Vincent Novès, "ne pas se laisser dicter le vote par les sondages"

A 48 heures du premier tour des élections régionales, l’Ecole de Journalisme de Toulouse recevait ce vendredi midi Vincent Novès. Sans détour, le jeune numéro deux de la liste UMP « Osons Midi-Pyrénées » et Conseiller Municipal de la ville de Balma a livré ses impressions sur la campagne, le bilan du président sortant Martin Malvy et les projets à venir.

EJT : À deux jours du premier tour, quelle autocritique pouvez-vous faire sur la campagne de l’UMP en Midi-Pyrénées ?
Vincent Novès : Je ne me livrerais pas spécialement à une autocritique sur notre campagne. Mais plutôt à une réflexion visant à savoir comment toucher les citoyens sur des sujets dont ils ne savent pas forcément qu’ils relèvent de la compétence régionale. Il est très compliqué d’aller voir les électeurs sur le terrain dans une région. Sur une commune comme Balma dont je suis conseiller municipal c’est facile car il y a un nombre d’électeurs assez faible, mais pour une campagne régionale il y a beaucoup plus d’électeurs sur une zone géographique très étendue.
D’autre part, il est très délicat de trouver un relais médiatique pour une campagne comme celle-ci même par les médias régionaux. Ceci peut être dû à un manque d’intérêt de la part des Midi pyrénéens pour ce scrutin régional.
EJT : Est-ce un avantage de faire partie d’une liste de la majorité présidentielle pour mener campagne dans ces régionales ?
V.N : Ma réponse est simple. C’est très délicat aujourd’hui car on représente majorité présidentielle et il y a parfois une certaine collusion. De plus pour une élection locale on est obligé de composer avec des réalités géographiques et donc avec différentes sensibilités politiques. Dès le premier tour, il y a ainsi dans notre liste des Villieristes, des candidats de la majorité et même certains représentant la gauche moderne. Cela dit Brigitte Barèges n’a jamais caché ses valeurs et son appartenance à l’UMP, même si elle s’est avant tout attachée à travailler sa notoriété plus que d’entretenir le lustre de son parti.
Quant a ce qui est de notre politique, on ne pourra de toute manière pas aller à contre courrant de la politique nationale et on sera même un appui à celle ci. Malgré tout les régionales auront avant tout des conséquences régionales.
EJT : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le bilan du candidat socialiste sortant, Martin Malvy ?
V.N : Je voudrais tout d’abord poser une question. Les midis pyrénéens sont ils capables de citer un grand projet du PS depuis 12 ans ? Je ne le pense pas.
Sur le projet du TGV, Malvy perd beaucoup de temps. La région a besoin de régler les dossiers efficacement. Toujours en ce qui concerne les transports, un train sur quatre est en retard sur ces 6 derniers années en Midi-Pyrénées. Ce n’est pas normal. C’est même très problématique pour l’économie car cela empêche parfois les actifs de se rendre sur leur lieu de travail à l’heure. Madame Barèges est déterminée à agir pour améliorer tout cela.
D’autre part, la région est compétente en matière de formation professionnelle, elle a les budgets, les compétences. Aujourd’hui la part du budget qui y est consacrée est de 3,6%. C’est très peu, et on propose plus car l’emploi est une donnée qui se situe au cœur de l’économie.
EJT : Vous êtes kinésithérapeute et créateur d’entreprise, y a t-il des difficultés pour les entreprises dans la région, et comment penseriez vous pouvoir y remédier?
V.N : On veut mettre fin en matière d’aide aux entreprises à une multitude d’interlocuteurs, des agences satellites très couteuses et dont le rendement n’est pas assez efficace (Midi-Pyrénées innovation, Midi-Pyrénées expansion, etc.) Les chefs d’entreprise ne savent pas vers qui se tourner. L’un de nos projets est de créer un guichet unique afin de faciliter ces aides aux entreprises.
D’autre part, le plan de sauvetage consiste à investir l’argent des contribuables de Midi-Pyrénées dans l’emploi. Les Entreprises ont des commandes mais pas de trésoreries. C’est un véritable problème et il faut soutenir ces entreprises.
EJT : La liste UMP est créditée de 20% d’intentions de vote loin derrière la liste PS de Martin Malvy qui recueillerait 40% des voix. Malgré ces chiffres, y croyez vous encore ?
V.N : Oui, car les sondages n’ont jamais fait les élections. Les électeurs n’ont pas à se laisser dicter le vote par les journaux et les sondages. Brigitte Barèges avait plusieurs fois été donnée perdante par les sondages à la mairie de Montauban ou lors des législatives dans le Tarn et Garonne. À chaque fois elle a pourtant gagné. De ce fait on ne fait pas trop attention aux sondages. Quant à l’abstention, on ne peut pas dire qu’elle nous fera défaut. Il y a des abstentionnistes dans les deux camps, au final l’abstention ne nous sera pas plus préjudiciable qu’à la gauche.
EJT : Vous dites vouloir prendre en charge le dossier du prolongement de la Ligne B. Ce chantier fait-il vraiment partie des compétences régionales ?
V.N : Bien sûr. Les transports sont un des sujets majeurs des régions même dans les villes. La région doit participer au transport. A ce titre elle nous ferons tout pour que la ligne B du métro soit prolongée le plus rapidement possible jusqu’à Labège-Innopole (ndlr, Labège-Innopole est l’une des principales zones commerciales de la couronne toulousaine avec Portet et Blagnac) car Tisséo semble avoir des difficultés pour s’en charger entièrement seul.
EJT : Et que comptez vous faire pour les agriculteurs après la grogne de ces derniers mois ?
V.N : La région doit avoir un rôle majeur pour l’agriculture. Midi-Pyrénées est une formidable terre de ressources, on a de l’eau, du vent, etc. Nous proposons par exemple de créer un fonds de soutien pour permettre aux agriculteurs de céder leurs terrains à des générations plus jeunes. Sur le problème de l’irrigation nous envisageons de créer des réserves d’eau, et pour cela d’aménager entre autres les bords de la Garonne.

Propos recueillis par Arnaud Souque

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