Alsace: Philippe Richert gêné par les polémiques nationales

«Tout ceux qui veulent, par des critiques, affaiblir la majorité, commettent une faute contre cette majorité»: La déclaration de Francois Fillon, mardi soir, au siège national de l’UMP, semble gêner Philippe Richert autant que les «critiques» dont il est question.

«Tout ceux qui veulent, par des critiques, affaiblir la majorité, commettent une faute contre cette majorité»: La déclaration de Francois Fillon, mardi soir, au siège national de l’UMP, semble gêner Philippe Richert autant que les «critiques» dont il est question.

Philippe Richert le 3 mars dernier à Strasbourg. © Lisette Gries Philippe Richert le 3 mars dernier à Strasbourg. © Lisette Gries
«Il faut qu'on se focalise sur ce qui peut vraiment nous faire gagner: un projet clair. J'ai évacué les thèmes nationaux de ma campagne depuis le début. Je continue à me préoccuper d'abord de mon programme pour les Alsaciens», a affirmé mercredi le candidat de la droite aux élections régionales. Le sénateur UMP brigue une des seules régions qui pourraient être gagnées par la droite dimanche soir. «Le moment est mal choisi pour s'épancher sur des problèmes internes au parti.» Même son de cloche pour la sénatrice UMP du Bas-Rhin et ancienne maire de Strasbourg, Fabienne Keller: «Pour le moment, il faut rassembler les électeurs autour de nos valeurs.»

Intrusion

S’il concentre les espoirs de son camp, Philippe Richert se passerait bien de l’intrusion de polémiques nationales dans sa campagne. Au lendemain du premier tour, il ne niait pas le vote sanction: «Les Alsaciens sont mécontents de certaines mesures prises par le gouvernement, pour l’emploi, par exemple. Cela a joué contre nous.» Lui-même n’a jamais caché ses réserves envers une partie de l'action de Nicolas Sarkozy. «Quand un ministre de gauche est nommé, c'est un peu difficile à comprendre pour les Alsaciens», remarque le sénateur UMP, en faisant référence à Jean-Marie Bockel, ancien socialiste aujourd’hui secrétaire d’Etat à la Justice. «Aujourd’hui, il est bien intégré au gouvernement et il soutient notre action, mais les Alsaciens, qui ont vraiment adhéré au projet présidentiel, auraient mérité un ministre de la majorité.»
Celui qui «signe des deux mains à la plupart des réformes engagées par le président, comme le Grenelle de l’environnement» reconnaît toutefois que «cette période de mi-mandat n'est pas idéale pour une élection locale.»

«retour aux fondamentaux»

Cependant, selon Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, le candidat n'est pas visé par le rappel à l'ordre du Premier ministre. «François Fillon s'adressait à ceux qui s'engagent dans un travail de sape, qui critiquent la personnalité du président de la République, mais pas à ceux qui remplissent leur mission, comme Philippe Richert.»
Dès dimanche soir, Rachida Dati et Christine Boutin, deux anciennes ministres, ont prôné un «retour aux fondamentaux» de la droite. Alain Juppé, ancien Premier ministre, a pour sa part déclaré lundi sur son blog qu'une «réflexion s’imposait sur le rythme des réformes (...) et la concertation qui les accompagne». Bernard Debré, député parisien, a parlé de «tôle» au premier tour avant de critiquer le «déni de réalité» des dirigeants de l’UMP. L’Etat-major du parti, convoqué à l’Elysée dimanche soir, a appelé ses membres à nier toute idée d’échec, et à expliquer l’abstention massive comme un désaveu de la gestion socialiste des régions.
«Il faut vraiment être sourd» à l’UMP pour «seriner» qu’il n’y a pas eu de «vote sanction», s’est emporté Philippe Dallier, sénateur UMP.
Lisette Gries (Cuej)

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