En Midi Pyrénées, l'UMP pense déjà à l'après régionales

Campagne de l’entre deux tours oblige, L’UMP était en meeting hier à Toulouse. Très discret depuis le début de la campagne, Jean François Copé a volé au secours de Brigitte Barèges, largement devancée dimanche dernier par le président de région sortant Martin Malvy.


Echarpes bleues, cornes de brumes et drapeaux flottants, ils sont plusieurs centaines de militants de l’UMP à s’être réunis autour de Brigitte Barèges, Jean François Copé et Dominique Baudis jeudi soir au centre des congrès de Pierre Baudis à Toulouse. L’objectif, soutenir la candidate UMP à la présidence du Conseil Régional Midi Pyrénées en vue du second tour des régionales et en appeler aux abstentionnistes, très nombreux lors du premier tour dimanche dernier. Mais Brigitte Barèges le sait le combat sera dur. La Maire de Montauban qui pourrait n’obtenir que 30% des voix dimanche ne se fait guère d’illusions dans sa quête de la région. Pas plus que les militants venus l’encourager. « Nous venons la soutenir car nous sommes de droite et il en est de notre devoir, déclarent ainsi Jean Pierre et Geneviève, couple de retraités ariègeois. Mais on sait bien que ce sera très dur et même si on lui donne nos voix, on sait que l’espoir de gagner est mince ».


Alors on s’ose dès l’ouverture du meeting à quelques critiques virulentes sur la gestion socialiste de la politique locale. Le monopole de la gauche sur la politique en Midi Pyrénées est néfaste au pluralisme, avance ainsi Dominique Baudis, ancien Maire RPR de Toulouse, car il coupe court à tout débat démocratique. L’assistance est sous le charme. Même son de cloche chez Jean François Copé qui fustige la stratégie électorale de la gauche. Pour l’ex-porte parole du gouvernement sous la présidence de Jacques Chirac « le fait que le PS discute avec l’extrême gauche pour sceller des alliances est très critiquable. Nous ne nous permettront jamais de faire des alliances avec l’extrême droite pour gagner des élections ».


Du débat de fond, il y en a aussi, un petit peu. On en appelle à un retour sur le plan local aux valeurs républicaines. La lutte contre la violence à l’école ou l’interdiction du port de la Burqa dans les lieux publics. Car selon Dominique Baudis, Midi Pyrénées à toujours été « une terre de débat et de respect ». Quelques heures plus tôt en conférence de presse J.F Copé s’aventure déjà sur le terrain de l’insécurité, cheval de bataille du président Sarkozy. Pour lui, « ne pas aborder ce thème serait dangereux pour l’UMP. » Il explique que dans sa ville de Meaux, beaucoup d’investissement ont été réalisés pour « supprimer les ghettos, ce qui a permis de faire diminuer le taux de délinquance de 35% ».Un investissement qui permet de gagner les voix « d’électeurs qui n’auraient pas naturellement voté pour l’UMP, mais qui ont vu venir les résultats d’une politique menée sur le plan local. »


Le cœur y est mais la raison est plus forte. Pluies d’applaudissements pour chacune des têtes de listes départementales, « le Pack Midi Pyrénées » comme le présente Vincent Novès, numéro 2 de la liste UMP de Brigitte Barèges dans une métaphore rugbystique de rigueur dans la région, slogans engagés et jeunesse mise en avant, on se prépare déjà en réalité à l’après régionales. « Il est évident que l’on ne peut pas rester indifférent à un scrutin national, avoue ainsi Jean François Copé. Le Maire de Meaux semble déjà penser à l’après régionales. Il n’a de cesse de parler de défaite, et semble plus faire campagne pour la présidentielle de 2012 que soutenir son « amie » Brigitte Barèges. Pour ce qui est des prochains jours, l’objectif est donc très clair. « se réunir pour débattre des leçons de ce scrutin et en tirer les conséquences. On ne fera pas de commentaires avant. Et même si les résultats risquent de ne pas être favorables, tout le monde doit rester mobilisé jusqu’à dimanche soir ». Durant ce meeting, l’UMP aura au moins eu le mérite de la franchise.

 

Arnaud Souque

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