«Jean Lassalle l'Aquitain», candidat des médias ?

Jean Lassalle serait-il le plus « people » des candidats au conseil régional d'Aquitaine ? Rappel des faits d'armes du fantasque béarnais du Modem.
Jean Lassalle serait-il le plus « people » des candidats au conseil régional d'Aquitaine ? Rappel des faits d'armes du fantasque béarnais du Modem.
Jean Lassalle, tête de liste Modem en Aquitaine, en conférence à Bordeaux-Lac. © Jérôme Perrot Jean Lassalle, tête de liste Modem en Aquitaine, en conférence à Bordeaux-Lac. © Jérôme Perrot

A sa droite, Xavier Darcos, ministre interchangeable du gouvernement Sarkozy. A sa gauche, Alain Rousset, inconnu au bataillon une fois passées les frontières aquitaines. C'est dire si le longiligne candidat du Modem, considéré dit-on comme un frère par Bayrou, a une vraie carte « popularité » à jouer pour les régionales. La protestation sous forme de « coup » médiatique, ça le connaît. En 2003, à l'Assemblée, Jean Lassalle coupe la parole à Nicolas Sarkozy - alors ministre de l'Intérieur - en entonnant l'hymne des Pyrénées en langue béarnaise, au motif qu'il souhaite le maintien d'une gendarmerie près du tunnel du Somport. Assailli par les médias dès la fin de la séance, il entretient depuis cette image en poussant ponctuellement la chansonnette en public.

En 2005, le « roi du chant et du chantage », comme l'appellent ses détracteurs, entame 39 jours d'une grève de la faim obstinée à l'Assemblée. Il empêche la « délocalisation » - dans une ville distante de 65 kilomètres - de l'usine Toyal, située dans sa circonscription. « Ce sont mes adversaires qui cherchent à m'enfermer dans une image », assure-t-il avec son accent à couper au couteau. Quand on le classe au centre-droite, Jean Lassalle aime à rappeler sa présence, en 2006, « à l'investiture d'Evo Morales, le président bolivien, en compagnie d'Hugo Chávez et de Raúl Castro ». Le président de Bolivie a d'ailleurs surnommé son copain béarnais « le centriste de l'extrême ».

Le vrai bonheur de Jean Lassalle ? « Occuper le terrain », répéte-il en présentant son programme à la presse locale. Pendant cette campagne, il arpente l'Aquitaine, enchaîne les déplacements. Le candidat Modem aurait « fait plus de kilomètres en une semaine que Bayrou (candidat de l'UDF pour la liste Gironde, NDLR) pendant toute la campagne en 2004 », s'amuse un membre de son équipe. Son chauffeur d'ajouter : « Et le soir, il a beau être fatigué, manquer de sommeil, il ne se coucherait jamais ! Il est très, très bavard ». Pour Claudia Courtois, journaliste politique au Monde, « il fait partie des hommes politiques qui montrent le plus un besoin d'être aimé ». Quitte à tenter d'autres « coups » médiatiques : prendre Marouane Chamakh, un footballeur prête-nom sur sa liste, proposer la candidature de Bordeaux pour l'exposition universelle en 2020 ou celle du massif pyrénéen pour les Jeux d'Hiver 2022.

 

Jérôme PERROT

 

 

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