En 2024, les forces de sécurité intérieure françaises ont enregistré 1283 femmes victimes de féminicide ou de tentative, soit 11 % de plus qu’en 2023.
Ce sont des femmes, de tous âges, de toutes origines, et en 2024 elles sont 107 à avoir été victimes de féminicides et 270 à avoir été victimes d’une tentative. Et bien que ce chiffre se soit stabilisé ces dernières années, il reste présent.
En effet, en 2017 c’est 143 femmes qui sont mortes, tuées par leur (ex-)conjoint, en 2018 elles sont 123, en 2019 elles sont 153. Cependant, en septembre 2019, le gouvernement français lance le Grenelle des violences conjugales, un grand projet ayant pour but de lutter contre les violences conjugales et contre les féminicides. C’est après le lancement de ce projet que le taux de féminicides de 2020 et de 2021 commence à diminuer en France. En effet, en 2020 on compte 102 décès et 113 en 2021. Néanmoins ce chiffre augmente à nouveau, en 2022 on compte 147 décès, en 2023 c’était 136 et en 2024 elles sont 141 à mourir à cause de leur genre.
Malheureusement la situation n’est pas seulement grave en France. En 2023, l’ONU publie un rapport estimant que le nombre de féminicides est de 85 000 cette année-là, ce qui signifie qu’une femme est tuée toutes les 10 minutes. De plus, il est avéré que 60 % d’entre elles sont tuées par un membre de leur famille, principalement leur conjoint. Leur lieu de vie, leur maison reste donc l’endroit le plus dangereux pour ces femmes.
Alors pourquoi, malgré les campagnes menées par le gouvernement, malgré le travail des associations, ce chiffre ne baisse-t-il pas ? Toujours en 2023, le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti avait affirmé que 94 féminicides avaient été commis en 2022, un chiffre que les associations de défense des droits des femmes avaient contesté, émettant des doutes sur la méthodologie utilisée par les autorités et craignant un coup de com. Elles avaient, quant à elles, dénombré 134 cas de féminicide.
Bien sûr, on ne peut pas s’empêcher de voir un lien avec le masculinisme, ce mouvement qui prône la supériorité des hommes. Les masculinistes sont très présents aux États-Unis mais aussi dans d’autres pays comme la France. Leur revendication passe par des vidéos produites par des influenceurs sur différentes plateformes comme YouTube, TikTok ou encore Instagram. Ces vidéos donnent leur vision du rôle des femmes dans la société. En effet, ils les considèrent comme des êtres inférieurs qui appartiennent aux hommes et qui doivent leur être soumis. Et aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, ce type de contenu se répand plus vite, et atteint toutes les générations, en particulier les 16-34 ans, qui sont les plus touchées.
Ces crimes sont en très grande majorité commis par des hommes, mais ce ne sont pas que quelques fous qui les commettent, ce sont souvent des hommes que l’on croise dans la rue, un voisin, un collègue et même, si c’est difficile à croire, parfois même, un ami. Et malgré cela ces crimes sont laissés de côté, comme des faits isolés, alors qu’ils font partie du système et de la société. Tant que nous ne partirons pas de la racine, ces féminicides ne disparaitront pas. La racine, c’est le manque de sensibilisation et de prévention dans les établissements scolaires, c’est l’influence du masculinisme sur les jeunes hommes mais c’est aussi le manque de crédibilité accordée aux jeunes femmes. Car en effet tous les choix politiques, toutes les décisions importantes du futur seront prises par les enfants d’aujourd’hui.
Nour Caillault
Source :
les Nations Unies : https://news.un.org/fr/story/2024/11/1150851
Fondation des femmes : https://fondationdesfemmes.org/communique-de-presse/rapport-feminicides-grenelle
Amnesty International : https://www.amnesty.org/fr/location/americas/north-america/mexico/report-mexico/
Site du gouvernement : https://arretonslesviolences.gouv.fr/je-suis-professionnel/chiffres-de-reference-violences-faites-aux-femmes
Étude du centre Hubertine Auclert : https://www.centre-hubertine-auclert.fr/sites/default/files/medias/ETUDE_Outils Police 2024_web.pdf