Midi-Pyrénées: Europe Écologie dans la cour des grands

Si la liste socialiste conduite par Martin Malvy, actuel président de la région, est donnée favorite, les autres candidats de gauche veulent y croire.
Si la liste socialiste conduite par Martin Malvy, actuel président de la région, est donnée favorite, les autres candidats de gauche veulent y croire.

 

Une alliance Europe Écologie, Front de gauche et NPA face à Martin Malvy ? C'est ce que Gérard Onesta, tête de liste d'Europe Écologie, laisse sous-entendre. « Il n'est plus possible d'envisager une alliance au second tour avec le Parti socialiste », explique-t-il. Martin Malvy ne lui donnerait pas les garanties suffisantes pour une éventuelle alliance au second tour : « Impossible d'obtenir une quelconque assurance sur la répartition des responsabilités », indique Gérard Onesta. L'ancien président du Parlement européen dénonce également l'attitude du socialiste Pierre Cohen, le maire de Toulouse, après l'éviction du président de Tisseo, Stéphane Coppey. « Comment convaincre nos électeurs de l'intérêt de signer un nouvel accord avec le PS après cet épisode ? »

Le camp de Gérard Onesta garde aussi en mémoire les dernières élections régionales. Dans la négociation d'entre-deux tours, le parti vert n'avait rien obtenu de Martin Malvy. Aujourd'hui, la situation n'est plus la même. Europe Écologie est en mesure de réaliser un joli score et d'atteindre la barre des 10 % de suffrages pour se maintenir au second tour. Sa liste pourrait fusionner avec celle du Front de gauche et celle du NPA, sous réserve que ces dernières obtiennent au moins un score de 5 %. Le cumul de ces trois listes jouerait les trouble-fête dans des triangulaires avec le PS et la liste UMP de Brigitte Barèges.

"C'est de la sauce politicienne"

Est-ce pour autant la fin des alliances traditionnelles avec le PS ? Difficile de l'imaginer. Car le Front de gauche, de son côté, semble davantage désireux de compter ses voix au premier tour afin de négocier ensuite avec Martin Malvy. Charles Marziani, tête de liste Front de gauche dans le département de Haute-Garonne, refuse la proposition de Gérard Onesta : « C'est de la sauce politicienne et nous ne participerons pas à ce jeu-là ». Le Front de gauche souhaite obtenir au premier tour plus de 10 %. « Dans cette hypothèse, nous négocierons plus facilement avec le Parti socialiste », estime Charles Marziani.

Au second tour, il semble que Martin Malvy n'entende pas s'encombrer avec des membres les plus radicaux d'Europe Écologie. Par contre, le président du conseil régional paraît prêt à intégrer des écologistes issus du parti Vert.

Les négociations ne se feront qu'entre partis de gauche puisque le Modem et Europe Écologie n'envisagent aucune discussion commune à l'issue du premier tour. Onesta juge Arnaud Lafon, la tête de liste du Modem, encore « trop à droite ».

On peut supposer qu'en affichant publiquement sa position sur une possible alliance avec la gauche de la gauche le candidat d'Europe Écologie cache une stratégie tout autre. Cette habile manœuvre pourrait conduire Martin Malvy à négocier avec un Gérard Onesta en position de force au soir du premier tour.

Hugues-Olivier Dumez

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