Billet de blog 26 févr. 2010

Eclats de Verts en Alsace

C'est sous l'étiquette « écologie sociale, solidaire et décroissante » que Manuel Santiago a décidé de courir les régionales alsaciennes. Ancien porte-parole des Verts et attendu dans les rangs d'Europe Ecologie, ce directeur d'un centre socio-culturel à Strasbourg a préféré monter une liste à part. « Sur la liste Europe Ecologie, on n'était pas en position d'être éligible », affirme-t-il.

Charline Blanchard
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C'est sous l'étiquette « écologie sociale, solidaire et décroissante » que Manuel Santiago a décidé de courir les régionales alsaciennes. Ancien porte-parole des Verts et attendu dans les rangs d'Europe Ecologie, ce directeur d'un centre socio-culturel à Strasbourg a préféré monter une liste à part. « Sur la liste Europe Ecologie, on n'était pas en position d'être éligible », affirme-t-il.

Le coup de sang est surtout du à l'alliance du parti avec Antoine Wechter (Mouvement écologiste indépendant), dont il dénonce « l'écologie libérale ». Antoine Wechter avait claqué la porte des Verts en 1994 et est désormais tête de liste pour le Haut-Rhin. « Un dinosaure de l'écologie », s'enflamme Manuel Santiago. « On n'a pas compris pourquoi ils l'ont ramené du passé, alors qu'ils disent vouloir incarner le changement ». Et de s'agacer sur « un manque de cohérence ». « Ils n'ont pas du tout les mêmes idées. Comment vont-ils faire, une fois élus tous ensemble, pour se mettre d'accord? ».
Jacques Fernique, tête de liste d'Europe Ecologie, semble de son côté contrarié par le conflit qui l'oppose à Manuel Santiago. Peu enclin à donner des explications, il s'en tient à un seul commentaire : « Ils n'ont pas eu la place en haut de liste qu'ils voulaient ».

Manuel Santiago a quitté les Verts en décembre et a construit un projet politique qui place le social au coeur du développement de la région. A la tête d’une liste issue de la société civile (professeurs, fonctionnaires, associatifs), il mise sur un changement du mode de gouvernance, avec les citoyens la main sur la manette décisionnelle. « On essaie de remobiliser l'électorat sur le vote. Si le taux d'abstention est aussi fort, c'est qu'on ne propose pas des listes cohérentes. »
Les ambitions sont toutefois mesurées : il vise 5% des voix et ainsi le remboursement des frais de campagne (40 000 euros). Et n'exclut pas une alliance au second tour. Au vu du sondage qui donne la liste de Jacques Fernique gagnante au second tour en cas de triangulaire avec l'UMP et le Front national, il dit être satisfait que les Alsaciens se mobilisent dans ce sens. Niant vouloir saboter la campagne d'Europe Ecologie, il sourit: « On appellera à voter pour l'alternance. »

Charline Blanchard et Eve Chalmandrier

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