En Ile-de-France, un score en demi-teinte pour Europe Ecologie

Avec 16,58% des voix au soir du premier tour, Europe Ecologie confirme son enracinement dans le paysage politique en Ile-de-France. Mais ce chiffre est inférieur au résultat des élections européennes et relègue le mouvement derrière le Parti socialiste.

Avec 16,58% des voix au soir du premier tour, Europe Ecologie confirme son enracinement dans le paysage politique en Ile-de-France. Mais ce chiffre est inférieur au résultat des élections européennes et relègue le mouvement derrière le Parti socialiste.

Ils attendaient beaucoup de ces élections: une confirmation, et même pourquoi pas une victoire. Les candidats d’Europe Ecologie semblent satisfaits, voire très satisfaits, de leurs résultats en Ile-de-France: 16,58% pour la liste de Cécile Duflot. « Nous sommes la troisième force politique de France », se sont réjouis, hier soir, tour à tour la tête de liste, ainsi qu’Emmanuelle Cosse, candidate à Paris ou encore Julien Bayou, candidat dans le Val-d’Oise, montés sur la scène du Divan du Monde, transformé en QG des écolos pour l’occasion.

En effet, le chiffre est beau, plus beau que le résultat national: 12,18% pour l’ensemble des listes, d'après le ministère de l'Intérieur. Un score qui permet à Europe écologie de confirmer son enracinement dans le paysage politique français et francilien. « Cette élection était la plus difficile, celle de la confirmation, nous avons réuss », s’est félicitée Cécile Duflot.

Mais si ce bon score est celui de la confirmation, il reste quand même inférieur à l’inattendu résultat des européennes en Ile-de-France en juin dernier: Europe Ecologie avait récolté 20,86% des voix dans la région. Surtout, il ne permet pas à Europe Ecologie de garder l’avantage sur le PS, qu’il avait largement écrasé dans la région lors du scrutin européen. Le parti à la rose n’avait recueilli que 13,58% des voix. Yannick Jadot, ancien de Greenpeace et personnage clé du mouvement écologiste, s’adressait hier aux militants, en n’avouant qu’à moitié une certaine déception: « Je vois sur certains visages des sourires de déception ». Après le score des européennes, les militants s’étaient parfois pris à rêver de passer devant Jean-Paul Huchon. Mais hier soir, les socialistes ont repris la main avec 25,26% des suffrages.

Pour Daniel Cohn-Bendit, qui pourtant en janvier dernier lors du grand meeting d’Europe Ecologie espérait faire au moins 15% des voix au niveau national – le minimum pour parvenir à casser la position « hégémonique » du PS – l’essentiel est finalement d’avoir réussi à imposer les idées écolos sur la gauche de la scène politique. « Le parti socialiste a compris le message des européennes: aujourd’hui, il ne peut y avoir d’alternative à l’UMP sans rassemblement avec l’écologie politique», a-t-il martelé devant le parterre de militants et de journalistes.

Désormais, l’heure est aux tractations, et fort tout de même du soutien de plus de 16% des électeurs franciliens, Europe Ecologie entend bien s’imposer dans les négociations avec les socialistes. « La leçon de ce soir: l’hégémonie ne paie pas, mais ce qui paie c’est le partenariat politique», a prévenu Daniel Cohn-Bendit, un message tout droit adressé au PS.

En coulisse, Jean-Vincent Placé, n°2 des Verts, a expliqué la stratégie d’Europe Ecologie dans les jours à venir en Ile-de-France : «Nous allons faire un accord à trois. Chacun aura le pourcentage de postes que lui donne cette proportionnelle. Nous serons au-delà d'un tiers d'éligibles en Ile-de-France. »

Invitée de la matinale de France Inter, Cécile Duflot s’est bornée ce matin à déclarer que «les négociations se poursuivent, normalement. En Ile-de-France, les choses vont bien se passer. Chacun a bien compris la nécessité du rassemblement». Le ton se fait moins menaçant que lors de la dernière semaine de campagne: «Nous demandons l’application de la proportionnelle, on souhaite pouvoir assumer des postes «structurants». Les négociations se focalisent sur l’ensemble des sujets, pas sur des points précis».

Pas très précise, donc, Cécile Duflot, sur les postes exigés par Europe Ecologie au cours de ces négociations. Seule supposition: elle devrait être en mesure d’exiger le fauteuil de première vice-présidente du conseil régional. Côté programme, un militant voyait hier dans ces résultats l’aboutissement d’une mesure phare d’EE : « On va l’avoir, notre dézonnage!», s’est-il réjoui. Rien d’officiel en revanche. Plusieurs suppositions mais une seule certitude: Cécile Duflot ne sera pas présidente de la région Ile-de-France dimanche prochain.

 

Lorraine Gublin et Thibaut Pézerat

Jusqu'au 21 mars 2010, 13 étudiants en journalisme du Celsa couvrent la campagne des élections régionales en Ile-de-France. Retrouvez tous nos articles sur notre site : PariRégionales.fr

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.