Ile-de-France: les radicaux de gauche se font une place dans la campagne du PS

Forts d'un bilan commun avec les conseillers socialistes sortants, les radicaux de gauche d'Ile-de-France mènent cette année encore la campagne aux côtés de Jean-Paul Huchon. L’occasion pour les militants d’affirmer leur rôle dans la liste commune et de défendre les idées d’un parti aussi ancien que méconnu.

Forts d'un bilan commun avec les conseillers socialistes sortants, les radicaux de gauche d'Ile-de-France mènent cette année encore la campagne aux côtés de Jean-Paul Huchon. L’occasion pour les militants d’affirmer leur rôle dans la liste commune et de défendre les idées d’un parti aussi ancien que méconnu.

 

Il arrive que les passants les confondent avec le parti radical valoisien, celui de Jean-Louis Borloo, voire avec le Parti de gauche, emmené par Jean-Luc Mélenchon. Sur les marchés ou dans les rues d’Ile-de-France, où ils mènent la campagne pour les régionales, les radicaux de gauche reprennent donc leur travail de pédagogie. Le week-end dernier, une dizaine de jeunes militants battaient le pavé parisien pour une séance de tractage autour de l’Hôtel de ville. « Régulièrement on réexplique aux gens qui l’on est et ce que l’on fait », commentent les militants.

 

Fondé sous sa forme actuelle en 1973, hérité des mouvements républicains du XIXe siècle puis ranimé par Pierre Mendès-France, le parti radical de gauche (PRG) s’est allié pour les régionales avec le PS, le MRC et le Mouvement unitaire progressif (MUP) de Robert Hue. Pile de tracts sous le bras, Eric, 29 ans, distribue donc « le programme de Jean-Paul Huchon ». Sans complexe ni regrets. « Le PRG y a largement contribué, on a fourni pas mal d’idées », affirme ce délégué de la fédération Ile-de-France des jeunes radicaux, qui a adhéré en 2006, inspiré par les « valeurs républicaines et humanistes de Mendès-France ou de Gaston Monnerville».

 

Entre 8 et 10 sièges réservés

 

Début janvier, le président des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, et Martine Aubry scellaient un accord national sur des listes communes pour les régionales. Sept élus radicaux et deux apparentés siègent déjà au conseil régional. Jean-Paul Huchon et Jean Levain, président du groupe PRG en Ile-de-France, ont cette fois convenu de leur réserver entre 8 et 10 sièges.

 

Plusieurs propositions du projet Huchon viennent d’ailleurs directement des rangs radicaux. « Notamment l’idée d’un ’small business act’ pour les PME et les TPE par exemple », cite Eric, attiré au PRG pour des idées économiques « plus centre gauche qu’au PS, encore très influencé par la lutte des classes ». L’ouverture du métro la nuit du samedi au dimanche, le guichet unique pour les aides aux entreprises ou l’extension de la carte Imagine’R aux moins de 26 ans non salariés sont aussi à mettre au crédit du PRG francilien.

 

Pragmatisme

 

De café-débats en meetings départementaux, les radicaux profitent du terrain pour affirmer leur place dans la campagne. « Plus on est visible à chaque occasion, plus on sera en mesure de peser dans les débats plus tard », explique Eric, qui admet que « la ‘marque’ PS est encore forcément plus forte que celle du PRG ».

 

Charles, 26 ans, militant depuis cinq ans, ne reconnaît qu’une « petite frustration » à tracter pour la tête de liste d’un autre parti. « Que ce soit pour Jean-Paul Huchon ou Bertrand Delanoë lors des municipales, j’ai toujours eu à le faire pour des gens avec qui j’étais entièrement d’accord, donc ça va », commente t-il. Avec seulement 2000 militants dont près de 500 en région parisienne, les radicaux ne pouvaient pas partir seuls au combat. « Au niveau régional, on peut facilement faire liste commune parce qu’on reste dans de la gestion. Seuls les nouveaux adhérents ont vraiment soif de représentativité. C’est complètement différent d’une élection nationale où il en va de notre existence de présenter des candidats. »

 

La campagne vue d’un petit parti n’aurait donc que des avantages ? Pour Yvonnick, 24 ans, le PRG a au moins le mérite de laisser ses membres défendre leurs positions. « Les grands partis ou les syndicats sont souvent assez sectaires et pas toujours tolérants, il faut s’identifier à des courants, ce qui pousse finalement beaucoup de gens à s’engager dans des associations plutôt qu’en politique, conclut t-il. Ici la seule vraie base commune, c’est qu’on est clairement à gauche. »

 

Alexia Eychenne

 

Jusqu'au 21 mars, 13 étudiants en journalisme du Celsa couvrent la campagne des élections régionales en Ile-de-France. Retrouvez tous nos articles sur notre site PariRegionales.fr.

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