si l’initiateur du projet affiche sa détermination à aller jusqu’au bout, ses colistiers, eux, sont plus sceptiques.

Jean Jacques Perrin lance la campagne de Geek 10, mardi 9 © Eve Chalmandrier Jean Jacques Perrin lance la campagne de Geek 10, mardi 9 © Eve Chalmandrier
Geek 10 sème le doute. Liste officielle pour les Régionales alsaciennes ou coup de bluff pour faire parler de soi ? Mardi soir, Jean-Georges Perrin, tête de cette liste atypique, composée de chefs d'entreprise des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC), a lancé sa campagne à la Maison de l'entreprise de Schiltigheim, à côté de Strasbourg. Dans la salle, environ 200 personnes étaient présentes. Mais pas vraiment pour le lancement de la campagne. «Ah bon, ils présentent une liste aux régionales ?» s’étonne un spectateur. Le public est surtout venu assister au second “Ignite” de Strasbourg. Le concept: une douzaine d’intervenants ont cinq minutes et 20 diapos pour présenter oralement leurs projets de nouvelle technologie ou leur société. Une série de petits one-man show de l’innovation, organisée par le même Jean-Georges Perrin.


«Non, ce n’est pas du tout une blague !», sourit l’initiateur de Geek 10, également directeur d’une société de création de sites internet. S’il s’est lancé dans les Régionales, c’est pour «sensibiliser les politiques à tout ce qui est économie du numérique, à tout ce qui est informatique et TIC en Alsace». Si le discours de la tête de liste est rodé, Geek 10 n’atteint pas pour l’instant les 47 membres légaux et manque cruellement de candidates pour être conforme à la loi sur la parité.


«De la politique 2.0»
Lors de sa présentation, cinq minutes chrono à l’image des autres présentations de l’Ignite, Jean-Georges Perrin a rappelé que les TIC représentaient 10 000 emplois en Alsace et 1700 entreprises. Parmi ses propositions, certaines sont sérieuses: renforcer le crédit impôt recherche (CIR) ou doter les écoles maternelles d’ordinateurs. D’autres, plus farfelues comme la transformation de la ligne Maginot en centre de traitement de données (data center) hyper sécurisé. Un programme encore incomplet car le leader de Geek 10 compte sur la participation de ses 257 fans facebook pour l’étoffer. «De la politique 2.0», avance-t-il.
Si la tête de liste affirme qu’il est prêt à aller «jusqu’au bout», du côté des colistiers et des sympathisants, il s’agit plutôt de faire le buzz. «J’ai signé un papier mais je ne sais pas vraiment ce que c’est que cette liste, ironise Gilles Auberger, membre de la liste Geek 10 dans le Bas-Rhin. Il ne s’agit ni de secouer ni de se moquer des politiques, mais de compléter leur travail d’écoute et de synthèse. Geek 10, au pire, c’est un gros buzz, au mieux, une vraie liste.» S’il est prêt à sensibiliser les électeurs, il ne compte pas s’investir outre mesure en politique : «Ce n’est pas mon travail.»
Même son de cloche du côté de ce sympathisant, secrétaire général d’une société de service informatique. «L’idée n’est pas d’être élu, d’après ce que j’en ai compris. Le challenge est de faire bouger les choses. Les internautes alsaciens sont parmi les plus actifs mais les entreprises sont un peu à la traîne dans les TIC.»
C’est le 15 février, date de clôture du dépôt des listes, que Geek 10 deviendra soit une véritable liste, soit le simple souvenir d’un buzz électoral.

 

Eve Chalmandrier (CUEJ)

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