L’Union Démocratique Bretonne, pour une région plus forte

L'Union Démocratique Bretonne (UDB), composante d'Europe Ecologie en Bretagne est toujours présente au second tour. Arnaud Thominiaux, 16e sur la liste en Côtes d'Armor, explique ce que représentent ces élections pour des partisans de l'autonomie d'une région.

 

Arnaud Thominiaux, employé aux espaces verts sur la commune de Bourseul, dans les Côtes d'Armor, n'est sûrement pas dans ses Pensées en ce dimanche électoral. L'accord que le parti socialiste et Europe Ecologie n'ont pas su trouver laisse la liste de l'UDB (autonomiste de gauche) sur laquelle il figure dans la course au second tour. « La décision de Jean-Yves Le Drian est décevante », martèle Arnaud. Pour rappel, le président sortant a obtenu 37,19% des voix au premier tour. Assuré de sa réélection, il ne souhaitait accorder que dix sièges à « Europe Ecologie Breizh » qui en revendiquait quatorze avec la règle de la proportionnelle. Les discussions ont donc avorté et la Bretagne fait figure d'exception nationale. « Lorsque Le Drian n'a pas besoin de nos voix, il ne nous respecte pas. »

Qu'à cela ne tienne, pour Arnaud et ses compagnons de route, l'objectif est de faire aussi bien qu'en 2004 où l'UDB avait obtenu trois élus dont une vice-présidence de région. De quoi continuer à peser et militer jusque dans les instances régionales pour une culture et un idéal politique. « Nous voulons plus de pouvoir pour la région comme c'est le cas en Allemagne pour les Landers, précise le militant de 25 ans. La France pourrait être une république fédérale démocratique. »

 

« Vivre, travailler et décider au pays »

En somme, Arnaud Thominiaux rêve d'un pays fait de régions plus fortes, en mesure de préserver des patrimoines qui tendent à disparaître. En Bretagne, d'après les dernières estimations, il ne resterait plus que 206.000 locuteurs bretons, soit 5% de la population de la région. Mais environ 60% d'entre eux ont plus de 60 ans. La langue perd ainsi 10.000 locuteurs chaque année. Elle est aujourd'hui menacée d'extinction, tout comme le gallo, autre langue parlée à l'est de la Bretagne. « Nous voulons une région fière de son identité qui disposerait de trois langues enseignées dans les écoles. Le breton, le gallo et le français. » Ces élections régionales sont donc l'occasion de mettre en relief des valeurs et une histoire régionale puisque l'UDB est également partisan du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Mais les autonomistes se veulent également écolos. « Nous travaillons pour une agriculture durable et pour créer des emplois. Vivre, travailler et décider au pays, c'est ce que nous défendons. » Arnaud Thominiaux n'est pas en position éligible mais pendant plusieurs semaines il aura prêté main forte à l'Union Démocratique Bretonne. Demain, il retrouvera son emploi tout en restant militant. A tout point de vue, « il faudra se remettre au travail ».

 

Romain LEPETIT

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.