Ile-de-France: ces élus éconduits par le PS

Aujourd'hui, ils sont conseillers régionaux socialistes d'Ile-de-France mais ils n'ont pas été reconduits sur une liste. Ces élus évincés ont pour le plupart claqué la porte du parti et fustigent aujourd'hui «les contradictions d'un parti de cadres».

Aujourd'hui, ils sont conseillers régionaux socialistes d'Ile-de-France mais ils n'ont pas été reconduits sur une liste. Ces élus évincés ont pour le plupart claqué la porte du parti et fustigent aujourd'hui «les contradictions d'un parti de cadres».trans.gif

"Amer". Deux syllabes récurrentes dans la bouche de Jean-Jacques Lejeune. Cet actuel conseiller régional d'Île-de-France ne sera pas réélu lors du scrutin de mars prochain. Après deux mandats, il a été évincé de la liste de Jean-Paul Huchon. "J'ai appris au cours d'une nuit de négociations au conseil fédéral que je me trouvais à une place non éligible" commente l'ex-socialiste, désabusé. En décembre, il a rendu sa carte du parti.

"Le sacrifice a été douloureux car les élus n’ont pas démérité, mais il fallait prouver que l’on sait renouveler. J’assume ces choix" affirme Jean-Paul Huchon. L'actuel président de la région brigue lui son troisième mandat. La politique de renouvellement ne concernerait alors que les feudataires du président ? "C'est contradictoire ! Mais le PS vit dans ses contradictions" s'agace Jean-Jacques Lejeune. Si l'UMP "a nettoyé ses listes au Kärcher", leur constitution au PS a été pesée au trébuchet entre les différents courants du parti et la volonté d'intégrer des personnes issues de la diversité. Roxana Maracineanu, ancienne championne du monde de natation a ainsi trouvé sa place dans les Hauts-de-Seine, ou encore Ali Soumaré, ancien porte-parole des familles pendant les émeutes de Villiers-le-Bel et fils d'émigré malien de 29 ans, tête de liste du Val d'Oise.

rose fanée

Alors que Martine Aubry rêve à voix haute d'une France "toute rose" et qu'en Île-de-France le PS est donné en tête au second tour par la plupart des sondages, l'élaboration des listes a été la goutte d'eau pour ces élus. "Je ne sais pas si c’est moi qui suis partie ou si le parti m’a foutue dehors", balance Nathalie Kaufmann. Comme ses collègues, cette conseillère régionale n'a pas compris son éviction de la liste de Jean-Paul Huchon. "Je ne m'accroche pas à un mandat. J'ai refusé d'être sur une autre liste" se défend pourtant Jean-Jacques Lejeune, "mais on a été éjectés, traités comme des pions, sans respect pour des années de militantisme". Au PS, 60% des listes ont été renouvelées.

"Je ne peux cautionner les pratiques indécentes de certains de nos dirigeants, les luttes fratricides, les éloges des incompétences, les choix tactiques douteux, le viol de nos règles et statuts. Un parti démocratique ne peut se satisfaire de telles méthodes de fonctionnement qui ont vu fuir tellement de nos camarades de lutte ces dernières années" écrit sur son blog Serge Méry, vice-président du conseil régional en charge des transports. Lui aussi a rendu sa carte du Parti Socialiste, "après quarante ans de militantisme".

Du rose au vert, Eric Loiselet, ancien patron de la fédération PS de la Haute-Marne, a franchi le pas. Il a rallié les troupes d'Europe-Ecologie et est aujourd'hui tête de liste en Champagne-Ardenne. Fin 2009, il a crée Convergence-s, "une organisation balbutiante" réunissant des ex-militants des différents courants de la gauche. "Je ne crois plus à ces partis qui marchent à la verticale, avec des décisions qui tombent ainsi" explique J.J Lejeune qui a rejoint ce réseau.

La colère de ces évincés envers le PS est patente. "Parti de cadres", "Parti virtuel", les dénominateurs fusent. Avec une contradiction : si tous disent ne pas s'accrocher à leur siège, ils n'auraient pas dit non à un nouveau mandat.

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