Billet de blog 11 févr. 2010

Alsace d’abord, et toute seule

La liste Alsace d’abord, qui avait décroché 9,4% des voix aux régionales en Alsace en 2004, la joue solo : elle ne ralliera pas le FN.

Charline Blanchard
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La liste Alsace d’abord, qui avait décroché 9,4% des voix aux régionales en Alsace en 2004, la joue solo : elle ne ralliera pas le FN.
«Nous n’appellerons pas à voter FN». Le parti régionaliste Alsace d’abord a décidé de partir seul sur le front des régionales. Pas question de s’acoquiner avec d’autres courants politiques, ni l’UMP, ni le Front national qui joue, à peu de choses près, du même discours. «La plus grande partie de notre électorat ne se tournerait pas vers le FN», assure Jacques Cordonnier, tête de liste et chef du parti depuis 2008. Pourtant, un tiers des électeurs d’Alsace d’abord sont d’anciens frontistes. «On a trois catégories d’électeurs. Les autonomistes, les déçus de Sarkozy, et ceux qui, avant, votaient FN.»

Pendant une conférence de presse aménagée dans un restaurant strasbourgeois, jeudi, Jacques Cordonnier a assuré ne pas avoir la même «vision des choses» que le parti national d'extrême droite. «Par exemple, nous pensons qu’il faut traiter différemment les ressortissants européens et non-européens. Pour moi, un Italien ou un Allemand, installé en France, n’est pas un étranger. C’est un Européen qui circule.» Peu ou prou, en y mettant les formes, le discours que tient le FN alsacien.


S’efforçant de convaincre, Jacques Cordonnier ajoutera plus tard que, contrairement au poulain de Jean-Marie Le Pen, Patrick Binder, sa liste ne compte aucun «parachuté». «Une autre différence avec le FN! Nous n’accepterions pas sur notre liste d’autres personnes que celles qui sont attachées à l’Alsace». «Du verbiage», selon Patrick Binder, qui estime «ne pas avoir de temps à perdre avec des querelles», et ne voit en Alsace d’abord qu’un simple «détail politique».
4% des intentions de vote pour Alsace d’abord
Se lancer seule dans la course aux élections laisse peu de chances à la liste régionaliste. Selon un sondage Ifop-Paris Match-Public Sénat sorti le l3 février, le parti serait crédité de 4% des intentions de vote au premier tour, et n’obtiendrait donc pas les 10% requis pour le passage au deuxième. En 2004, Alsace d’abord avait failli décrocher une place pour le deuxième tour, avec 9,4% des voix. «Avec la réforme du mode de scrutin, nous n’avons pas pu nous maintenir.»

Les sondages, Jacques Cordonnier préfère ne pas en tenir compte. «Nous y avons toujours été sous-estimés», affirme-t-il. Il vise 12% des voix, et mise sur une longue campagne de proximité.

Charline Blanchard (CUEJ)

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