Jean-Paul Huchon à l’affût des fêtards

Jean-Paul Huchon est le roi du dancefloor, mais chut ! Le président de la région Ile-de-France, en quête d'un troisième mandat, propose la circulation des métros et RER toute la nuit le week-end, et un début de service dès quatre heures du matin tous les jours. Une proposition taillée pour les fêtards ?

Jean-Paul Huchon est le roi du dancefloor, mais chut ! Le président de la région Ile-de-France, en quête d'un troisième mandat, propose la circulation des métros et RER toute la nuit le week-end, et un début de service dès quatre heures du matin tous les jours. Une proposition taillée pour les fêtards ?

Promis juré, Jean-Paul Huchon ne drague pas la jeunesse avinée des clubs parisiens. En tout cas pas officiellement. Jugez plutôt : selon son service de presse, la proposition d'instaurer un service RATP sans interruption du samedi au dimanche vise à soulager la colère des riverains des boîtes de nuit, furieux d'entendre les jeunes beugler sous leurs fenêtres jusqu'à l'ouverture des stations de métro. Jean-Luc Romero, quatrième sur la liste socialiste de Paris, affirmait le 3 février dernier dans une interview qu' « être francilien, c'est aussi avoir une vie privée, s'amuser et sortir le samedi soir ». Un début d'aveu ?

En tout cas, une proposition qui se veut philanthrope, mais dont Jean-Claude Delarue, président de la Fédération des usagers des transports publics, modère l'intérêt : « C'est un point un peu mineur par rapport à la galère des usagers des transports publics. 99% de leurs demandes portent sur un meilleur service dans la journée. Pas sur un service de nuit. »

En finir avec la « galère » des usagers. Une formule bien connue des téléspectateurs en période de grève. Mais aussi une réalité pour les usagers des lignes de RER et de métro. Et c'est bien ça le problème : pourquoi proposer un service continu la nuit, alors que le réseau peine à fonctionner correctement en journée ?

Des difficultés de mise en place qui s'ajoutent à la réticence des syndicats. Daniel Le Cunff, secrétaire de la CGT Métro-RER, tient à rappeler que son syndicat est « toujours favorable à un renforcement de l'offre d'une manière théorique ». Tout en mettant en garde : « Nous demanderons d'avoir des effectifs en conséquence. Il faudra des agents de maîtrise, un agent aux 365 stations de métro. Il faudra également des contreparties : le travail de nuit est fatigant et contraignant. Il faudra des compensations salariales... »

Une mesure qui risque donc de coûter cher, très cher, au STIF que préside Jean-Paul Huchon. Mais qui vaut bien une petite réélection.

Thibaut Pézerat

NDLR: Contacté pour avoir une idée du coût de la mesure, le service presse de l'autorité organisatrice des transports d'Ile de France n'a pas répondu, ni aux appels, ni aux mails, ni aux messages.

 

Jusqu'au 21 mars 2010, 13 étudiants en journalisme du Celsa couvrent la campagne des élections régionales en Ile de France. Retrouvez tous nos articles sur notre site: pariregionales.fr

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