Mélenchon, sanction... et la région?

A quelques jours du 1er tour, Jean-Luc Mélenchon est venu gonfler les troupes du Front de Gauche à Toulouse. Plus que la région, c'est la sanction qui était sur toutes les lèvres lundi 8 mars à Toulouse.

Le froid et la neige sont dehors. A l'intérieur, la salle Mermoz est rouge. L'après-midi encore, l'inquiétude gagnait les esprits au sein du Front de Gauche. Sept cars de militants, devant venir de toute la région, ont pourtant été bloqués. Le millier de personnes présentes est tout ouïe aux discours des candidats. Le rouge est là, sur les murs et dans les projecteurs.
Et c'est sur une bande son rock que Christian Picquet, tête de liste Midi-Pyrénées et Charles Marziani font leur entrée dans une foule galvanisée. Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche et eurodéputé du sud-ouest, les suit de près.
Marziani ouvre le bal. Ces élections ont « un enjeu national ». Les régions, elles, sont l'occasion de « créer des fronts de lutte ». « Des lieux de contre-offensive, de résistance à la destruction environnementale et démocratique du pays », déclarait Christian Picquet à la conférence de presse. Il donne le ton de la ligne politique du FG, entre communisme et socialisme. L'affront et le tacle ne quitteront pas les discours ce soir. Unanimement, tous se réclament d'une stratégie offensive. Envers le chef de l'Etat, qualifié d' « ennemi public n°1 » par le secrétaire national du PC, Patrick Bessac.

La sanction

Les têtes de liste des départements se succèdent à la tribune. Le FG a choisi son jour. La journée de la femme est l'occasion de rappeler une valeur historique du communisme et du socialisme. C'est-à-dire la lutte pour les droits des femmes. En bord de scène, les visages de Rosa Luxembourg et Louise Michel veillent sur la lutte. Sur huit têtes de listes départementales, cinq sont des femmes. Anne Laporterie, Marie-Pierre Vieu et Marie-Claude Bouissy ont intégré la rhétorique d'affront. La dernière, conseillère municipale de Montauban tacle au passage Brigitte Barèges, son adversaire maire UMP de Montauban. Sa ville, selon Bouissy un laboratoire de « la politique nationale », subit depuis l'élection municipale une « accélération de la privatisation des services ».
En revanche, si on n'approuve pas entièrement le bilan du socialiste Martin Malvy, on le « respecte ». «C'est un bilan commun. De bonnes et de mauvaises choses ont été faites.»

Mélenchon a quitté « les pantoufles de gauche »

Arrive ensuite la star, Jean-Luc Mélenchon. Comme ses prédécesseurs, il condamne les événements du samedi dernier. Lors d'une manifestation féministe, plusieurs femmes ont été violentées par les forces de l'ordre. Elles veulent porter plainte.
Pour casser toute ambiguïté, il inscrit tout de suite les régionales dans une logique nationale. « Les problèmes sont nationaux. Il s'agit de gouverner ce pays. »
Accoudé au pupitre, il est à l'aise et fait l'unanimité. Son discours se transforme ensuite en diatribe du« système », de la toute-puissance des marchés financiers. Entre deux invectives, il pique le PS et ironise sur son parcours atypique. « Il y a ceux qui restent dans les pantoufles de gauche, et ceux qui choisissent les chaussures de marche. A un moment, il est temps de prendre les chaussures de marche. »
Cela ne fait aucun doute. Venu soutenir ses camarades, il a aussi 2012 dans le viseur.
C'est Christian Picquet qui termine. Il s'épanche un peu plus sur la Région et le programme du FG. Le catalogue des mesures pour la Région défile. Parmi elles, la création d'un fonds régional pour l'emploi, la création d'emplois« socialement et écologiquement utiles », la sauvegarde des services publics, des assises du fret.
Pour le FG, les régionales sont un prétexte pour « ouvrir des brèches dans le capitalisme », « la politique nationale ». En ces temps de crise et de rejet de l'action gouvernementale, la parade pourrait fonctionner.

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